L'association "Les amis de Gabriel MAIRE" a été créée après l'assassinat de Gaby au Brésil le 23 décembre 1989. . A associação "les Amis de Gabriel Maire" foi criada depois da morte do Padre Gabriel em Brasil o 23 de dezembro de 1989.
Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice,
et vous n’avez pas cru à sa parole.
Et même quand j'étais là au milieu de vous, l'image de mon peuple, de ses expériences, de ses expressions et de ses gestes concrets m'accompagnait.
Message de Dárcio au retour de son 1er séjour en France.
E mesmo quando eu estava aí, no meio de vocês, a imagem de meu povo, de suas experiências, de suas expressões e de seus gestos concretos, me acompanhava.
Leia a carta integra em português abaixo.
Un Clic ici pour toute information sur les publications : "Chemins d'Avent avec Gaby"
Echos de Vitόria
N° 17 - 7 mai 1985
Bonjour à tous !
Déjà quelques lettres sont arrivées : « Tiens ! Il y a longtemps que nous n'avons pas reçu É.V. Le dernier numéro est de décembre 84 et nous l'avons reçu courant janvier 85... » Mais certains savent déjà que j'ai été amené à faire un voyage, non programmé, en France. La santé de maman s'était détériorée au mois de décembre, mais elle paraissait se récupérer plus ou moins. Pourtant, poussé par pas mal de gens d'ici, et compte tenu de l'âge de maman, (presque 82 ans), je décidai d'aller passer quelques semaines en France. Je devais quitter Vitόria le 27 janvier au soir. Or, le 25 janvier au matin, un coup de téléphone de la famille m'annonce que maman vient de mourir. Je réussis à avoir un avion plus rapidement. J'arrive à Port-Lesney (Jura) le 28 janvier, dans l'obscurité et le froid du petit matin, et l'enterrement a lieu quelques heures plus tard. Je devrais dire : « Nous arrivons », car un séminariste du séminaire de philosophie, Dàrcio (20 ans, treizième enfant d'une famille de quinze, étudiant à la Faculté d'histoire de Vitόria en même temps qu'au séminaire) m'accompagne en France, comme il m'accompagne dans un des secteurs pastoraux où je travaille ici.
Durant cinq semaines, Dàrcio va apprendre à connaître un peu les Français. Du reste, l'essentiel de cette lettre sera constitué par le témoignage de Dàrcio sur ce qu'il a vu, entendu, gravé dans sa mémoire. Il est bon de connaître, en direct, les impressions d'un jeune du tiers-monde, de milieu populaire, sur le vieux continent.
Parti de Vitόria le 26 janvier, et revenu le 8 mars, j'ai dû me remettre dans le bain pour beaucoup de choses, et vous comprenez alors aisément pourquoi il m'a été vraiment impossible de préparer plus tôt ces É.V. n° 17.
Au cours de ces « vacances exceptionnelles », nous avons rencontré une foule de gens, membres de la famille, amis, participants de nos réunions sur le Brésil. Je voudrais remercier chacun pour tant de sympathie et d'affection, et pour tant de compréhension après la mort de maman. […]
I - A Nova Republica
Beaucoup de lettres reçues depuis mars manifestent A Nova Republica, intérêt, compréhension et parfois inquiétude à propos de la situation politique actuelle du Brésil.
Le 15 janvier, le Congrès brésilien élisait, à une écrasante majorité, M. Tancredo de Almeida Neves comme Président de la République. « Tancredo » avait 75 ans : fin politique, originaire du grand État du Minas Gerais, terre de prédilection de beaucoup d'hommes politiques brésiliens. Il est élu parce que démocrate, sans aucun doute, donc fidèle opposant à la dictature. C'est un « modéré », conciliateur. Sur le plan économique, nul doute qu'il s'agisse d'un capitaliste, et le choix du ministère qu'il prépare est très majoritairement conservateur. Mais l'opinion publique veut avant tout le départ des militaires. Alors, malgré la grande déception du rejet, en 1984, de l'élection du Président de la République au suffrage universel, le peuple brésilien a salué la victoire de Tancredo comme une victoire de la démocratie. Aussitôt, la grande majorité du peuple attend tout de Tancredo, certainement beaucoup trop, et ceci bien que lui-même ait eu la prudence de ne pas faire de promesses exagérées. On a préparé le slogan : « La Nouvelle République », répété inlassablement, à longueur de journées, par tous les moyens de communication, et spécialement par la toute-puissante chaîne de télévision Globo. Le peuple a conscience d'être entré dans une ère nouvelle.
• Toutefois, les problèmes à résoudre sont énormes : • convoquer une Assemblée constituante, qui devra adopter une nouvelle Constitution ; préparer dans un avenir proche, l'élection du Président de la République au suffrage universel ; • réaliser une audacieuse réforme agraire ; • faire face à une situation économique catastrophique, et pour cela adopter une attitude différente devant les exigences exorbitantes du FMI (Fonds Monétaire International) ; • légaliser les partis clandestins (de divers courants marxistes) ; • repenser totalement les systèmes éducatifs, de santé, les rapports entre les divers partenaires dans le monde du travail, etc. Enfin, tout est à faire, à refaire...
Mais, comme vous le savez, la veille d'être « intronisé », Tancredo doit être subitement opéré, et le vice-président José Sarney va assumer la charge de Président de la République par intérim. Devant une situation aussi étrange, et après vingt-et-un ans d'un régime comme celui que nous avons connu, comment n'y aurait-il pas des bruits qui courent, des rumeurs d'attentat ou de « « golpe militaire » camouflé ? Pourtant, la majorité du peuple ne voit pas si loin ! Tous les yeux et les cœurs sont alors tournés, non vers d'éventuels comploteurs antidémocrates, ni vers le Palais présidentiel, mais vers les hôpitaux de Brasilia, puis de Sao Paulo, où Tancredo est successivement hospitalisé.
Et c'est l'attente, l'interminable attente, jusqu'au 21 avril, jour du Tiradentes, célèbre résistant brésilien, héros national, né et tué dans la même région que Tancredo Neves. Ce jour-là (ce n'est sans doute pas un hasard), on juge que les médecins peuvent débrancher les appareils et retirer les tubes qui, depuis des jours et des jours, maintenaient artificiellement en vie le président élu du Brésil. Il y a eu sept opérations chirurgicales, d'innombrables bulletins médicaux, conduisant tantôt à l'espoir, tantôt au doute ! On peut dire que Tancredo est devenu, aux yeux de la grande masse : un héros, un martyr, un saint, un mythe. Combien de personnes ai-je rencontrées, et qui, il y a moins d'un an, ne savaient sans doute même pas le nom de Tancredo Neves (parce qu'elles ne s'intéressent pas à la politique), ces dernières semaines affirmaient avec la plus grande sincérité : « On a toujours beaucoup aimé cet homme-là ! Il est extraordinaire. »
• Mais Tancredo est mort. Ainsi va la vie. Et c'est José Sarney qui est Président de la République. Sa vie est bien différente de celle de Tancredo. Lui, depuis 1964, a appuyé la dictature militaire, et était même président du parti soutenant le régime (le PDS). C'est seulement l'an passé, alors que la barque du PDS se mit à prendre l'eau de toutes parts, que Sarney en sortit... Et comme Tancredo ne pouvait être élu sans l'apport de voix de transfuges du PDS, il prit Sarney comme candidat vice-président. Ainsi l'actuel Président de la République du Brésil, homme de droite qui pendant vingt ans a soutenu la dictature militaire, se trouve aujourd'hui leader d'une grande coalition qui va de la droite jusqu'à l'extrême-gauche (avec divers partis et mouvements clandestins, communistes ou révolutionnaires). Paradoxe ! Et cet homme hérite d'une mission capitale : mettre en œuvre rapidement le maximum de réformes qui vont contre tout ce qu'il a soutenu pendant vingt ans. Paradoxes de la politique de ce pays !
