L'association "Les amis de Gabriel MAIRE" a été créée après l'assassinat de Gaby au Brésil le 23 décembre 1989. . A associação "les Amis de Gabriel Maire" foi criada depois da morte do Padre Gabriel em Brasil o 23 de dezembro de 1989.
Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.
"Seigneur, donne-moi le courage, dans mon chagrin et ma pauvreté.
Fais que je ne m'arrête pas de lutter avec mes frères. Touche le cœur des pauvres, de nous tous, pour que nous ne perdions jamais le courage et la force de lutter. Touche aussi le cœur des riches, pour qu'ils comprennent ce qu'est la souffrance des pauvres, de nous tous."
Prière de Maria aux obsèques de son mari relaté dans les EV20
“Senhor, dê-me coragem, na minha dor e minha pobreza.
Faça com que eu não pare de lutar com meus irmãos. Toque o coração dos pobres, de nós todos, para que nós jamais percamos a coragem e a força de lutar. Toque também os corações dos ricos, para que eles compreendam o que é o sofrimento dos pobres, de nós todos.”
Leia a carta integra em português abaixo.
Un Clic ici pour toute information sur les publications : "Chemins d'Avent avec Gaby"
Echos de Vitόria
N° 20 - 4 octobre 1986
17 septembre au matin, je vais prier devant le cercueil du mari de dona Maria, mort la veille au soir, et qui va être enterré d'ici à quelques heures. Voici bien des années, cet homme a été victime d'un accident du travail, il n'a pas été bien soigné (comme c'est très souvent le cas ici) et est resté paralysé. Pas de pension : la famille vit dans la misère. Il y a quelques mois, la baraque où Dona Maria, son mari et ses enfants habitaient, allait tomber, mais le propriétaire empêcha la communauté de la réparer. La communauté, composée de gens pauvres (avec 1'aide d'autres personnes : religieuses, moi avec votre argent...) a réparé une autre baraque, sur un autre terrain. Dona Maria participe de toutes les luttes, avec la communauté, avec l'association de quartier, avec le groupe de femmes ; le fait d'être analphabète n'est pas un obstacle.
Quand j'arrive dans le quartier, un jeune est en train de faire le porte-à-porte afin de recueillir l'argent nécessaire pour payer l'enterrement et un car qui emmènera les gens au cimetière : c'est très cher, et les entreprises funéraires choisissent généralement, pour les gens qui ne sont pas au courant, un cimetière éloigné ; elles peuvent ainsi faire payer plus cher... Devant le cercueil, plusieurs personnes vont improviser une prière. À son tour Dona Maria parle à Dieu :
Seigneur, donne-moi le courage, dans mon chagrin et ma pauvreté.
Fais que je ne m'arrête pas de lutter avec mes frères. Touche le cœur des pauvres, de nous tous, pour que nous ne perdions jamais le courage et la force de lutter. Touche aussi le cœur des riches, pour qu'ils comprennent ce qu'est la souffrance des pauvres, de nous tous.
Les jours suivants, Dona Maria était de nouveau dans toutes les réunions et toutes les luttes.
Bien chers amis,
J'ai voulu commencer cette lettre par le témoignage de Dona Maria. Toute cette vie que je dois accompagner vient m'interrompre chaque fois que je veux commencer les Échos de Vitόria. Je ne vais pas chercher à me justifier, mais seulement situer un peu de mon travail... et quelques-uns d'entre vous comprendront sans doute.
Qu’est-ce que mon travail « normal » ?
Responsable du secteur pastoral de Porto de Santana et Flexal (entre 40 et 50 000 habitants, avec onze communautés ecclésiales de base (CEBs).
Dans une autre paroisse, Campo Grande, distante de 8 à 10 kms, accompagnement de treize CEBs, qui totalisent une population d'au moins 20 000 habitants, sinon plus. Dans cette paroisse, je dois participer à pas mal de réunions et même coordonner certaines activités au siège de cette paroisse de plus de 100 000 habitants.
Je suis en outre coordinateur du travail pastoral des six paroisses de notre ville banlieue : Cariacica, 275 000 habitants. Ce qui me vaut pas mal de réunions supplémentaires : Conseil de cette « Région Cariacica », commission baptême, Pastorale de la jeunesse, groupes de femmes, équipe d'études bibliques, et autres activités ponctuelles au niveau de notre ville.
Au service du diocèse, participation à l'équipe de rédaction du bulletin hebdomadaire pour la célébration du culte sans prêtre dans la grande majorité des plus de mille CEBs du diocèse (des milliers d'exemplaires de ce bulletin vont aussi dans de très nombreux autres diocèses du Brésil qui apprécient le travail du diocèse de Vitόria, un des plus en pointe pour le travail des communautés ecclésiales de base). Je suis aussi responsable du bulletin mensuel de
• En plus : À partir d'avril, j'ai dû assurer la présence en quelque dix communautés supplémentaires (pour remplacer un prêtre dont le successeur n'est pas encore arrivé). Depuis début septembre et jusqu'à la mi-octobre, je suis seul prêtre pour les deux paroisses de Porto de Santana (40 à 50 000 hab.) et de Campo Grande (plus de 100 000 hab.).
• Emploi du temps :
Dans mon agenda il n'existe pratiquement pas un seul jour sans une, deux, trois réunions, après-midi et soir ; je dois en refuser beaucoup, bien que mon agenda soit plein avec plus d'un mois d'anticipation. Quant aux samedis et dimanches, faut-il en parler ? Voici par exemple mon emploi du temps des deux derniers dimanches :
- 14 septembre : de 7 h 30 à 12 h 00 : Assemblée des conseils de 6 communautés.
De 12 h 30 à 14 h 00 : réunion avec un groupe de jeunes. À 14 h 00 : messe dans la même communauté ; à 15 h 30 : messe dans une communauté voisine ; 17 h 30 : messe dans une communauté à 2 ou 3 kms de là. À 19 h 30 : messe dans l'église paroissiale de Campo Grande.
Sorti de chez moi à 7 h 00, je suis rentré vers 21 h 00.
- 21 septembre : à 6 h 50 : célébration de la messe télévisée, au siège de la principale chaîne de TV, au centre de Vitόria ; à 8 h 30 : messe dans une communauté à quelques 12 kms de là. À 10 h 00, autre messe. À 14 h 00 : messe dans le même secteur. À 16 h 00, autre messe. À 18 h 00 : messe à l'église paroissiale de Campo Grande. À 19 h 30 : messe dans une communauté de Campo Grande, avec célébration de 15 baptêmes. Après la messe j'ai dû aller visiter et confesser un malade.
Je suis sorti de chez moi à 6 h 15, et je ne suis rentré qu'à 22 h 00 environ.
Ce n'est pas pour me vanter que j'écris tout cela, même si je suis heureux d'avoir la résistance suffisante pour travailler ainsi. J'essaie surtout de faire comprendre. C'est vrai que tous les prêtres n'ont pas ce même rythme de vie. Mais, dans notre ville de Cariacica, le curé d'une paroisse qui compte vingt-et-une communautés est en même temps supérieur du séminaire de philosophie. Le curé d'une autre paroisse (avec vingt-trois communautés de base) va pour le moment passer six jours par mois dans une paroisse rurale qui compte environ cinquante communautés de villages ou hameaux. Autre exemple, la paroisse de Linharès : la population du municipe est d'environ 110 000 habitants, dont 70 000 pour la ville elle-même ; les 40 000 autres habitants sont répartis, sur 100 kms environ, en plus de cent communautés de hameaux ou petits villages. Ils sont trois prêtres en tout, dont un de 72 ans. Et la plupart des routes sont des chemins de terre...
