L'association "Les amis de Gabriel MAIRE" a été créée après l'assassinat de Gaby au Brésil le 23 décembre 1989. . A associação "les Amis de Gabriel Maire" foi criada depois da morte do Padre Gabriel em Brasil o 23 de dezembro de 1989.
Le 18 décembre 2011 l’église des Cordeliers, à Lons le Saunier, était le lieu de rendez-vous des fidèles et des amis de Gaby Maire, prêtre assassiné au Brésil il y a vingt-deux ans
Chacun avait bien conscience que toutes ces veillées de Noël faisaient revivre le souvenir de ce prêtre qui avait compris qu’en marchant au rythme de ses valeurs il trouverait la Vie. Mais c’était la mort qui était au rendez-vous, commanditée par des personnes que ce prêtre gênait. La mort d’un homme mais pas le silence sur la vérité que ce crime entendait bien déguiser.
Après le repas pris en commun dans les locaux de la paroisse St Luc, Bernard Colombe, de retour du Brésil, nous donnait les nouvelles espérées. En effet, ce prêtre lyonnais, compagnon de Gaby Maire il y a trente ans à Vitoria, précisait que le procès, enregistré dès 1990, puis annulé en 2007, allait être repris au niveau de la Cour d’Assises, avec un juge attentif à l’impartialité de la Justice, et trois personnes de la société civile. Des pétitions sont envoyées aux avocats brésiliens pour bien montrer la confiance que tous les amis français accordent à la Justice brésilienne.
Si, dans les années 70, un slogan affirmait : "l’Eglise c’est nous", Gaby Maire, fondateur du Mouvement des Citoyens Populaires du Monde, élargissait la portée de sa mission. Pour illustrer la mutation de la société brésilienne, le conférencier parlait d’un pays bien décidé à s’ouvrir au monde : les Journées Mondiales de la Jeunesse, les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de football. Le Brésil veut présenter un visage ouvert, s’efforçant de combler le retard imposé par les grands propriétaires, qu’ils soient industriels ou ruraux. Ceux qui animaient les mouvements populaires ont pu être rassurés par l’arrivée au pouvoir des députés du Parti des Travailleurs et du président LULA, mais Bernard Colombe a observé que ces acteurs de la vie civile sont devenus les consommateurs de ce qui leur a été proposé : la revendication sociale semble différée, quand le Brésil sera devenu la grande puissance espérée. Le catholicisme reste un élément important et s’il n’est plus à la base des revendications sociales, il demeure une référence, fragilisée par d’autres religions qui sont tour à tour "essayées", "appréciées" pour leur dynamisme. Nous avons en France des échos de ce qui ralentit la poursuite du mouvement des "paysans sans terre", des projets de grands travaux qui empiètent sur les terres des Indiens. Nous gardons à l’esprit ce que disait un sage :
"Un arbre qui tombe fait plus de bruit
qu’une forêt qui pousse"
Maryse Marchand
Dans les EV 79 d'avril 2012