Mais l'espoir est né. Les exigences sont déjà en train d'apparaître. Comment le nouveau pouvoir va-t-il réagir ? Et combien de temps le peuple va-t-il garder ses illusions ?
Quant à l'Église, elle s'est réjouie ouvertement de l'avènement de la « Nouvelle République » et des bonnes dispositions de Tancredo Neves (par ailleurs catholique fervent, tertiaire de Saint-François). L'Église mobilise les catholiques en faveur de la réforme agraire et de la convocation d'une Assemblée constituante. Dans un contexte nouveau, le rôle de l'Église (comme du reste de tous les corps sociaux, des partis, des syndicats, des associations...) va être, sans aucun doute, bien différent. Expérience nouvelle.
Gaby
II - Témoignage de Dàrcio après cinq semaines en France
« Symphonie des deux mondes. Si ça ne donne pas une symphonie, qui sait ? Que ça donne une samba. Chant pour un monde nouveau. » (Dom Helder Câmara).
A) Merci pour cette chance !
Vous pouvez m'en croire, ces cinq semaines en France, ce fut réellement un temps qui ne fut pas perdu, et même s'il fut court, je voudrais vous en dire quelque chose. Des diverses réunions que nous avons faites, des visites à plusieurs familles et à des amis... Bien franchement, je l'avoue, je ne m'attendais pas à recevoir autant, comme force, paroles qui donnent courage pour aller de l'avant, et signes d'alliance, entre autres choses. Et même, j'ai reçu beaucoup des divers groupes rencontrés. Je vous suis reconnaissant, bien sincèrement.
Je suis obligé de dire que tous, vous m'avez beaucoup impressionné. Nous ici, nous sommes attentifs à ce qui nous arrive, et qui nous donne la possibilité d'apprendre à connaître ; aussitôt, nous ne laissons pas échapper le contact avec d'autres cultures, d'autres coutumes et habitudes. Le « bon Brésilien » est ainsi ; je ne sais pas si je peux me qualifier de « bon Brésilien », je sais seulement que je vois ainsi : nous fixons l’attention pour apprendre. Cette conception est déjà connue, et elle est caractéristique de tellement d'autres peuples, je le sais ; mais ici, être dans le monde, c'est manquer de beaucoup de choses, et c'est être messager de plusieurs mondes. Le Brésilien est un être complexe : « complexe comme le peuple, comme la vie du peuple. La lutte pour survivre l'oblige à avancer et à reculer. » L'imagination et la poésie, la douleur et la nostalgie, voilà l'optique de mon peuple. La cachaça (eau-de-vie de canne), la lutte, le monde nouveau, la foi en Notre Seigneur Jésus-Christ et en Notre-Dame d'Aparecida, mulâtre, Mère du peuple. Jamais je ne serais capable de donner un témoignage sur « les Français », je vous livre à peine quelques-unes des choses qui attirèrent mon attention, au milieu d'une foule d'histoires que d'autres ont déjà contées. Il est clair que ma manière de voir la France est partiale, et même étroite ; c'est un effort personnel, et de plus, à cause de la langue, je sais que j'ai perdu pas mal de choses...
Mélangeant tout, ajoutant quelques choses, retirant beaucoup d'autres, ainsi sommes-nous, nous d'ici, ainsi je suis, moi Dàrcio, moi qui vous parle et vous remercie pour la chance que j'ai eue.
B) Beaucoup de choses en peu de jours
Bon. Je crois que nous avons bien profité de ce petit séjour (chance aussi d'avoir eu Gaby pour guide ; un autre ne m'aurait pas montré aussi bien ce qu'il y a de mieux en France, comme lui l'a fait).
« France, où le blé et le seigle, le vin et le fromage mûrissent au soleil de la diversité... » France, comme un historien le disait déjà, signifie « diversité ». C'est vrai. Ah ! Ça je le confirme. Je me souviens de quelques-unes de ces choses diverses. J'ai vu « les merveilles du Val-de-Loire », nous avons connu le château de Chambord, et son très étonnant « grand escalier » à double révolution. Choses nouvelles pour moi. C'est la petite France, vue sous un certain angle, sous une optique presque déjà connue : par des livres et des films. Mais ne vous faites pas de souci, je ne vous parlerai pas de vos châteaux, de votre cuisine et de tellement d'autres mets et spécialités de votre peuple. Non. Mais il est difficile de ne pas parler de choses « différentes » et tellement belles, comme le « Centre international de réflexion sur le futur » (aux Salines royales d'Arc-et-Senans). Ça vaut la peine d'être connu. Comment oublier l'église de Vézelay, « un nom qui captive l'imagination, avant d'être une image qui émerveille le regard et émeut le cœur » ? Continuant, regards sur Tournus (abbaye Saint-Philibert), son art roman, sa crypte, et la belle sainte : Notre-Dame la Brune (du XIe ou XIIe siècle ?). J'ai beaucoup aimé, mais pour autant que je m'efforce, il n'y avait pas encore là de quoi me passionner, de m'enchanter. Ensuite, comment ne pas parler de l'abbaye de Notre-Dame d'Acey, de l'église Saint-Anatoile de Salins et de Notre-Dame Libératrice (vierge avec l'Enfant Jésus bien nourri sur les bras : Jésus serait-il ainsi toujours grassouillet sur les images et dans les statues de France ?). Vierges tellement belles et européennes, élégantes et pures, alors qu'il y a tant de femmes du peuple (tant de Maria, comme on dit ici) lavandières, ouvrières, femmes exploitées, qui existent de par le monde ?
C) Et j’ai vu davantage…
Comment omettre de commenter Dijon et ses spécialités : le cassis, et la petite chouette de la belle église Notre-Dame de Dijon (Oh ! mon Dieu, combien d'églises !). Je parle aussi de Saint-Laurent-en-Grandvaux. Mais même cela ne m'a pas encore « brûlé le cœur » ; et encore, Taizé et les bons moments avec toute cette jeunesse qui parlait, parlait, parlait... et moi je ne comprenais pas grand-chose. Venant de tellement d'endroits, mais tous recherchant la même chose. Notre église de la Réconciliation, tellement agréable. Mais cela ne m'a pas encore convaincu. Ce n'était pas là encore ce qui nous brûle l'émotion et le cœur. Tout cela est nouveauté, surprise, c'est quelque chose d'inédit. Mais je crois, vraiment je crois, que les œuvres pharaoniques, couloirs gothiques et monuments historiques, ici, et là au loin, cela n’est rien. Je m'explique : ce n'est rien comparé à une chose plus grande, universelle et principale, qui est l’amitié, l’accueil, l’hospitalité et l’affection que vous nous avez manifestés. Cela particulièrement nous a parlé directement au cœur ; je me suis senti chez moi. Et pour moi, ce n'est pas rien d'évoquer, par exemple : Madame Suzanne Fumey-Badoz, Lucette, le P. Roland Vacelet, « Le Patriarche » (Jean Tribut), Janine, Jean-Luc, Marie-Thérèse, Joseph, Bernard, et les amis prêtres de Saint-Laurent, nos chers voisins M. et Mme Kirsthaler, et Virginie, Catherine, Christophe, Michel Cohendet, tata Odette, au milieu des autres ! Tous sont gravés dans mon cœur, ce ne sont pas à peine de simples images avec des paroles lointaines. C'est quelque chose de plus. Un grand échange fut commencé, sautant de notre petit coin de littoral jusque... Et là, je conversais et comprenais.