Notre diocèse compte environ 1 million 400 000 hab. ; de 60 à 70 prêtres se rencontrent aux réunions générales : environ un pour 20 000 habitants. Ce qu'il faut souligner, c'est le travail merveilleux de beaucoup de religieuses. Quand j'étais en France, je le savais par des revues, intellectuellement. Aujourd'hui, je le constate chaque jour. Je crois que les religieuses, en général, se convertissent au contact du peuple des pauvres beaucoup plus facilement et beaucoup plus profondément que bien des prêtres. Et elles aident énormément l'organisation des mouvements populaires.
Admirable également − et j'espère que les É.V. vous l'ont fait découvrir peu à peu − le travail des laïcs, travail d'Église, d'évangélisation, de « conscientisation » et de transformation de la société.
Dans un pays qui parle beaucoup de démocratie, mais qui ne sait pas encore ce que c'est, ce travail de l'Église est jugé très dangereux. D'où il ne faut pas s'étonner que l'Église doive affronter une très forte vague de critiques et persécutions. Bien qu'une « Nouvelle République » ait vu le jour l'an dernier, officiellement dans la main de civils, je peux affirmer que, depuis six ans que je suis au Brésil (je suis arrivé à Vitόria le 4 octobre 1980), jamais l'Église n'a été autant critiquée et persécutée qu'aujourd'hui... Pourquoi ?
Pourquoi l’Église du Brésil est-elle tant persécutée aujourd’hui ?
Sous la dictature militaire (on écrit pudiquement ici : « sous le régime autoritaire ») − malgré la complicité de beaucoup de responsables ecclésiastiques tout au début du coup d'État militaire de 1964 − l'Église s'est convertie rapidement et est devenue l'un des pôles les plus significatifs de résistance à l'oppression. Quand elle dénonçait l'absence de libertés, de démocratie, les atteintes aux droits de l'Homme, la plupart des brésiliens étaient d'accord ; par conviction ou par intérêt, même la majorité de la classe dominante (responsables politiques ou économiques) comprenait. De plus, 1'Église étant alors un des rares lieux où les opposants au régime pouvaient s'exprimer, ceux-ci travaillaient au sein de l'Église,... même sans être croyants.
Avec l'ouverture politique, les choses ont changé, au moins les apparences. Tout au début de la « Nouvelle République » (début 1985), l'Église paraissait commencer un flirt avec le gouvernement. Mais les évêques brésiliens se sont vite rendu compte que le changement était plus dans les apparences et les discours que dans les faits. L'Église a alors de nouveau épousé les désirs des plus pauvres (nécessité d'une réforme agraire profonde et immédiate) et des plus conscients (nécessité d'une nouvelle Constitution, également radicale, qui jette les fondements d'une « démocratie participative », ni capitaliste ni communiste).
Du côté de l'extrême-gauche, les militants n'ont plus besoin de l'Église, puisque l'existence des partis est redevenue libre (il y en a plus de trente aujourd'hui !) on ne se soucie guère de ce que pense l'Église, même si elle peut servir encore de temps en temps.
Du côté de la droite, c'est autre chose ! L’insistance de l'Église sur la réforme agraire énerve au plus haut point. Toutes les propositions de l'Église pour la future Constitution sont taxées de « communistes », bien sûr ! Ce n'est ni nouveau ni spécial au Brésil : sous toutes les latitudes, chaque fois que des chrétiens essaient d'être un peu plus fidèles à l'Évangile, on dit qu'ils sont communistes. Alors c'est aujourd'hui une véritable campagne de presque toute la presse brésilienne contre l'Église, puisque toute la presse est dans la main du « pouvoir économique » : deux des arguments les plus utilisés contre l'Église sont les suivants :
- 1° « Si l'Église répartissait les immenses terres qu'elle possède au Brésil, il n'y aurait plus de problèmes de terre dans notre pays ! »
- 2° « L'Église catholique veut que s'implante le communisme au Brésil. Pour cela elle appuie les syndicalistes de
Ces raisonnements simplistes ne tiennent pas debout, et ceux qui les utilisent le savent parfaitement. Mais l'important pour eux est que l'épouvantail du communisme fasse peur à la grande majorité du peuple, qui ne sait pas ce qu'est le communisme. « Mentez ! Mentez ! Il en restera toujours quelque chose ! ».
Imaginez ! Internationale socialiste de Willy Brandt, Mitterrand, Craxi ou autres Soares et Gonzales envoyer de l'argent aux évêques du Brésil pour fortifier le communisme de ce pays !
Pour donner quelques exemples d'articles véhiculant toutes ces calomnies absurdes mais dangereuses, je n'ai que l'embarras du choix. Voici donc quelques échantillons de ces « merveilles » d'honnêteté :
- Il faut que les autorités fédérales disent avec l'intonation de voix qui convient que les représentants de l’Église catholique au Brésil à propos de la réforme agraire, dépassent les limites de la tolérance non seulement des propriétaires ruraux, mais de toute la société.
- Empêcher que ce pays soit ouvert aux incursions de religieux aux ordres de l'Internationale socialiste est un devoir de chacun de nous, si nous voulons préserver nos libertés et même notre indépendance comme nation.
- À l'heure de voter, l'important sera d'ôter de nos esprits les candidats appuyés par l'Église catholique. Ceux-ci sont téléguidés par l'Internationale socialiste, marqués du cachet du PT, succursale de
- Que se fasse, par la force, la réforme agraire dans les terres de l'Église catholique ! Que les religieux réalisent ainsi la socialisation de biens de leur Église, et laissent pour les autorités ce qui est de leur compétence.
- Si l'Église catholique, sous prétexte de manquer de vocations religieuses de Brésiliens, importe de notoires agitateurs, c'est le signe que le peuple brésilien a perdu son esprit religieux et n'a pas besoin de ce genre de personnes pour perturber l'ordre interne et parler de ce qui ne regarde que notre peuple et les autorités constituées... Quant à nous, l'Église peut continuer d'exister ou non, ça nous est bien égal. Nous sommes convaincus que cela n'intéresse pas non plus la majorité du peuple de cette nation, si l'Église se prête au rôle de trahir ses traditions... Ce ne sont pas Dom Silvestre ou Dom Geraldo ou autres religieux qui changeront la vérité des faits. Nous sommes déjà suffisamment intelligents pour ne pas prêter attention aux trompettes du diable. Perdant les élections du 15 novembre, nous allons voir quel chemin va prendre l'Église catholique au service du PT.
- Voyons qu'il y a un conflit terrible entre nos frères brésiliens, les uns envahissant les propriétés des autres, non pour produite et construire, mais pour détruire le secteur productif, fomenter la désunion, provoquer le désordre social et promouvoir la substitution du régime par un processus socialisant, sous l’argument idiot que « la terre est à Dieu » et doit donc être répartie entre tous. (Le thème de la campagne de Carême 86 était : « Terre de Dieu, terre de frères »).
Les terres de l’Église au Brésil
Devant les attaques lancées contre 1’Église à propos du problème de la terre, l’IBASE (Institut Brésilien d'Analyse Sociales et Economiques) de Rio de Janeiro, a fait une étude, dont voici quelques résultats.
• Les Églises (pas seulement l'Église catholique, bien que celle-ci ait la part principale), pour 12 545 établissements répartis dans tout le Brésil, possèdent
• Ainsi, vingt propriétaires possèdent à eux seuls 5,56 % des terres cultivables du Brésil, alors que les Églises possèdent environ 0,10 % de ces terres.
