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L'association "Les amis de Gabriel MAIRE" a été créée après l'assassinat de Gaby au Brésil le 23 décembre 1989. . A associação "les Amis de Gabriel Maire" foi criada depois da morte do Padre Gabriel em Brasil o 23 de dezembro de 1989.

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"Dans une Eglise qui grandit avec le monde ouvrier." TC 2373

Dans ces communautés, Gabriel rencontrait tous les jours le monde ouvrier. Les dernières années ont été très difficiles : l'inflation était galopante, plus de 20 % par mois, le pouvoir d'achat ne cessait de diminuer (n'oublions pas qu'au Brésil, de 1986 à 1989, on a ôté six zéros à la monnaie). Arrivant à Vitoria, Gabriel a perçu très vite la situation catastrophique des ouvriers ; à cette époque, la pastorale ouvrière était en route depuis quelque temps déjà au niveau du diocèse et au niveau du pays. La « Commission nationale de pastorale ouvrière » s'organisait. Gabriel a pris part très vite à tous ces efforts.

II s'agissait d'aider les ouvriers des communautés ecclésiales de base à découvrir, analyser, réfléchir aux causes de leur misère. La communauté, lieu d'Eglise, se devait d'être l'espace d'une telle réflexion.

Au temps de la dictature militaire, on avait commencé, dans le diocèse, à faire paraître le journal Serramenta-(l'outil), qui avait surtout pour but d'informer les ouvriers sur les événements ouvriers du pays et de les conscientiser petit à petit. Gabriel avait le don du journalisme, il a repris ce petit journal, a trouvé des collaborateurs, veillait jalousement à son impression, ses dessins et à sa distribution. Ce petit mensuel devait être de qualité.

Gabriel faisait souvent l’éditorial ; c'étaient généralement des chefs-d'œuvre de clarté et de simplicité où il reprenait les événements les éclairant de la lumière évangélique. Il ravivait sans cesse la conscience des ouvriers des communautés pour qu'ils s'engagent, sortent de la résignation et comprennent qu'être chrétien c'est participer à cette longue gestation d'une classe ouvrière plus consciente, plus organisée, plus libre et plus juste. Et pour que tout cela passe mieux dans quelques-unes de ces communautés, c'était l'équipe de pastorale ouvrière qui assumait, une fois par mois, l'animation liturgique du dimanche.

Le deuxième samedi après Pâques, il y a, à Vitoria, le pèlerinage des hommes au sanctuaire de Nossa Senhora da Penha, situé selon les cas à quinze ou vingt kilomètres des communautés. Les hommes partent vers 20 h des communautés et se rassemblent au sanctuaire, situé sur la hauteur, vers minuit.

Comme coordinateur de son secteur, Gabriel a beaucoup fait pour que ce pèlerinage parle le langage des ouvriers, entre dans leurs préoccupations, les aide à sortir de la résignation et de l'inertie. Naturellement, il marchait avec les hommes de ces communautés toute la nuit et passait aussi beaucoup de temps à préparer, avec les confrères, la célébration pour que les ouvriers se sentent interpellés et chez eux. Ce pèlerinage ordinaire a pris, grâce à Gabriel, une couleur vraiment ouvrière.

Bien souvent, on se demandait où Gabriel puisait tant d'énergie, aussi bien sur le plan physique que spirituel car, lorsqu'il y avait des grèves ou des meetings publics pour la défense des ouvriers et de la démocratie, il était toujours présent malgré tout son travail et son agenda bourré de rendez-vous.

Gabriel lisait et se nourrissait de la parole de Dieu : c'est grâce à la révélation d'un Dieu qui n'a fait qu'un avec notre histoire que Gabriel avait la force de ne faire qu'un avec l'histoire du peuple qui lui a été confié.

Témoignages de Bernard COLOMBE, du diocèse de LYON, de Marcel CORTEY du diocèse d'AUTUN, de Jean FUGERAY  du diocèse de LANGRES

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