De tant et tant de visites, des discussions et des réunions, beaucoup de choses demeurent encore, comme questionnement et réflexion, et parmi des multitudes de choses si variées, nous avons capté de petits traits et des facettes des Français. J'ai apprécié l'intérêt, le niveau des questions, toujours avec beaucoup d'objectivité, et une réelle sensibilité à propos des divers problèmes et aspects de notre Brésil et de ce qui nous afflige : la faim, la sécheresse, l'analphabétisme, les problèmes économiques, les salaires, le chômage, l'impérialisme nord-américain, etc... J'ai apprécié aussi l'intérêt porté au peuple avec ses espérances et ses projets, à ce que sont les CEBs (communautés ecclésiales de base), à la théologie de la Libération, aux jeunes et à leur force, mais aussi à leur marginalisation ; en synthétisant ; à la réalité sociopolitique et culturelle. Et, pour parler du culturel : il est beau de voir et de parler de notre carnaval, de la samba (« Qui n'aime pas la samba n'est pas un bon sujet : ou il ne va pas bien de la tête, ou il a un problème au pied ! »). Nous avons fait ensemble la découverte que le peuple brésilien veut un projet de fraternité. Je sais que beaucoup comprennent et acceptent la réalisation de ce projet. D'autres se taisent et font semblant de ne pas entendre tant d'appels. Mais... je sais que ceux qui sont bien proches des problèmes et des questions du tiers-monde, le sont vraiment, et qu'ils croient à l'organisation du peuple. Nous qui croyons au projet du peuple, nous pouvons dire qu'il existe beaucoup de choses à faire. Il est bon de vous dire ce en quoi je crois : au peuple qui s’organise. Il est meilleur encore de savoir qu'il existe, là en France, des compagnons qui écoutent et regardent avec attention, et savent que le peuple uni, avec courage et force, tiendra par la main sa propre histoire. Sans parler de cette présence constante qui nous alimente : Dieu, parrain des peuples.
Ici, non seulement en pleine campagne, mais dans les villages et les cités, on entend le cri et les pleurs désespérés des enfants, des hommes et des femmes : il n'y a plus de pain pour nous ! J'ai vu, ça et là en France, bien des gens qui veulent vivre, conscients de leurs responsabilités, leur rôle de chrétiens dans cette société de consommation et dans une Église qui, à ce qu'il m'a semble, n'est pas crédible. J'ai eu aussi l'occasion d'avoir une rapide conversation avec un prêtre permanent du CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement). Il m'a donné une affiche qui dit : « Contre la faim, les efforts de tous payent ». Cette affiche me fait rester uni à vos réflexions et à vos actions, je l'ai déjà fixée dans ma chambre. Merci.
Malgré mes lectures limitées à cause de la langue qui rend difficile la communication, j'ai également suivi pas mal d'informations, quand nous étions là-bas.
- Nous avons vu la catastrophe de la mine de Forbach (vingt-deux morts).
- J'ai suivi, rapidement (comme me l'a permis l'absence de meilleures données) ce qui se disait sur le leader du Front National d'extrême-droite : Le Pen.
J'ai trouvé incroyable le fait de voir tant d'affiches répandues dans les agglomérations, avec la photo de ce citoyen : j'en suis resté bouche-bée. Je sais que la question est plus complexe, excusez-moi si je ne la connais pas à fond. Ici, au Brésil, les photos des ennemis du peuple sont répandues aussi, que ce soit des militaires, des civils, ou autres... Mais je crois que le plus choquant encore est de savoir que ce Français bénéficie de l'appui même de catholiques ! Mais est-ce possible que ce soit vrai ? Et ça va continuer ainsi ? J'ai lu ici, dans 0 Jornal do Brasil, que le Front National (français), fondé il y a treize ans, n'était rien d'autre qu'un obscur petit parti politique qui, associé à d'autres groupuscules d'extrême-droite, réunit à peine 0,35 % des voix lors de l'élection de 1981, mais que ce pourcentage a considérablement augmenté.
- J'ai vu aussi, pendant que nous étions en France, des flashs dans les journaux ; « La torture, jamais ! » (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture). Je sais aussi que les articles parlaient de la situation des autres continents, et en particulier de la torture qui existe ici, dans notre Amérique latine, et de la dictature militaire qui dévaste nos pays.
- Nous avons vu aussi le problème du catéchisme national : l'insistance du Vatican qui veut satisfaire les milieux intégristes. Pour parler encore de l’Église, j'ai fait la connaissance de prêtres réellement engagés dans une perspective bien évangélique, et avec la préoccupation des plus marginalisés par la société. Nous avons rencontré pas mal de laïcs qui ont la volonté d'avoir leur place et de participer, au sein de l'Église comme dans la société. C’est cela même qu’il faut !
J'ai trouvé drôles les questions de quelques prêtres : pourquoi et quelle est l'importance d'un missionnaire français au Brésil ? Ma réponse : Venez et voyez ! Et, si possible, qui sait ?, vous comprendrez et voudrez contribuer à la construction et au renforcement des communautés chrétiennes en milieu populaire. Nous n'évangélisons pas pour amenuiser les conflits sociaux, mais en recherchant l'union et l'organisation du peuple. Pour vous qui m'avez posé cette question : nous ne faisons pas de la théorie, et ce n'est pas un stage d'utopie : il y a solidarité visible, et la lutte continue...
Nous avons suivi la visite du Pape au Pérou. Jean-Paul II a dénoncé « l'égoïsme des minorités au pouvoir » (Le Monde du 5 février, p. 6). Il a dit de belles choses au peuple. Dommage que, plus récemment, il ait nommé des cardinaux hautement conservateurs, c'est-à-dire de la même ligne de travail que lui. (NB : C'est vrai spécialement de l'Amérique).
Durant notre court séjour, j'ai entendu parler du chômage, d'Amnesty International, de la Nouvelle-Calédonie. « Comment va l'Économie française ? Choc ou aubaine pour l'Économie française ? » (Le Monde, 19-20 février). La proximité des problèmes d'Afrique, du Liban, au milieu de tant de conflits mondiaux.