Bel exemple de la manière dont les grands capitalistes savent présenter la vérité ! Puisque l'Église fait « l'option en faveur des pauvres », tout est bon pour calomnier l'Église, spécialement le Mensonge sans parler de la Violence du crime (voir É.V. n° 19). […]
Le rôle de l’Église dans les prochaines élections (15 novembre)
Il est évident que l'Église essaie d'avoir un rôle très important. Le Brésil vit un moment historique. Une réforme agraire s'impose. Le gouvernement de Sarney dit qu’il la veut, mais au train où vont les choses, les spécialistes disent qu'il faudrait 140 ans pour réaliser le modeste projet actuel ! Mais c'est déjà trop pour les maîtres de la terre, qui n'hésitent pas à tuer tous ceux qui s’opposent à leur dictature : vous avez tous entendu parler de la mort du Padre Josimo, en mai ; mais c'est tous les jours que des syndicalistes ruraux, des membres des communautés de base, des religieux ou prêtres, sont menacés ou assassinés ; des évêques aussi sont calomniés et menacés de mort. Le capitalisme ne badine pas ! Vous avez lu plus haut le ton des articles de journaux.
• Église et Assemblée nationale constituante
En avril dernier,
Un peu partout, les diocèses organisent la réflexion sur la future Constitution. C'est un vrai travail de fourmi. Dans le diocèse de Vitόria, Dom Silvestre et Dom Geraldo ont écrit une « Lettre au peuple de Dieu sur l'année électorale » et des « Orientations pastorales sur l'année électorale ». En août, le diocèse a organisé une « Semaine pro-constituante ». Le secrétariat de Pastorale diocésain multiplie les textes traduisant en langage populaire les déclarations épiscopales. Un peu partout dans les paroisses comme dans les mouvements populaires, des journées d'études sur
• Que disent les évêques
(Du Brésil en général, et de Vitόria en particulier) ?
Ils donnent les critères pour choisir les candidats dignes de confiance. Ils dénoncent les manœuvres du « pouvoir économique » pour élire des candidats qui garantiront dans
Ils soulignent quelques points de l’importance : réforme agraire, Réforme urbaine, santé, éducation, violence et justice (violence à la campagne, violence policière, tortures, Non catégorique à la peine de mort, en finir avec la corruption presque toujours impunie...), monde du Travail. Ils invitent les chrétiens à s'engager dans la politique et félicitent ceux qui ont déjà répondu à cette « vocation ». Ils demandent que, « sans transformer les communautés de base en bases de politique de partis », il est normal que les communautés de base appuient efficacement les candidats issus d'elles.
Le 28 septembre, à Vitόria, s'est réalisée une grande assemblée, à laquelle participèrent entre 8 et 10 000 personnes, presque toutes des communautés de base. Le thème : « CEBs, peuple de Dieu dans
Ils nous accusent de faire de la politique. Nous n'avons pas peur du mot « politique ». Si politique, c'est avoir le souci du bien commun, la préoccupation des pauvres, la défense des droits de l'Homme, alors l'Église non seulement a le droit de faire de la politique, mais c'est pour elle une obligation due à sa mission... C'est étonnant qu'ils connaissent le « Notre Père » et qu'ils ne sachent pas que tous les fils de Dieu doivent être égaux...
Nous avons su au cours de cette grande célébration que le Pape a confié à Dom Helder (qui est passé à Rome au mois de septembre) qu'il recevait lui-même beaucoup de menaces de mort, « parce qu'il rappelle la fonction sociale de la propriété » ; et cela ne convient pas à ceux qui disent que, à partir de Jean XXIII, tous les papes sont devenus communistes : ils ne défendent plus avec assez de vigueur le « droit de propriété » (pour les riches, bien entendu). Ils oublient que, au Brésil par exemple, selon les statistiques officielles, seulement 8 % de la population possède un morceau de terre ! Et vous avez lu les superficies des autres ! Alors droit de propriété, bien sûr, mais pour qui ?
Ligatures des trompes
Mon intention était de parler assez longuement de ce sujet, spécialement de l'enquête réalisée par les groupes de femmes du secteur de Porto de Santana. Faute de place, je serai bref. Les femmes des groupes ont recueilli 520 réponses, dont un nombre significatif. 36 % des femmes qui répondirent avaient déjà fait cette opération ; mais, comme beaucoup de celles qui avaient été opérées n'ont pas voulu répondre, craignant on ne sait quelles représailles du médecin, on peut dire sans exagérer que plus de la moitié des femmes de notre ville ont déjà été stérilisées, souvent très jeunes (22, 20, ou même 19 ans !), après avoir eu trois, voire deux, ou même un seul enfant !
Alors que, selon l'Organisation mondiale de la santé, la moyenne des naissances par césarienne est de 10 à 15 % dans le monde, au Brésil cette moyenne s'élève à plus de 35 % ! Pourquoi ? Essentiellement parce que, dans 70 % des césariennes, le médecin profite pour faire la ligature des trompes.
Ce qui a attiré l'attention des femmes de Porto de Santana sur ce problème, c'est le fait que l'opération est généralement faite dans notre municipe pour des raisons politiques, par un médecin (Docteur Fernando) dont le père était maire de Cariacica jusqu'à l'année dernière, et qui lui-même, responsable du secteur « Éducation » à la mairie, est actuellement candidat la députation. Quand son père était candidat à l'élection de maire, il n'opérait que les femmes qui avaient une carte d'électrice dans notre ville. Maintenant que lui-même est candidat à un fauteuil de député estadual, il opère (gratuitement) des milliers de femmes de tout l'État. Mieux vaut ne pas parler des conditions d'hygiène... Ce sont des files énormes à sa porte. Il n'y a pratiquement aucune éducation à la contraception dans le peuple. La pilule existe, bon marché, mais puisqu'il y a suffisamment de médecins charlatans, pourquoi ne pas profiter d'une solution définitive, gratuite et généralisée ?
Les groupes de femmes de Porto de Santana ont réalisé une grande assemblée le 11 juin, invitant toute la presse de Vitόria : de fait, journaux et radios ont abondamment parlé du sujet, et deux chaînes de télévision se sont déplacées. Le Conseil régional de médecine s'est ému : le président et le secrétaire sont venus, ils ont nommé une commission pour élucider les faits... mais tout a été vite enterré ! On ne va pas si facilement ennuyer un collègue, surtout candidat à être député, et du parti au pouvoir ! Les femmes sont en train de préparer une riposte publique et sévère. Mais, comme elles 1'écrivent elles-mêmes, que représente la voix de femmes du peuple, et leur vie, en face des intérêts politiques de ceux qui détiennent le pouvoir et la considération ? Elles expriment leur déception, disant qu'elles avaient cru, ingénument que le Conseil de médecine aurait quelque respect pour la vie et pour la voix des femmes : Hélas !
Notre archevêque, don Silvestre, est venu converser avec des responsables de groupes de femmes, les invitant à poursuivre leur travail de réflexion, de conscientisation, d'études sur le contrôle de la natalité. Mais, déjà en juin, il avait dit à Porto de Santana : « Vous savez, ne vous faites pas trop d'illusions à propos du Conseil régional de médecine. Ils vont être solidaires entre médecins ». Il avait raison.
Dans le journal que les groupes de femmes de Porto de Santana ont réalisé (« Femmes en action »), on peut lire une chanson qu'elles ont écrite pour Carnaval, sur un air connu :
Docteur, je ne me trompe pas. La ligature n'est pas en nos projets.
Si tu veux avoir nos voix, il faut t'y prendre autrement !
Sers notre quartier... si tu es élu !
Docteur, nous ne sommes pas coupables de n'être pas nées nobles.
