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L'association "Les amis de Gabriel MAIRE" a été créée après l'assassinat de Gaby au Brésil le 23 décembre 1989. . A associação "les Amis de Gabriel Maire" foi criada depois da morte do Padre Gabriel em Brasil o 23 de dezembro de 1989.

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Ditaduras não são eternas

Ditaduras não são eternas

 

"Les dictatures ne sont pas éternelles" Tel est le titre d'un livre écrit avec la participation de Claudio Vereza, en 2005, sur un sujet toujours d'actualité. Voici une traduction de quelques extraits du tout début de ce livre :

"Imposée par la force (en 1964), la dictature militaire a rompu avec la démocratie, avec la légalité, avec la Constitution brésilienne elle-même en amorçant un long processus de répression, de violence, de persécution, de tortures et d'assassinats. Le peuple brésilien, cependant, a combattu sans trêve cette dictature (…) et en a subi les lourdes conséquences. Nombreux sont ceux qui ont été faits prisonniers, torturés, tués ou qui ont disparu.

Il faut que le peuple brésilien puisse lire et connaître cette histoire. Savoir par qui a commencé cette dictature, qui en a bénéficié, ne suffit pas. Il est nécessaire de connaître la version de ceux qui ont eu le courage et la dignité de s'y opposer. Les morts et les disparus politiques de cette époque ont courageusement donné leur jeunesse et leur vie pour que les Brésiliens d'aujourd'hui puissent construire ici démocratie et justice sociale.

(…) Il n'est pas juste, historiquement parlant, que ce soit la version des dictateurs qui prévale ni qu'un voile occulte les années de plomb que notre pays a vécu pendant plus de deux décennies. La vérité et la démocratie présupposent le droit de connaître le passé ne serait-ce que comme une condition pour en éviter la répétition."

 

Face à la loi d'amnistie votée en 1979, et depuis que Dilma Roussef est devenue présidente, une nouvelle loi a vu le jour en novembre 2011, décidant de la mise en place d'une Commission nationale de la Vérité qui permettra aux victimes de la dictature d'unir leurs efforts pour rétablir la vérité et pour que justice soit faite. On se souvient que Dilma Roussef avait elle-même été emprisonnée et torturée sous la dictature.

 

Des juges brésiliens viennent de publier un manifeste en faveur de la mise en place de cette Commission : "Nous, Juges brésiliens, exigeons que le pays acquitte l'énorme dette qu'il a vis-à-vis de son peuple et de la communauté internationale par rapport à la vérité et à la justice quant aux pratiques de la dictature militaire qui a débuté lors du coup d'état de 1964." Par contre, dans le Para, des plaintes sur des crimes de la dictature viennent d'être rejetées…

 

Une révolte populaire de la jeunesse réalise diverses actions, simultanées dans plusieurs capitales, afin de dénoncer les tortionnaires qui n'ont toujours pas été poursuivis. Ils vont jusqu'à taguer leur résidence, comme vous pouvez le voir sur cette photo où l'on lit : "Ici habite un tortionnaire".

 

Brasil-de-Fato.jpg

Photo "Brasil de Fato" du 26 mars 2012

 

Dans le même journal on peut lire qu'à São Paulo c'est une Chaîne du Mensonge, composée de groupes de théâtre ou de musique qui s'est étirée tout au long des rues, demandant aux pouvoirs publics quels sont les intérêts qui bloquent cette recherche de la vérité.

 

Ce retard pris par le Brésil pour la reconnaissance des victimes de la dictature a été mis sur le compte de la puissance et de l'influence des Forces armées. Sans doute les anciens militaires, complices ou acteurs de la dictature, craignent-ils d'avoir à confesser leurs crimes devant une cour de justice. Mais qu'en est-il des Forces armées en activité actuellement ?

 

"Les héros nous sont révélés seulement sous forme de cadavres"

Phrase de Gabriel Maire dans les EV n° 24 du 22 décembre 1988

donc un an avant son assassinat

EV n°79 avril 2012 page 5 

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