Avec la photo du camp de Koren, en Ethiopie, un dossier de Témoignage Chrétien disait : « La grandeur de l'aide d'urgence est de sauver des vies humaines, et cela n'a pas de prix. Son danger est de convaincre les donateurs et les assistés que le tiers-monde est un hospice planétaire, livré à la générosité bienveillante des populations favorisées des pays industrialisés. »
La télévision donnait certaines informations sur l'Amérique latine : au Chili, la terre tremble : cent vingt-neuf morts, et beaucoup plus de blessés.
Nous avons vu le dossier bien illustré d'une revue (La Vie) : « Amérique latine : la prière et le cri ». Je n'ai pas eu besoin de traducteur : les photos et les faits disaient par eux-mêmes la qualité du texte.
Et notre Brésil ?
La 2ème chaîne de télévision française a montré, pour la première fois, le carnaval de Rio. Voir et écouter par la télévision le peuple chantant et dansant la samba, en un lieu si éloigné, ce n'est pas la même chose que de se défoncer par la voix et les gestes, derrière les musiques du carnaval, mais...
J'ai vu, sur la même chaîne, une très bonne émission spéciale sur Jacques Brel, alors inconnu pour moi. Fantastique, cela aussi c'est la France ! Les chanteurs et chanteuses, les chansons, encore que de rythme et de paroles différents, m'ont enchanté.
Il paraît que, quand nous étions là-bas, se déroula le 25ème Congrès du PCF. Pour nous ici, c'est tout à fait nouveau de parler de cette sorte de congrès, puisqu'ici le parti est clandestin.
J'ai vu aussi, dans un autre bulletin (Inter Peuples, du CFEI : Centre de Formation et d’Échanges Internationaux de la JOC) un article sur la Jeunesse brésilienne. Le contenu est suggestif : « Au Brésil... le foot ou la samba ? Quelle solidarité ? Travailler à tout prix ! Des jeunes s'organisent autrement. »
J'ai assisté à une réunion du Mouvement Populaire des Citoyens du Monde (MPCDM). Ils ont parlé du Nicaragua. J'ai conversé avec une maman dont le fils est au service de la nouvelle société sandiniste, travaillant avec le peuple latino-américain. J'ai aimé cette mère. À son bon espagnol, j'ai senti son émotion et sa force. Je vous salue, Bernadette.
J'ai vu beaucoup de gens voulant entendre parler de l'espérance des Brésiliens. J'ai découvert des hommes et des femmes − frères de nos frères, frères de tous les peuples − qui parlaient des problèmes des communautés et les sentaient, de la vocation et de l'organisation populaire, comme s'ils étaient un de nous ici. Ces hommes et ces femmes nous regardent, et je trouve intéressant de savoir ce qu'ils pensent de notre pays, de notre culture, bien qu'ils vivent loin. Je pense que n'existe déjà plus − du moins pour vous, lecteurs des É.V. − cette vision, légendaire et erronée : « L’Europe est le centre », le lieu où naissent la technologie et les grands penseurs (ce qui se pense et ce qui se dit !). Et la périphérie, ce serait nous qui serions les consommateurs de toute l'idéologie de ce qu'on appelle le Premier monde. Je sais que nous ne sommes déjà plus considérés comme la périphérie. Car il existe déjà une préoccupation autochtone, où pour le moins nous essayons de découvrir ce qui est réellement nôtre.
Ici, je connais les aspirations populaires les plus légitimes, et nous travaillons pour cela, afin que notre culture ne soit plus étrange, ni étrangère déjà pour nous-mêmes.
Ah ! Français, si vous saviez − et je sais que beaucoup le savent − que la langue différente, la variété des coutumes, des traditions et des cultures populaires font aussi exister l'Amérique ; Ah ! Français, si vous saviez − et ceci, il n'y en a pas beaucoup qui le savent − mais le principal facteur de différenciation entre nos sociétés (Amérique latine et Europe) est sans aucun doute le développement économique inégal. C'est pourquoi on passe la vie entière à entendre dire qu'il existe un peuple plus riche, là-bas... On veut alors connaître. Et avant de connaître, on imagine, tisse mille commentaires et idées. Et notre côté latino-américain crie, hurle de douleur et révolte et...
Et même quand j'étais là au milieu de vous, l'image de mon peuple, de ses expériences, de ses expressions et de ses gestes concrets m'accompagnait.
Jamais nous n'arriverons à dire le secret de tous les mystères et de toutes les luttes du peuple héroïque et résistant. « Il n'est pas possible de connaître les Français en cinq semaines », me dit Joseph Maire. Alors... Il est mieux de parler de ce que je connais. Revenons à notre Brésil. C’est une constante.
Il suffit de voir les titres dans nos journaux, et le quotidien de notre peuple dans les grandes capitales, et même en dehors d'elles. Quand nous sommes revenus, nous avons rencontré tant de choses qui avaient déjà changé, et d'autres qui allaient arriver... Voyons un peu.
• a) São Paulo, le 13 mars 1985 : des policiers civils et militaires fusillent onze des quinze prisonniers qui creusèrent un petit souterrain, tentant de fuir d'une maison de détention. Cette tentative serait la troisième en deux semaines.
• b) Le 13 mars, le dollar passe à valoir 4 140 cruzeiros.
• c) Le 14 mars, le litre de lait passe à 1 143 cruzeiros (c'est la deuxième augmentation en 1985). Avec un salaire minimum de 166 560 cruzeiros par mois, cela signifie que le salaire minimum permet à peine d'acheter 145 litres de lait ! Comme si, en France, où le salaire minimum est d'environ 4 000 francs, un litre de lait coûtait 2 760 centimes !)
• d) Le 12 mars, le matin, deux trains de passagers entrent en collision, entre deux gares de l'État de Rio : mépris et manque d'attention pour les passagers dans les transports publics, qui tuèrent dix-sept personnes, firent plus de soixante-dix blessés. Gaby et moi, avions pris le même train, cinq jours plus tôt, entre Rio et Nova Iguaçu.
• e) Ces derniers mois, il y a eu beaucoup de violences sexuelles contre des femmes, dans le Grand Vitόria. La population panique.
• f) Fraudes à la « Prévoyance sociale » (au plus haut niveau ministériel). Quelle honte ! Quel scandale ! Mon Dieu !
Bon, mes bien chers. Dans ces événements et ces impressions, il y a un régionalisme, un peu de poésie de ma terre.
Voici ce qui nous intéresse :
Contretemps, lutter, dures batailles,
Cependant et malgré tout,
Rien n'a arrêté la force de cet amour !
Amour qui a des racines
Soutenant la terre de nos sentiments,
En temps d’érosion.
C'est cela même, amis, malgré tout, nous ne pouvons pas sortir de la lutte, nous ne pouvons pas arrêter. Nous aimons notre peuple et ses racines. C'est le peuple qui nous enseigne à parler ainsi, tant directement, et à Vivre la pratique de l’Évangile.
Je crois en toi, compagnon, Christ humain, Christ ouvrier,
Vainqueur de la mort ! Par un sacrifice immense,
Tu as engendré l'homme nouveau pour la Libération,
Tu es en train de ressusciter en chaque bras qui se lève
Pour défendre le peuple de la domination de l’exploiteur,
Parce que tu es vivant dans la cabane, dans l'usine, à l'école.
Je crois à la lutte sans trêve
Je crois en ta résurrection.