Termines-en avec la pauvreté,
Au lieu de vouloir en finir avec les pauvres ! »
Et la conclusion du journal :
Nous avons appris par nos études (spécialement ce que
Campagne électoral
Imaginez des centaines de voitures parcourant les rues, du petit matin au grand soir, avec des haut-parleurs criant des tonnes de promesses, de mensonges, de musiques ! Imaginez des centaines et des centaines de jeunes filles et de garçons, avec des chemises où est écrit le nom d'un candidat (en plus petit, celui d'un parti), qui vous proposent des tracts, des autocollants, le portrait des candidats. Les deux grands partis se sont réservés pratiquement tout le temps de la propagande gratuite à la télévision et à la radio. Ils ont le soutien actif du « pouvoir économique » : des grands propriétaires terriens et des grands chefs d'entreprises financent la campagne électorale des candidats de leur choix, bien sûr avec la promesse que, s'ils sont élus, ils agiront « dans le bon sens ». C'est vraiment le matraquage ! Et l'on peut vraiment se demander si la situation du Brésil a vraiment progressé. La dictature militaire est terminée (officiellement...) ; mais la « dictature du pouvoir économique » (l'expression n'est pas de moi, mais des évêques) est peut-être plus dangereuse (parce que plus insidieuse) que l'autre.
Une organisation fasciste (bien qu'elle se dise démocratique) est née cette année et s'est répandue dans tout le Brésil comme un incendie de forêt : l'UDR (Union Démocratique Rurale). Son but est d'empêcher une vraie réforme agraire, par tous les moyens. Parmi les moyens, la création de stocks d'armes. Il y a pratiquement chaque jour des morts dans les conflits de la terre au Brésil. Le gouvernement Sarney a envoyé la police militaire pour désarmer les parties en conflit, dans plusieurs lieux du Brésil : la police s'en va avec les fusils de chasse, les couteaux (même couteaux de cuisine) des petits paysans ou des « sans terre », mais elle « oublie » de prendre les revolvers, fusils sophistiqués, mitraillettes, voire mitrailleuses, des grands propriétaires !
En vrac…
Chacun des sujets qui suivent mériterait un grand développement. Ce n'est plus possible. Alors, contentez-vous de « flashes » !
• Allocations familiales : 42 cruzados par enfant (environ 20 francs !), jusqu'à 14 ans et à condition que le père ou la mère ait un emploi (aussitôt que vous êtes au chômage − et le taux est beaucoup plus élevé qu'en France ! − vous perdez toute allocation).
Carlinda, mère de dix enfants (l'aînée vient de se marier et a eu son premier enfant), vient de commencer à travailler comme couturière : pour 45 heures/semaine, elle reçoit l'équivalent de 630 francs.
• Flexibras : C'est une multinationale française. Le capitalisme français s'adapte bien à l'étranger : les ouvriers ont deux horaires de travail. Une semaine, ils travaillent pendant onze heures par jour ; la suivante, treize heures par jour (semaine de six jours). Après quoi ils ont droit à un week-end entier. Bien sûr, la direction dit aux ouvriers que ce sont les mêmes conditions de travail qu'en France ! Je voudrais bien aller voir au Havre si c'est vrai !...
• Au jour le jour :
J'ai dû aller dans un commissariat de quartier pour demander une information sur un prisonnier. Le commissaire était absent, deux voisines du commissariat parlaient. L’une demande à l'autre : « Qui est cette femme enfermée ici qui a pleuré toute la nuit ? » L'autre, apparemment très bien informée sur tout : « Il n'y a pas eu de femme ici ces temps. En ce moment, il y a un gamin de 14 ans, et il a encore sa petite voix ». Vous avez compris ? La femme ajoute : « Ce commissaire est très juste, il est très bon. Mais il est très ferme. C'est d'ailleurs un ancien séminariste... »
Depuis mars, les prix sont contrôlés, et la surveillance est (très) relativement sérieuse. Alors ont successivement disparu du marché : la viande de bœuf, le poulet, le lait, beaucoup de médicaments... On dit même que le café va manquer. Un jour, le président Sarnex dit qu'on va réquisitionner les bœufs dans les prairies des producteurs. Le lendemain, des ministres rassurent les producteurs : on ne touchera pas à la propriété privée ! L'important est que l'image de marque du Président, ami des pauvres, ferme avec les « grands », demeure intacte. Mais les riches de ce pays ont encore de beaux jours devant eux !
Les grèves se multiplient dans tout le pays. Grèves de ce qui correspond à
• Des chiffres :
Dans notre ville de 275 000 habitants, 70 % de la population vit avec les égouts à l'air libre. C'est le municipe de notre État qui a le plus fort taux de maladies.
Chaque jour, les 750 bus du Grand Vitόria (environ 1 million d'habitants.) font quelques 204 000 kms et transportent 554 000 passagers. Les conditions de transports sont si défectueuses qu'il y a de plus en plus de « quebra-quebra » dans les quartiers de banlieue : fatigués de faire des pétitions, d'aller en délégation à la mairie, au secrétariat de Transport, etc... sans aucun résultat, fatigués de voyager comme des sardines en boîte, d'attendre parfois plus d'une heure un bus qui ne vient pas, les gens se mettent à casser. Et ça se montre payant !
Josimo… Joël
Le père Josimo Tavares a été tué le 10 mai 1986 dans le Goiás au Brésil. Il avait 33 ans. Joël Fieux (d'Orgelet - Jura) a été tué le 28 juillet 1986 au Nicaragua, où il servait le peuple luttant contre l'impérialisme des États-Unis. Il avait 28 ans.
Voici un poème de Pedro Tierra, après la mort de Josimo. Je le dédie aussi à Joël Fieux, à sa famille, et spécialement à sa maman, Bernadette, une amie, chrétienne et citoyenne du monde. (Malgré toute une propagande fausse, n'oubliez pas qu'une très grande partie des chrétiens de base au Nicaragua, appuient le régime sandiniste. Graças a Deus !)
Josimo † 10.05.86
Martyr de la terre et de la justice.
Qui est cet enfant nègre qui défie les limites ?
À peine un homme
Aux sandales élimées.
Patience et indignation.
Rire blanc
Miel nocturne
Rêve irrécusable.
Il a lutté contre les barrières
Toutes les barrières
Les barrières de la peur
Les barrières de la haine
Les barrières de la terre
Les barrières de la faim
Les barrières du corps
Les barrières du latifundio [1]
J’apporte dans la paume de la main
Une poignée de terre
Qui t'a couvert.
Elle est fraîche
Elle est sombre, mais elle n'est pas encore libre
Comme tu le voulais.
Pedro TIERRA
Je vous embrasse tous, mes chers amis.
Gaby
[1] Latifundio : Très grande propriété, généralement non cultivée, ou sous-cultivée.
ECOS DE VITÓRIA Nº 20
04 DE OUTUBRO DE 1986
No dia 17 de setembro de manhã, vou rezar diante do caixão do marido de Dona Maria, morto na véspera à noite, e que vai ser enterrado dali a algumas horas. Há muitos anos atrás esse homem foi vítima de um acidente de trabalho, e não foi bem cuidado (como é muitas vezes o caso aqui) e ficou paralisado. Nenhuma pensão: a família vive na miséria. Há alguns meses, o barraco onde Dona Maria, seu marido e seus filhos moravam, ia cair, mas o proprietário impediu a comunidade de repará-la. A comunidade, composta de gente pobre (com a ajuda de outras pessoas: religiosas, eu com o dinheiro de VOCÊS...) reformou outro barraco, sobre outro terreno. Dona Maria participa de todas as lutas, com a comunidade, com a associação de moradores, com o grupo de mulheres: o fato de ser analfabeta não é um obstáculo.
Quando chego ao bairro, um jovem está fazendo o porta a porta a fim de recolher o dinheiro necessário para pagar o enterro e um carro que levará as pessoas ao cemitério: é muito caro, e as empresas funerárias escolhem geralmente, para as pessoas menos informadas, um cemitério distante; elas podem assim cobrar mais caro. Diante do caixão, várias pessoas vão improvisar uma prece. Por sua vez, dona Maria fala a Deus:
“Senhor, dê-me coragem, na minha dor e minha pobreza. Faça com que eu não pare de lutar com meus irmãos. Toque o coração dos pobres, de nós todos, para que nós jamais percamos a coragem e a força de lutar. Toque também os corações dos ricos, para que eles compreendam o que é o sofrimento dos pobres, de nós todos.”