Et c'est ce même peuple de Dieu qui résiste, qui crie pour le respect de ses droits, et qui lutte. Que ce soit à Vitόria, au Chili, ou à n'importe quel autre lieu.
Pour terminer, j'aimerais dire que je ne sais si j'ai atteint mon objectif de parler de mes impressions sur la France. Il y aurait beaucoup plus à raconter, et finalement je me suis mis à parler du Brésil, et à tout mélanger. J'aimerais saluer chacun de vous, et de manière spéciale ceux avec qui j'ai cheminé de plus près durant ces cinq semaines. En cet hiver français... la neige mémorable, encore que triste.
Non, je n'oublierai pas Port-Lesney, ce petit village plein de personnes amies. Je continue à vous attendre. En vous tous, le souvenir se dissipe, comme neige qui fond... Mais que revienne un jour... Et ainsi, comme revient la neige, je vous reverrai encore.
Un abraço affectueux à tous.
Dàrcio
* * *
Je reprends le stylo seulement pour vous dire au revoir, moi aussi, espérant que le n° 18 des É.V. n'attendra pas aussi longtemps avant de vous parvenir. Et j'espère aussi que vous apprécierez ce numéro spécial des É.V. Je le saurai sans doute bientôt. Avec toute mon amitié.
Gaby
ECOS DE VITÓRIA Nº 17
7 DE MAIO DE 1985
Olá todos!
Algumas cartas já chegaram: “Tem muito tempo que nós não recebemos os EV - O último número é de dezembro de 84 e nós o recebemos somente quando o mês de janeiro de 85 já estava avançado...”. Mas alguns já sabem que fui levado a fazer uma viagem, não programada, à França. A saúde da minha mãe se deteriorou durante o mês de dezembro, mas ela parecia se recuperar, ora mais, ora menos. Porém, empurrado por um monte de gente daqui, e dada à idade de minha mãe (quase 82 anos), eu decidi ir passar algumas semanas na França. Eu devia deixar Vitória no dia 27 de janeiro à noite. No entanto, no dia 25 de janeiro de manhã, um telefonema da família me anuncia que mamãe havia acabado de morrer. Consegui tomar um avião que sairia antes (dia 26). Chego a Port-Lesney (Jura) em 28 de janeiro, no escuro e no frio do começo da manhã; e o enterro aconteceu algumas horas mais tarde. Deveria dizer: “Chegamos”, pois um seminarista do Seminário de filosofia, DÁRCIO (20 anos, 13º filho de uma família de 15, estudante de história na Universidade Federal do Espírito Santo, ao mesmo tempo que do Seminário) me acompanha na viagem à França, como me acompanha em um dos setores pastorais onde eu trabalho aqui.
Durante cinco semanas, Dárcio conheceu um pouco os franceses. Daí então, o essencial desta carta será constituído pelo testemunho de Dárcio sobre o que ele viu, ouviu, gravou na sua memória. É bom saber, ao vivo, as impressões de um jovem do Terceiro Mundo, do meio popular, sobre o Velho Continente.
Tendo saído de Vitória no dia 26 de janeiro, e retornado no dia 8 de março, eu precisava me colocar “de molho” devido a tantas coisas, e vocês compreendem facilmente porque era impossível – para mim – preparar mais cedo estes EV 17.
Durante estas “férias excepcionais” encontramos muita gente: membros da família, amigos, participantes de nossas reuniões sobre o Brasil. Gostaria de agradecer a cada um por tanta simpatia e afeição, e por tanta compreensão depois da morte de mamãe.
Em segundo lugar, sabendo que – apesar dos grandes esforços de certos membros de sua família – Dárcio não poderia pagar a totalidade do preço da viagem, muitos queriam ajudar financeiramente,... E vocês pagaram mais que sua viagem! Um grande obrigado.
SUAS DOAÇÕES: Ainda, sempre graças a vocês, e apesar dos custos de nossas duas viagens, eu pude, depois de dezembro, repartir o valor de 6.060 F aproximadamente: sendo cerca de 4.820 F para as igrejas de comunidades e os centros de reuniões, aproximadamente 750 F para ajudar seminaristas (sobretudo para custear passagens na cidade), cerca de 490 F para socorrer o “Ferramenta”, o boletim da Pastoral Operária da nossa diocese. Eu não posso agradecer individualmente mais a tal pessoa que outra: vocês são tão numerosos! E somente Deus conhece o valor de cada gesto. Há também um caso de um casal (de Ain, desta vez) que pediu aos amigos de não enviar presentes na ocasião do nascimento do 3º filho, mas de enviar donativos para “um padre amigo trabalhando no Brasil”, por intermédio do MPCDM (Movimento Popular dos Cidadãos do Mundo - movimento do qual eu era o secretário geral antes de partir da França).
A NOVA REPÚBLICA – Muitas cartas recebidas depois de março manifestam interesse, compreensão e, às vezes, ansiedade, a respeito da situação política atual do Brasil.
Em 15 de janeiro, o Congresso brasileiro elegeu, com uma esmagadora maioria, o Senhor Tancredo de Almeida Neves, como Presidente da República. “Tancredo” tinha 75 anos: político, originário do grande Estado de Minas Gerais, terra de origem de muitos dos homens políticos brasileiros. Ele foi eleito porque é democrata, sem nenhuma dúvida; portanto, fiel opositor da ditadura. É um moderado, conciliador. No plano econômico, nenhuma dúvida de que se trate de um capitalista, e o ministério que ele escolhe é majoritariamente conservador. Mas a opinião pública quer, antes de tudo, a partida dos militares. Então, apesar da grande decepção da rejeição, em 84, da eleição do Presidente da República pelo voto direto, o povo brasileiro deu boas-vindas à vitória de Tancredo, como uma vitória da democracia. Logo, a grande maioria do povo espera TUDO de Tancredo, certamente demais – embora ele mesmo tenha sido prudente de não fazer promessas exageradas. Prepararam o slogan: “A NOVA REPÚBLICA”, repetido incansavelmente ao longo de dias por todos os meios de comunicação, e especialmente pela toda poderosa TV Globo. O povo tem consciência de estar entrando em uma nova era.
Porém, os problemas a resolver são enormes: - convocar uma Assembleia Constituinte, que deverá redigir uma nova constituição; - preparar, num futuro próximo, a eleição do Presidente da República pelo voto direto; - realizar uma audaciosa Reforma Agrária; - enfrentar uma situação econômica catastrófica; e, para isso, adotar uma atitude diferente diante das exigências exorbitantes do FMI (Fundo Monetário Internacional); - legalizar os partidos clandestinos (de diversas correntes marxistas); - repensar totalmente os sistemas educacionais, de saúde, as relações entre os diversos parceiros no mundo do trabalho, etc... Enfim, tudo a fazer, a re-fazer...
Mas, como vocês sabem, na véspera de tomar posse, Tancredo de repente precisou ser operado, e o vice-presidente José Sarney assume o cargo de presidente interino. Diante de tal situação estranha, e depois de 21 anos de um regime como aquele que nós conhecemos, como evitar os rumores de atentado ou de golpe militar camuflado? Porém, a maioria do povo não enxerga assim tão longe! Todos os olhos e os corações estão voltados, não em direção aos eventuais conspiradores antidemocráticos, nem para o Palácio presidencial, mas para os hospitais de Brasília e, em seguida, de São Paulo, onde Tancredo é sucessivamente hospitalizado.
E é a expectativa, a interminável espera, até o dia 21 de abril, dia de Tiradentes, célebre resistente brasileiro, herói nacional, nascido e morto na mesma região que Tancredo Neves. Nesse dia (isto não é provavelmente uma coincidência), julga-se que os médicos desconectaram os aparelhos e retiraram os tubos que, depois de dias e dias, mantinham artificialmente em vida o presidente eleito do Brasil. Ele teve sete operações cirúrgicas, inúmeros boletins médicos, às vezes levando à esperança, por vezes à dúvida! Podemos dizer que Tancredo tornou-se, aos olhos da grande massa, um herói, um mártir, um santo, um mito. Quantas pessoas eu tenho encontrado, e que, há menos de um ano, não sabiam nem mesmo o nome de Tancredo Neves (porque elas não se interessam por política), nestas últimas semanas afirmaram – com a maior sinceridade – “Sempre gostamos deste homem aí. Ele é extraordinário!”.
MAS TANCREDO MORREU. Essa é a vida. E é José Sarney que é o Presidente da República. Sua vida é bem diferente daquela de Tancredo. Ele, após 1964, apoiou a ditadura militar, e inclusive foi presidente do partido que mantinha o regime (o PDS). Foi somente no ano passado, quando o barco do PDS começou a afundar, que Sarney saiu... E como Tancredo não poderia ser eleito sem a contribuição dos desertores do PDS, ele tomou Sarney como candidato a vice-presidente. Assim, o atual Presidente da República do Brasil, homem de direita que, durante 20 anos, apoiou a ditadura militar, se acha hoje líder de uma grande coalizão que vai da direita até a extrema esquerda (com diversos partidos e movimentos clandestinos, comunistas ou revolucionários). PARADOXO! E este homem herda uma missão capital: executar rapidamente o máximo de reformas que vão contra tudo o que ele tem apoiado durante 20 anos. PARADOXOS DA POLÍTICA DESTE PAÍS!
Mas a esperança nasceu. As exigências já estão surgindo. Como o novo poder vai reagir? E por quanto tempo o povo vai manter suas ilusões?
Quanto à Igreja, ela acolheu abertamente o aparecimento da “Nova República” e as boas disposições de Tancredo Neves (também um católico fervoroso, devoto de São Francisco). A Igreja mobiliza os católicos em favor da Reforma Agrária e da convocação de uma Assembleia Constituinte. Em um novo contexto, o papel da Igreja (como o resto de todo o corpo social, os partidos, os sindicatos, as associações,...) será, sem dúvida, bem diferente. Experiência nova...
Gaby
DEPOIMENTO DE DÁRCIO DEPOIS DE 5 SEMANAS NA FRANÇA
Saudações!
“Sinfonia de dois mundos. Se não der uma sinfonia, quem sabe dá um samba? Canto para um mundo novo.” (Dom Helder Câmara).
Acreditem: estas cinco semanas na França foram realmente um tempo que não foi perdido e, mesmo se foi curto, gostaria de lhes dizer algumas coisas. Foram várias reuniões que fizemos... visitas a várias famílias e amigos... sinceramente, confesso, eu não esperava receber tanto como incentivo, palavras de encorajamento para ir sempre adiante, e sinais de aliança, dentre outras coisas. Também aprendi muito de diversos grupos que encontrei. Fico sinceramente agradecido.
Sou obrigado a dizer que todos vocês me impressionaram muito. Nós, aqui, somos bem atentos àquilo que nos acontece, e que nos dá a oportunidade de aprender a conhecer. Dessa forma, não deixamos escapar o contato com outras culturas, outros hábitos e costumes. O “bom brasileiro” é assim. Eu não sei se posso me considerar um “bom brasileiro”; mas sei que assim é que eu vejo: PRESTAMOS BASTANTE ATENÇÃO PARA APRENDER. Sei bem que esta concepção já é conhecida, e é também característica de muitos outros povos; mas aqui, estar no mundo é não esperar muito, ao mesmo tempo que ser mensageiro de muitos mundos. O brasileiro é um ser complexo: “complexo como o povo, como a vida do povo. A luta pela sobrevivência o obriga ora a avançar, ora a recuar”. O sonho e a poesia, a dor e a nostalgia: esta é a ótica do meu povo. A cachaça, a luta, o mundo novo, a fé em Nosso Senhor Jesus Cristo e em Nossa Senhora Aparecida, negra, Mãe do povo.
Eu nunca seria capaz de dar um testemunho sobre os franceses, então eu dou apenas algumas impressões de fatos que me chamaram a atenção, em meio às muitas histórias que outros já contaram. É claro que minha maneira de ver a França é parcial, e até estreita; é um esforço pessoal e, além disso, por causa da língua, sei que perdi muita coisa.
Misturando tudo, juntando coisas, retirando muitas outras, assim somos nós daqui, assim sou eu, Dárcio, que falo a vocês e que agradeço pela oportunidade que tive.
Bem. Eu creio que aproveitamos bem esse breve período (sorte de ter tido Gaby como guia; outro não teria me mostrado tão bem o que existe de melhor na França, como ele o fez).
...“França, onde o trigo e o centeio, o vinho e o queijo amadurecem sob o sol da diversidade...” França, como um historiador já disse, significa “diversidade”. É verdade. Ah! Isso eu confirmo. Recordo-me de algumas dessas coisas diversas. Eu vi “as maravilhas do Val-de-Loire”, nós conhecemos o Castelo de Chambord, e são surpreendentes as grandes escadarias à “dupla revolução”[1]. Coisas novas para mim. É a pequena França, vista sob certo ângulo, sob uma ótica quase já conhecida através de livros e filmes. Mas, não se preocupem. Não falarei de seus castelos, de seus pratos e de tantas outras especialidades de seu povo. Não, mas... é difícil não falar de coisas tão diferentes e tão lindas, como o “Centro Internacional de Reflexão Sobre o Futuro”. Vale a pena conhecê-lo. Como esquecer a Igreja de Vézelay, “um nome que cativa a imaginação, antes de ser uma imagem que encanta o olhar e emudece o coração”? Continuando, olhares sobre Tournus (Abadia de São Felisberto), sua arte romana, sua cripta, e a linda imagem de Nossa Senhora Morena (do século X, ou do XII?) EU GOSTEI MUITO, mas por mais que eu me esforce, não havia ali do que me apaixonar, do que me encantar. Em seguida, como não falar da Abadia de Nossa Senhora de Acey, da Igreja de Santo Anatole de Salins e de Nossa Senhora Libertadora (a Virgem com o Menino Jesus bem nutrido em seus braços: será que Jesus é sempre assim gordinho nas imagens francesas?). Virgens tão belas e europeias, elegantes e puras, enquanto há tantas mulheres do povo (tantas Marias, como dizemos por aqui), lavadeiras, operárias, mulheres exploradas, que existem pelo mundo?