Nos dias seguintes, dona Maria estava de novo em todas as reuniões e em todas as lutas.
Caros amigos,
Queria começar esta carta pelo testemunho de Dona Maria. Toda esta VIDA que devo acompanhar vem me interromper cada vez que quero começar os “Ecos de Vitória”. Não vou procurar me justificar, mas somente situar um pouco de meu trabalho... E alguns entre vocês compreenderão sem dúvida.
O QUE É MEU TRABALHO “NORMAL”?
- Responsável do setor pastoral de Porto de Santana e Flexal (entre 40 e 50.000 habitantes, com 11 comunidades eclesiais de base - CEBs).
- Em outra paróquia, CAMPO GRANDE, distante
- Além disso, sou coordenador da Área pastoral das seis paróquias de nossa cidade: CARIACICA, 275.000 habitantes. O que vale muitas reuniões suplementares: conselho desta Região Cariacica, comissão de batismo, pastoral da juventude, grupos de mulheres, equipe de estudos bíblicos, e outras atividades pontuais em nível de nossa cidade. A Pastoral da Juventude da Grande Vitória me exige também certos serviços.
- A serviço da diocese, participação na equipe de redação do boletim semanal[1] para a celebração do culto sem padre na grande maioria das mais de 1.000 CEBs da diocese (milhares de exemplares deste boletim vão também para numerosas outras dioceses do Brasil que apreciam o trabalho da diocese de Vitória, um dos mais avançados para o trabalho das comunidades eclesiais de base). Sou também responsável pelo boletim mensal da Pastoral Operária da diocese[2].
E AINDA: a partir de abril, precisei garantir a presença em 10 comunidades a mais (para substituir um padre cujo sucessor não chegou ainda). Desde o início de setembro e metade de outubro, sou o único padre para as paróquias de Porto de Santana (40 a 50.000 habitantes) e de Campo Grande (mais de 100.000 habitantes)
EMPREGO DO TEMPO: na minha agenda não existe praticamente um só dia sem uma, duas, três reuniões, à tarde e à noite; devo recusar muitas, minha agenda está cheia, com mais de um mês de antecipação. Quanto aos sábados e domingos, é preciso falar? Eis por exemplo minha agenda dos dois últimos domingos:
* 14/09: de 7h30 às 12h: assembleia dos conselhos de 6 comunidades.
De 12h30 às 14h: reunião com um grupo de jovens . Às 14 h: missa na mesma comunidade: às 15h30: missa em uma comunidade vizinha: 17h30: missa em uma comunidade a 2 ou 3 km dali. Às 19h30: missa na igreja paroquial de Campo Grande. Saída de casa às 7h; voltei por volta das 21h.
* 21/09: às 6h50: celebração da missa televisionada, na sede do principal canal de TV, no centro de Vitória; às 8h30: missa em uma comunidade a cerca de 12 km dali. Às 10h, outra missa. Às 14h: missa no mesmo setor. Às 16h outra missa. Às 18h missa na igreja paroquial de Campo Grande. 19h30: missa em uma comunidade de Campo Grande, com celebração de 15 batismos. Depois tive de visitar e confessar um doente. Saí de casa às 6h15 e só voltei às 22h aproximadamente.
Não é para me gabar que escrevo tudo isto, ainda que esteja feliz de ter a resistência suficiente para trabalhar assim. Tento, apenas, fazer com que vocês compreendam. É verdade que todos os padres não têm este mesmo ritmo de vida. Mas, na nossa cidade de Cariacica, o padre de uma paróquia que contém 21 comunidades é, ao mesmo tempo, reitor do Seminário de filosofia. O padre de outra paróquia (com 23 comunidades de base) vai passar seis dias por mês em uma paróquia rural com cerca de 50 comunidades de vilas ou povoados. Outro exemplo, a paróquia de LINHARES: a população do município é de cerca de 110.000 habitantes; 70.000 estão na cidade; os 40.000 restantes estão distribuídos em cerca de 100 km, em mais de 100 comunidades de povoados e vilas. Eles são três padres ao todo, sendo um com 72 anos. E a maior parte das estradas é de terra...
Nossa diocese conta cerca de 1 milhão 400 mil habitantes; de
Admirável igualmente – e espero que os “EV” fizeram vocês descobrirem pouco a pouco – o trabalho dos leigos, o trabalho da Igreja, de evangelização, de conscientização e de transformação da sociedade.
Em um país que fala muito em democracia, mas que não sabe ainda o que é, este trabalho da Igreja é julgado muito perigoso. Portanto, não é preciso se surpreender que a Igreja deva afrontar uma muito forte onda de críticas e perseguição. Embora a “Nova República” surgiu no ano passado, oficialmente nas mãos dos civis, afirmo que, depois de seis anos que estou no Brasil (cheguei em Vitória no dia 04/10/1980) NUNCA a Igreja foi tão criticada e perseguida como hoje... POR QUÊ?
POR QUE A IGREJA DO BRASIL É TÃO PERSEGUIDA HOJE?
Sob a ditadura militar (está escrito modestamente aqui: “sob o regime autoritário”) – apesar da cumplicidade de muitos dos responsáveis eclesiásticos no começo do golpe de Estado militar de 1964 – a Igreja se converteu rapidamente e tornou-se um dos polos mais significativos de resistência à opressão. Quando ela denunciava a ausência de liberdades, de democracia, os atentados aos Direitos Humanos, a maior parte dos brasileiros estava de acordo; por convicção ou por interesse, até mesmo a maioria da classe dominante (responsáveis políticos ou econômicos...) apoiava a ação da Igreja. E mais, sendo a Igreja um dos raros locais onde os opositores ao regime podiam se expressar, eles trabalham no seio da Igreja... mesmo sem ser crentes convictos.
Com a abertura política, as coisas mudaram – ao menos as aparências. No início da Nova República (começo de 1985), a Igreja parecia começar um flerte com o Governo. Mas os bispos brasileiros se deram conta rapidamente que a mudança estava mais nas aparências e nos discursos que nos fatos. A Igreja em seguida casou novamente com os desejos dos mais pobres (necessidade de uma reforma agrária profunda e imediata) e dos mais conscientes (necessidade de uma nova Constituição, igualmente radical, que coloque os fundamentos de uma “democracia participativa”, nem capitalista, nem comunista).
Do lado da extrema esquerda, os militantes não têm mais necessidade da Igreja, uma vez que a existência dos partidos tornou-se livre (há mais de 30 hoje!) eles não se importam com que a Igreja pensa,... mesmo que ela ainda possa ser usada de vez em quando.
Do lado da direita, é outra coisa! A insistência da Igreja, sobre a reforma agrária irrita até o mais alto grau. Todas as proposições da Igreja para a futura Constituição são taxadas de “comunistas”, é claro! Isso não é nem novo nem especial no Brasil: sob todas as latitudes, cada vez que os cristãos tentam ser um pouco mais fiéis ao Evangelho, dizem que eles são comunistas. Então há hoje uma verdadeira campanha de quase toda a imprensa brasileira contra a Igreja, uma vez que toda a imprensa está na mão do poder econômico: dois dos argumentos mais utilizados contra a Igreja são os seguintes:
- 1º "Se a Igreja repartisse as imensas terras que ela possui no Brasil, não teria mais problemas de terra no nosso país!”.
- 2º "A Igreja Católica quer que se implante o comunismo no Brasil. Para isso, ela apoia os sindicalistas da CUT (Central Única dos Trabalhadores) e o PT (Partido dos Trabalhadores). A Igreja recebe somas formidáveis da Internacional Socialista, especialmente da Alemanha, para promover o Comunismo e ela repassa esse dinheiro ao PT e à CUT".