Não há como deixar de comentar sobre DIJON: a groselha, a corujinha da bela igreja de Nossa Senhora de Dijon[2] (Oh, meu Deus! Quantas igrejas!). Eu falo também de São Lourenço de Grandvaux. Mas, mesmo isso tudo não me “ardeu o coração”; e ainda tem a Comunidade de TAIZÉ[3] e os bons momentos vividos com todos aqueles jovens, que falavam, falavam, falavam... e eu não compreendia quase nada; todos eles vindos de diferentes lugares, mas todos buscando uma mesma coisa: a igreja da reconciliação, tão agradável. Mas isso ainda não me convenceu. Não era isso ainda que nos “abrasaria” a emoção e o coração. Tudo isso é novidade, surpresa, é algo de inédito. Mas, eu creio, verdadeiramente creio, que as obras faraônicas, corredores góticos e monumentos históricos, seja aqui, seja acolá, ISSO NÃO É NADA. Explico-me: Isso não é nada se comparado a algo muito maior, universal e principal, que é a AMIZADE, a ACOLHIDA, a HOSPITALIDADE, e o AFETO que vocês nos manifestaram. Isso nos falou mais profundamente, diretamente ao coração; senti-me EM CASA. E, para mim, não
custa nada evocar, por exemplo, Madame Suzanne Fumey-Badoz, Lucette, o Pe. Roland Vacelet, o “Patriarca” (Jean Tribut), Janine, Jean-Luc, Marie-Thérèse, Joseph, Bernard e os amigos padres de São Lourenço, nossos queridos vizinhos Sr. e Sra. Kirsthaler, e Virginie, Catherine, Christophe, Michel Cohendet, tia Odette, entre tantos outros. Todos estão gravados em meu coração; não são apenas simples imagens com palavras distantes. É um algo mais. Uma grande troca foi iniciada. Tantas e tantas visitas, debates e reuniões, muita coisa ainda permanece, como questionamento e reflexão, em meio a tantas e variadas coisas, fomos captando pequenos traços e manias dos franceses. Apreciei bastante o interesse, o nível das perguntas, tudo com muita objetividade, e uma real sensibilidade a propósito dos diversos problemas e aspectos do nosso Brasil e das coisas que nos afligem: a fome, a seca, o analfabetismo, os problemas econômicos, os salários, o desemprego, o imperialismo norte-americano, etc. Apreciei também o interesse demonstrado pelo povo brasileiro, suas esperanças e seus projetos, ao que sejam as CEBs (Comunidades Eclesiais de Base), à teologia da libertação, aos jovens e sua força, mas também à sua marginalização; em síntese: à realidade sociopolítica e cultural. E, por falar de cultural: é bom falar do nosso carnaval, do samba (“quem não gosta de samba, bom sujeito não é; é ruim da cabeça ou doente do pé”). Descobrimos juntos que o povo brasileiro quer um projeto de fraternidade. Sei que muitos compreendem e aceitam a realização desse projeto. Outros fingem não ouvir tais apelos. Mas... eu sei que aqueles que se colocam mais próximos dos problemas e questões relacionadas ao Terceiro Mundo, o são verdadeiramente, e que eles creem na organização do povo. Nós que acreditamos no projeto do povo, podemos dizer que existe muito a fazer. É bom eu dizer a vocês AQUILO EM QUE ACREDITO: NO POVO QUE SE ORGANIZA. É muito bom saber que existem, na França, companheiros que escutam e observam com atenção, e sabem que o povo unido, com coragem e força, fará sua própria história com as mãos. Sem falar nessa presença constante que nos alimenta: DEUS, Pai dos povos.
Aqui, não somente no campo, mas também nos bairros e cidades, ouvimos o grito desesperado de crianças, homens e mulheres: “não há mais pão para nós!” E aí na França eu vi muitas pessoas, conscientes de suas responsabilidades, que querem viver seu papel de cristãos nessa sociedade de consumo e numa Igreja que, ao que me parece, não tem muito crédito. Tive também a ocasião de ter uma breve conversa com um padre permanente do CCFD (Comitê Católico contra a Fome e pelo Desenvolvimento). Ele me deu um cartaz que diz: “Contra a Fome, vale o esforço de todos”. Esse cartaz me fez permanecer unido a suas reflexões e a suas ações. Já fixei esse cartaz em meu quarto. Obrigado!
Apesar de eu ler pouco – por causa da língua, que torna difícil a comunicação – acompanhei muitas informações enquanto estávamos aí.
Nós vimos a catástrofe da mina de Forbach (22 mortos).
Eu acompanhei, rapidamente (como me foi possível pela falta de melhores dados) o que se dizia sobre o líder da Frente Nacional, de extrema direita: LE PEN.
Achei incrível o fato de ver tantos cartazes com a foto desse cidadão: fiquei boquiaberto. Sei que a questão é mais complexa, desculpem-me se não conheço a fundo. Aqui no Brasil, as fotos dos inimigos do povo também se espalham, seja de militares, de civis, ou outros... Mas creio que o mais chocante é de saber que esse francês conta com o apoio até de católicos!!! Mas, seria isso possível? E vai continuar sendo assim? Eu li aqui, no “Jornal do Brasil”, que a Frente Nacional Francesa, fundada há 13 anos, não era senão um obscuro partido que, associado a outros grupinhos de extrema direita, conseguiu apenas 0,35% de votos na eleição de 81, mas que esse percentual aumentou consideravelmente.
Vi também, enquanto estávamos na França, flashes de jornal; “Tortura nunca mais!” (ação de cristãos pelo fim da tortura). Sei também que os artigos falavam da situação de outros continentes e, em particular, da tortura praticada aqui em nossa América Latina, e da Ditadura Militar que devasta nosso país.
Vimos o problema do catecismo nacional: a insistência do Vaticano que quer satisfazer milhares de integristas. Para falar ainda um pouco mais da Igreja, conheci padres realmente engajados numa perspectiva bem evangélica, e com a preocupação com marginalizados da sociedade. Encontramos muitos leigos querendo participar no seio da Igreja assim como participam na vida da sociedade. É ISSO MESMO QUE É PRECISO FAZER!!!
Achei engraçado o questionamento de alguns padres: “Por que – e qual a importância – de um missionário francês no Brasil?” Minha resposta: “Venha e veja! E, se possível – quem sabe? – você compreenderá e poderá contribuir na construção e fortalecimento das comunidades cristãs em meio popular. Nós não evangelizamos para amenizar os conflitos sociais, mas em vista da união e organização do povo”. Para vocês que me puseram essa questão, nós não fazemos teoria, e nem é uma forma de utopia; o que fazemos é a solidariedade visível, e a continuidade da luta...
Nós acompanhamos a visita do Papa ao Peru. João Paulo II denunciou “o egoísmo das minorias que estão no poder” (Le Monde de 5/02, p. 6). Ele disse coisas lindas ao povo. Que pena que, mais recentemente, ele nomeou cardeais altamente conservadores, isto é, da mesma linha de trabalho que ele.
Durante nossa curta estadia, ouvi falar do desemprego, da Anistia Internacional, da Nova Caledônia... – “Como vai a economia francesa: Choque ou inércia para a economia francesa?” (Le Monde, 19-20/02) - ... a proximidade dos problemas da África, do Líbano, em meio a tantos conflitos mundiais.