Esses argumentos simplistas não resistem, e aqueles que os utilizam o sabem perfeitamente. Mas o importante para aqueles é que o espantalho do comunismo assuste a grande maioria do povo, que não sabe o que é o comunismo. “Fale mentiras! Fale mentiras! Algo sempre ficará.”
Imaginem a Internacional Socialista de Willy Brandt, Mitterrand, Craxi, ou outros Soares e Gonzales, enviar dinheiro aos bispos do Brasil para fortalecer o comunismo no país!
Para dar alguns exemplos de artigos que veiculam todas essas calúnias absurdas, mas perigosas, eu só tive o embaraço de escolher. Então, aqui estão algumas amostras dessas “maravilhas” de honestidade:
- "É preciso que as autoridades federais digam, com o tom de voz que convém, que os representantes da Igreja católica no Brasil, no que concerne à Reforma agrária, excede os limites da tolerância, não somente dos proprietários rurais, mas de toda a sociedade”.
- “Impedir que este país esteja aberto às incursões de religiosos que estão sob as ordens da Internacional Socialista é um dever de cada um de nós, se nós queremos preservar nossas liberdades e mesmo nossa independência como nação".
– “Na hora de votar o importante será remover de nossos espíritos os candidatos apoiados pela Igreja católica. Esses são teleguiados pela Internacional Socialista, marcados pelo carimbo do PT, sucursal da CNBB e da CUT”.
- “Que se faça, pela força, a Reforma Agrária nas terras da Igreja católica! Que os religiosos realizem também a socialização dos bens de sua Igreja, e deixem para as autoridades o que é de sua competência”.
- “Se a Igreja católica, sob pretexto de falta de vocações religiosas dos brasileiros, importa notórios agitadores, é sinal de que o povo brasileiro perdeu seu espírito religioso e não tem necessidade desse gênero de pessoas para perturbar a ordem interna e para falar de quem só olha para nossa gente e nossas autoridades constituídas... Quanto a nós, a Igreja pode continuar a existir ou não, é a mesma coisa. Estamos convencidos de que não interessa à maioria do povo desta nação, se a Igreja se presta ao papel de trair suas tradições... Não são Dom Silvestre ou Dom Geraldo ou outros religiosos que mudarão a verdade dos fatos. Somos já suficientemente inteligentes para não prestar atenção às trombetas do diabo. Durante as eleições de 15 de novembro, vamos ver qual caminho vai tomar a Igreja católica a serviço do PT".
- “Vemos que há um conflito terrível entre nossos irmãos brasileiros, uns invadindo as propriedades dos outros, não para produzir e construir, mas para destruir o setor produtivo, fomentar a desunião, provocar a desordem social e promover a substituição do regime por um processo socializante, SOB O ARGUMENTO IDIOTA QUE 'A TERRA É DE DEUS' e deve ser, por conseguinte, repartida entre todos”. (o tema da Campanha da Fraternidade de 86 foi: “Terra de Deus, terra de irmãos”).
AS TERRAS DA IGREJA NO BRASIL
Diante dos ataques lançados contra a Igreja sobre o problema da terra, o IBASE (Instituto Brasileiro de Análise Social e Econômica) do RIO DE JANEIRO, fez um estudo, do qual eis aqui alguns resultados:
- As Igrejas (não somente a Igreja católica – embora tenha esta parte principal), para os 12.545 estabelecimentos em todo o Brasil, possuem 369.890 hectares de terra. Os 20 maiores proprietários (latifundiários) possuem 20.291.412 hectares! E o maior proprietário do Brasil, sozinho, possui mais de 4 milhões de hectares (4.302.190 ha), ou seja quase 12 vezes o total das propriedades das Igrejas. Este único proprietário possui, sozinho, mais que o total de terras cultiváveis de nosso Estado, do tamanho da Bélgica!
- Assim, 20 proprietários possuem – sozinhos – 5,56% das terras cultiváveis do Brasil, enquanto que AS IGREJAS possuem cerca de 0,10% dessas terras. Belo exemplo da maneira pela qual os grandes capitalistas sabem apresentar a verdade! Uma vez que a Igreja faz a “opção em favor dos pobres”, tudo é bom para caluniar a Igreja, especialmente a MENTIRA... Sem falar da VIOLÊNCIA E DO CRIME (ver "EV" nº 19).
...PEQUENO INTERVALO...
Antes de passar à atitude da Igreja sobre das eleições da Assembleia Nacional Constituinte, minhas reações depois dos “EV” 19:
Esses "EV" suscitaram raríssimas reações. Várias explicações são possíveis:
- Os envios são mais e mais espaçosos, e isso desencoraja!
- Os “EV” chegam às vésperas das grandes férias, e este tempo de descanso sagrado faz com que quase ninguém se comunique por escrito.
- Aqueles que tinham o hábito de escrever se desencorajam pouco a pouco porque minhas respostas demoram cada vez mais.
- O nº 19 não interessou... Ou então vocês não julgaram útil reagir a ele.
*** Quanto à questão de saber se vocês aceitariam que 10% de seus envios financeiros sirvam para o CEFAL (Comitê Episcopal França - América Latina) a tesoureira vai sem dúvida aproveitar desta carta para prestar conta das respostas; mas creio saber que aqueles que se deram ao trabalho de responder, responderam positivamente.
AONDE VAI O DINHEIRO DE VOCÊS: Tento prestar conta a cada vez. Depois do início do ano, fora todas as pequenas somas que não posso contar, distribuí, em nome de vocês, o valor de aproximadamente 21.980 francos.
Para a construção de igrejas e centros de reuniões nos bairros que têm verdadeiramente necessidade: em torno de 15.635 francos; para Nodir, agente de pastoral do setor de Porto de Santana, apontado pelo setor para ser candidato nas próximas eleições: 5.120 Frs; para os estudos de um seminarista que trabalha a serviço dos meios de comunicação da diocese: aproximadamente 415 Frs; para os grupos de mulheres de Porto de Santana: 160 Frs; para dona Maria (casa e enterro do marido) e outra pessoa necessitada: 650 Frs.
O PAPEL DA IGREJA NAS PRÓXIMAS ELEIÇÕES (15 DE NOVEMBRO)
É evidente que a Igreja tenta ter um papel muito importante. O Brasil vive um momento histórico. Uma Reforma agrária é exigida. O governo de Sarney diz que ele a quer, mas da forma como as coisas estão indo, os especialistas dizem que seria preciso 140 anos para realizar o modesto projeto atual!!! Mas é já muito para os senhores da terra, que não hesitam em matar todos aqueles que se opõem à sua ditadura: vocês ouviram falar da morte do Padre Josimo, em maio...; mas são todos os dias que sindicalistas rurais, membros das comunidades de base, religiosas e padres são ameaçados e assassinados: bispos também são caluniados e ameaçados de morte. O capitalismo não está para brincadeira! Vocês leram acima o tom dos artigos de jornais.
IGREJA E ASSEMBLEIA NACIONAL CONSTITUINTE
Em abril último, a Conferência Nacional dos Bispos do Brasil publicou um documento excelente: “Por uma Nova Ordem Constitucional”. Não há dúvida de que se a futura Constituição do Brasil fosse feita a partir dos critérios elaborados pelos bispos, o Brasil teria a Constituição mais bela do mundo. INFELIZMENTE, neste país onde quase todo mundo é batizado, há muito tempo que, entre Deus e o dinheiro, os capitalistas da terra e da indústria escolheram o dinheiro... E mesmo o apoio total do Papa (ao menos sobre este ponto da Constituinte e da Reforma Agrária) não pesa nada diante as exigências de Mammom[3]. Como Pinochet no Chile, os capitalistas daqui acham sempre alguns padres que traem o Evangelho, e que vão até dizer que, não somente os bispos brasileiros são comunistas, mas que eles conseguiram converter João Paulo II ao comunismo! Isso não é uma boa piada?
Um pouco em toda parte, as dioceses organizam a reflexão sobre a futura Constituição. É um verdadeiro trabalho de formiga. Na diocese de Vitória, Dom Silvestre e Dom Geraldo escreveram uma “Carta ao povo de Deus sobre o ano eleitoral” e as “Orientações pastorais sobre o ano eleitoral”. Em agosto, a diocese organizou uma “semana pró-constituinte”. O secretariado de pastoral diocesano multiplica os textos, traduzindo em linguagem popular as declarações episcopais. Em toda parte nas paróquias, como nos movimentos populares, as jornadas de estudos sobre a Constituinte são organizadas.
QUE DIZEM OS BISPOS (Do Brasil em geral, e de Vitória em particular)?
Eles dão os critérios para escolher os candidatos dignos de confiança. Eles denunciam as manobras do PODER ECONÔMICO para eleger os candidatos que garantirão na Constituição os privilégios dos ricos. Eles alertam contra o grande perigo de “cair hoje na ditadura do poder econômico que luta, por todos os meios, para manter as situações de dominação graças aos sacrifícios dos pobres”. Eles protestam com veemência contra as acusações feitas à Igreja por sua opção preferencial pelos pobres. Eles denunciam a “lei antidemocrática”, que reserva quase todo o tempo de palavra da televisão e da rádio aos partidos majoritários.
Eles enfatizam alguns pontos de 1ª importância: Reforma Agrária, Reforma Urbana, Saúde, Educação, Violência e Justiça (violência no campo, violência policial, torturas, um NÃO categórico à pena de morte, terminar com a corrupção quase sempre impune...), Mundo do Trabalho. Eles convidam os cristãos a se engajar na política e felicitam aqueles que já responderam a esta “vocação”. Eles pedem que, "sem transformar as comunidades de base em bases de política dos partidos”, é normal que as comunidades de base apoiem eficazmente os candidatos que surgiram delas.
No dia 28 de setembro, em Vitória, se realizou uma grande assembleia, da qual participaram entre 8 a 10.000 pessoas, quase todas de comunidades de base. O tema: "CEBs, POVO DE DEUS NA CONSTITUINTE". Que ambiente! Que vida! A diocese chamou Dom Helder Câmara, ex-arcebispo de Recife, para falar durante esta grande celebração. Ele começou assim seu discurso: “Eles nos acusam de fazer política. Não temos medo da palavra 'política'. Se política é ter a preocupação do bem comum, a preocupação com os pobres, a defesa dos direitos do homem, então a Igreja não somente tem o direito de fazer a política, mas é para ela uma OBRIGAÇAO devido à sua missão... É impressionante que eles conhecem o 'Pai Nosso' e que eles não saibam que todos os filhos de Deus devem ser iguais...”.
Ficamos sabendo durante esta grande celebração que o papa contou a Dom Helder (que passou em Roma no mês de setembro) que ele mesmo recebeu muitas ameaças de morte, “porque ele recorda a função social da propriedade”; e isso não convém àqueles que dizem que, a partir de João XXIII, todos os Papas se tornaram comunistas: eles já não defendem mais com bastante vigor o “direito de propriedade” (para os ricos, entenda-se bem). Eles esquecem que, no Brasil, por exemplo, segundo as estatísticas OFICIAIS, somente 8% da população possui um pedaço de terra! E vocês leram sobre o tamanho das propriedades dos outros! Então direito de propriedade, é claro, MAS PARA QUEM?
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LIGADURA DE TROMPAS:
Minha intenção era de falar mais longamente deste assunto, especialmente da pesquisa realizada pelos grupos de mulheres do setor Porto de Santana. Por falta de espaço, serei breve. As mulheres dos grupos recolheram 520 respostas, ou seja, um número significativo. 36% das mulheres que responderam já tinham feito esta operação; mas, como muitas daquelas que tinham sido operadas não quiseram responder, temendo, quem sabe, represálias do médico, podemos dizer sem exagerar que mais da metade das mulheres de nossa cidade já foram esterilizadas, geralmente muito jovens (22, 20, ou mesmo 19 anos!), depois de ter tido 3, às vezes 2, ou mesmo um só filho!
- enquanto que, segundo a Organização Mundial da Saúde, a média dos nascimentos por cesariana é de 10 a 15% no mundo, no Brasil essa média sobe a mais de 35%! Por quê? – essencialmente porque, em 70% das cesarianas, o médico aproveita para fazer a ligadura de trompas.
O que chamou a atenção das mulheres de Porto de Santana sobre este problema é o fato de que a operação é geralmente feita no nosso município por razões POLÍTICAS, por um médico (doutor Fernando) cujo pai foi prefeito de Cariacica até o ano passado, e que ele mesmo, responsável pelo setor de educação na prefeitura, é atualmente candidato a deputado. Quando seu pai foi candidato à eleição para prefeito, ele só operava as mulheres que tinham um Título de Eleitor na nossa cidade. Agora que ele mesmo é candidato a uma cadeira de deputado estadual, ele opera (gratuitamente) milhares de mulheres de todo o Estado. Melhor não falar das condições de higiene... São filas enormes em sua porta. Não há praticamente nenhuma educação sobre a contracepção no povo. A pílula existe – e barata – mas como há suficientes médicos charlatães, por que não aproveitar de uma solução definitiva, gratuita e generalizada?
Os grupos de mulheres de Porto de Santana realizaram uma grande assembleia no dia 11 de junho, convidando toda a imprensa de Vitória: de fato, jornais e rádios discutiram amplamente a questão. E dois canais de TV se deslocaram e cobriram. O Conselho Regional de Medicina se sensibilizou: o presidente e o secretário vieram, eles nomearam uma comissão para elucidar os fatos... Mas tudo foi rapidamente enterrado! Não se vai tão facilmente entediar um colega, sobretudo candidato a deputado, e do partido do poder! As mulheres estão preparando uma resposta pública e severa. Elas exprimem sua decepção, dizendo que elas haviam acreditado, ingenuamente, que o Conselho de Medicina teria qualquer respeito pela vida e pela voz das mulheres: TRISTE!
Nosso arcebispo, Dom Silvestre, veio conversar com as responsáveis dos grupos de mulheres, convidando-lhes a continuarem seu trabalho de reflexão, de conscientização, de estudos sobre o controle da natalidade. Mas, já em junho, ele disse em Porto de Santana: “Vocês sabem, não se iludam muito a respeito do Conselho Regional de Medicina. Eles vão ser solidários entre os médicos”. Ele tinha razão.
No jornal que os grupos de mulheres de Porto de Santana fizeram ("Mulheres em Ação"), podemos ler uma canção que elas escreveram para o carnaval, a partir de uma melodia bem conhecida:
Doutor, eu não me engano:
A ligadura não está em nossos planos!
Se o nosso voto/ você quiser ter
Coisas diferentes/ você tem que fazer!
Tem que servir ao nosso bairro...
Se neste ano você quiser se eleger.
Doutor, eu não me engano:
A ligadura não está em nossos planos!
Não somos culpados/ de não ter nascido nobres.
Termine com a pobreza,
Em vez de acabar com os pobres!’’
Ah! Doutor, eu não me engano:
A ligadura não está em nossos planos!
E a conclusão do jornal:
“Soubemos por nossos estudos (especialmente o que a Bíblia nos mostrou) que devemos exigir nossos direitos. Queremos terminar com uma tão grande exploração da mulher, por falta de consciência em casa, nas ruas, nos transportes, na política... Nós não queremos condenar todas as mulheres, porque em nosso país falta realmente educação e conscientização. MAS NÃO PODEMOS ADMITIR QUE MÉDICOS FAÇAM ESSE TRABALHO POR MOTIVOS PRINCIPALMENTE POLÍTICOS. Queremos que vocês nos ajudem a lutar para dar a nossas crianças uma vida decente”.
CAMPANHA ELEITORAL
Imaginem centenas de carros percorrendo as ruas, desde cedo até à noite, com alto-falantes gritando toneladas de promessas, de mentiras, de músicas! Imaginem centenas e centenas de garotas e rapazes com camisas onde está escrito o nome de um candidato (e em menor o de um partido), que oferecem panfletos, adesivos, o retrato dos candidatos. Os dois maiores partidos tomam quase todo o tempo da propaganda gratuita na televisão e no rádio. Eles têm o apoio ativo do “poder econômico”: grandes proprietários de terra e grandes empresários financiam a campanha eleitoral dos candidatos de sua escolha, com a promessa, é claro, de que se eles forem eleitos eles agirão “no bom caminho”. É realmente um bombardeamento de propaganda!
E podemos realmente nos perguntar se a situação do Brasil realmente avançou. A ditadura militar acabou (oficialmente...); mas a “ditadura do poder econômico” (a expressão não é minha, mas dos bispos) é talvez mais perigosa (porque mais traiçoeira) que a outra.
Uma organização fascista (embora ela se diga democrática) nasceu este ano e se espalhou em todo o Brasil como um incêndio na floresta: a UDR (União Democrática Ruralista). Seu objetivo é de impedir uma verdadeira Reforma agrária, POR TODOS OS MEIOS. Entre os meios, a criação de arsenais de armas. Há mortes praticamente a cada dia nos conflitos de terra no Brasil. O governo Sarney enviou a Polícia Militar para desarmar as partes em conflito em vários lugares do Brasil: a polícia apreende as espingardas de caça, as facas (até mesmo as facas de cozinha) dos pequenos agricultores ou dos “sem terra”, mas ela "ESQUECE" de tomar os revólveres, fuzis sofisticados, METRALHADORAS, dos grandes proprietários.
NOTÍCIAS BREVES
Cada um destes assuntos seguintes mereceria um grande desenvolvimento. Isso não é mais possível. Então, contentem-se com "flashes"!
ABONOS FAMILIARES: 42 cruzados por filho (aproximadamente 20 francos!) até os 14 anos... E sob a condição de que o pai ou a mãe tenham um emprego (tão logo que você está desempregado - e a taxa é muito mais elevada que na França! - você perde todo o abono).
- Carlinda, mãe de 10 filhos (a mais velha casou e teve seu 1º filho), começou a trabalhar como costureira: por 45 horas semanais, ela recebe o equivalente a 630 francos.
FLEXIBRAS: É uma multinacional francesa. O capitalismo francês se adapta bem no estrangeiro: os operários têm dois horários de trabalho. Uma semana, eles trabalham durante 11 horas por dia; na semana seguinte, 13 horas por dia (semana de 6 dias). Após isso eles têm o direito a um final de semana inteiro. É claro, a direção diz aos operários que são as mesmas condições de trabalho que na França! Gostaria de ver em Havre[4] se isso é verdade!...
NO DIA A DIA: Eu tive de ir à delegacia de um bairro solicitar uma informação sobre um preso. O delegado estava ausente. Duas vizinhas da delegacia conversavam. Uma pergunta à outra: “Quem é essa mulher trancada aqui que chorou toda a noite?”. A outra, aparentemente muito bem informada sobre tudo: “Não teve nenhuma mulher aqui essa noite. Tem um garoto de 14 anos, e ele ainda tem a voz de menino”. A mulher acrescenta: “Esse delegado é muito justo, ele é muito bom. Mas ele é muito firme. É também um antigo seminarista...”.
- Depois de março os preços estão controlados e a vigilância é (muito) relativamente séria. E sucessivamente desapareceram do mercado: a carne de boi, o frango, o leite, muitos medicamentos... Dizem até que o café vai faltar. Um dia, o presidente Sarney disse que vai requisitar o gado nos pastos dos produtores. No dia seguinte, ministros tranquilizam os produtores: não tocaremos na propriedade privada! O importante é que a imagem de marca do presidente, amigo dos pobres e duro com os grandes, permaneça intacta.
Mas os ricos deste país têm ainda um belo futuro diante deles!
AS GREVES SE MULTIPLICAM... em todo o país. Greve daqueles que fazem a segurança social, greve dos funcionários da Universidade, greve dos professores, greve de uma companhia de aviação (VASP), greve dos funcionários de banco, etc. No campo, o número de ocupações de terras prometidas para a Reforma Agrária (que é tão esperada) se multiplicam também. A repressão policial – sob ordens de nosso governador – é muito violenta (o governador de nosso Estado é também um grande proprietário, e favorável à organização fascista UDR). A Igreja reage fortemente, especialmente no norte do Estado, cujo bispo, italiano (dom Aldo Gerna), é a desgraça dos grandes proprietários, e está até mesmo ameaçado.
NÚMEROS: Na nossa cidade de 275.000 habitantes, 70% da população vive com esgotos a céu aberto. É o município de nosso Estado que tem o maior índice de doenças.
- A cada dia, os 750 ônibus da Grande Vitória (em torno de 1 milhão de habitantes) percorrem cerca de 204.000 km e transportam 554.000 passageiros. As condições de transporte são tão deficientes que há cada vez mais "quebra-quebra" nos bairros da periferia: cansados de fazer abaixo-assinados, de ir em comissão à prefeitura, ao secretário de transporte, etc., sem nenhum resultado, cansados de viajar como sardinhas enlatadas, de esperar mais de uma hora por um ônibus que não vem, as pessoas começam a quebrar. E isso se mostra inútil.
JOSIMO... JOEL
O padre Josimo Tavares foi assassinado no dia 10 de maio de 1986 no Estado de Goiás, no BRASIL. Ele tinha 33 anos. Joel Fieux (De Orgelet - Jura) foi assassinado no dia 28 de julho de 1986, na Nicarágua, onde ele servia ao povo lutando contra o imperialismo dos Estados Unidos. Ele tinha 28 anos. Aqui está um poema de Pedro Tierra, após a morte de Josimo. Eu o dedico também a Joel Fieux, à sua família, e especialmente à sua mãe, Bernadete, uma amiga, cristã e cidadã do mundo. (Apesar de toda uma propaganda falsa, não esqueçam que uma grande parte dos cristãos de base na Nicarágua apoia o Regime sandinista. Graças a Deus!)
JOSIMO 10/05/86
Mártir da Terra e da Justiça.
Quem é esse menino negro
Que desafia limites?
Apenas um homem.
Sandálias surradas.
Paciência e indignação.
Riso alvo.
Mel noturno.
Sonho irrecusável.
Lutou contra cercas.
Todas as cercas.
As cercas do medo.
As cercas do ódio.
As cercas da terra.
As cercas da fome.
As cercas do corpo
As cercas do latifúndio.
Trago na palma da mão
Um punhado de terra
Que te cobriu.
Está fresca
É morena, mas ainda não é livre.
Como querias.
PEDRO TIERRA
Um abraço a todos, meus queridos amigos.
Gaby.
[1] Era o Boletim CAMINHADA.
[2] O Boletim FERRAMENTA.
[3] “Mammom”: Em traduções bíblicas francesas, no versículo 24, do Capítulo 6 do Evangelho segundo São Mateus, lê-se: “Ninguém pode servir a dois senhores; pois, ou odiará um e amará o outro; ou se unirá a um e desprezará o outro. Vocês não podem servir a Deus e a Mammom”. Mammom é uma espécie de personificação da avareza, ou riqueza, em forma de divindade.
[4] Região portuária francesa, segunda mais importante em tráfego de mercadorias, muito conhecida nacionalmente por sua tradição operária e marítima.