Com a foto do Campo de Koren, na Etiópia, um dossiê da revista “Témoignage Chrétien” dizia: “A grande importância da ajuda emergencial é de salvar vidas humanas, e isso não tem preço. O risco é o de convencer os doadores e os beneficiários de que o Terceiro Mundo é um hospício planetário, aberto à generosidade beneficente das populações favorecidas dos países industriais”.
A TV dava algumas informações sobre a América Latina: No Chile, a terra treme: 129 mortos e muitos feridos.
Vimos o dossiê marcante, e bem ilustrado, de uma revista (La Vie): “América Latina: a prece e o grito”. Não tive necessidade de tradutor: as fotos e os fatos diziam por si mesmos a qualidade do texto.
O Canal 2 da TV francesa mostrou, pela primeira vez, o Carnaval do Rio. Ver e ouvir pela TV o povo cantando e dançando o samba, de um lugar tão distante, não é a mesma coisa que se deixar conduzir pela voz e pelo gesto, atrás dos blocos de carnaval, mas...
No mesmo Canal, vi um programa especial sobre Jacques Brel, que eu ainda desconhecia. Fantástico! Isso também é a França! Os cantores e cantoras, as canções, ritmos e letras diferentes, me encantaram.
Parece que, enquanto estávamos aí, acontecia o 25º Congresso do PCF[4]. Para nós, aqui, é bem uma novidade falar de um Congresso desse tipo, já que aqui o Partido é clandestino.
Vi também, num outro informativo (Inter Peuples, do CFEI: Centro de formação e relações internacionais da JOC) um artigo sobre a juventude brasileira. O conteúdo era sugestivo: “No Brasil... o futebol ou o samba? Qual solidariedade? Trabalhar a qualquer preço! Jovens se organizam em contraposição”.
Assisti a uma reunião do Movimento Popular dos Cidadãos do Mundo (MPCDM). Eles falaram da Nicarágua. Conversei com uma mãe cujo filho está no serviço da nova sociedade sandinista, trabalhando pelo povo latino-americano. Adorei essa mãe, seu bom espanhol, senti sua emoção e sua força. Eu te saúdo, Bernadete.
Vi muita gente querendo ouvir falar da Esperança dos brasileiros. Descobri homens e mulheres – irmãos de nossos irmãos, irmãos de todo o povo – que falavam de problemas das comunidades e os sentiam, da vocação e organização popular como se fossem um de nós aqui. Esses homens e mulheres nos veem, e eu acho interessante saber o que eles pensam de nosso país, de nossa cultura, mesmo eles vivendo longe. Acho que já não existe mais – ao menos para vocês, leitores dos EV – essa visão, lendária e errônea: “A Europa é o centro”, o lugar onde nascem a tecnologia e os grandes pensadores (o que se pensa e o que se diz). E a periferia seríamos nós, que seríamos os consumidores de toda a ideologia do que chamamos Primeiro Mundo. Eu sei que já não somos mais considerados como periferia, pois já existe uma preocupação autóctone, ou ao menos nós ensaiamos de descobrir o que é realmente nosso.
Aqui eu conheço as aspirações populares as mais legítimas e nós trabalhamos para isso a fim de que nossa cultura não seja mais estranha, nem estrangeira, até para nós mesmos.
Ah! Franceses, se vocês soubessem – e eu sei que muitos já o sabem – que a língua diferente, a variedade de costumes, de tradições e de culturas populares fazem também existir a América. Ah! Franceses, se vocês soubessem – e isso não são muitos os que o sabem – que o principal fator de diferenciação entre nossas sociedades (América Latina e Europa) é, sem dúvida, o desenvolvimento econômico desigual. É porque passamos a vida inteira ouvindo dizer que existe um povo mais rico, do lado de lá... Então a gente quer conhecer. E antes de conhecer, imagina-se, tecem-se mil comentários e ideias. E nosso lado latino-americano grita, urra de dor e revolta e...
E mesmo quando eu estava aí, no meio de vocês, a imagem de meu povo, de suas experiências, de suas expressões e de seus gestos concretos, me acompanhava.
Jamais chegaremos a dizer o segredo de todos os mistérios e de todas as lutas do povo heroico e resistente. “Não é possível conhecer os franceses em cinco semanas”, me disse Joseph Maire. Então... é melhor falar do que eu conheço. Voltemos ao nosso Brasil. É UMA CONSTANTE.
É suficiente ver as manchetes de jornal, e o cotidiano de nosso povo nas grandes capitais, e mesmo fora delas. Quando voltamos encontramos tantas coisas que já haviam mudado, e outras que ainda viriam... Vejamos um pouco:
Bom, meus caros amigos, em todos esses eventos e impressões existe um regionalismo, um pouco de poesia de minha terra.
Eis o que nos interessa:
“Contratempos, lutas, duras batalhas,
Contudo, e apesar de tudo,
Nada impediu a força desse amor!
Amor que tem raízes
Sustentando a terra de nossos sentimentos,
Em tempos de erosão”
É isso mesmo, amigos. Apesar de tudo nós não podemos sair da luta; nós não podemos parar. Nós amamos nosso povo e suas raízes. É o povo que nos ensina falar assim, tão diretamente, e a VIVER a prática do Evangelho:
“Eu creio em ti, companheiro, Cristo humano, operário,
De tua morte, vencedor.
Com teu sacrifício imenso projetaste o novo homem para a libertação.
Tu estás ressuscitando em cada braço que se ergue
para defender o povo do domínio do explorador,
porque estás vivo no campo, na fábrica, na escola.
Creio na tua luta sem trégua; na tua ressurreição”
E é este mesmo povo de Deus que resiste, que grita por respeito e por seus direitos e que luta. Seja em Vitória ou no Chile, ou não importa onde.
Para terminar, gostaria de dizer que não sei se atingi meu objetivo de falar de minhas impressões sobre a França. Teria muito mais a contar, e, por fim, comecei a falar do Brasil e misturar tudo. Gostaria de saudar cada um de vocês e, de maneira especial, aqueles com quem eu estive mais próximo durante essas cinco semanas, em pleno inverno francês... a neve inesquecível, ainda que triste.
Não, eu não esquecerei Port-Lesney, essa pequena vila repleta de pessoas amigas. Vou ficar esperando por vocês. A lembrança vai se dissipando, assim como a neve que derrete... mas que retorna um dia... e assim como a neve volta, eu os verei novamente.
Um ABRAÇO afetuoso a todos.
Dárcio
Peguei de volta a caneta somente para também me despedir de vocês, esperando que o nº 18 dos “EV” não demore muito para chegar até vocês. E eu espero também que vocês apreciem este número especial dos “EV”. Eu o saberei sem dúvida em breve. Com toda a minha amizade.
Gaby
[1]Escadarias à dupla revolução (“Scalier à double révolution”): é um harmonioso conjunto de duas escadarias em espiral, que se entrelaçam sem se cruzarem; onde uma pessoa pode descer, enquanto outra sobe, sem se encontrarem. Fica no Castelo Chambord, construído no século XIV.
[2]Trata-se de uma coruja esculpida em um dos lados da igreja de Dijon, famosa entre os habitantes locais, que a tocam ao passar, fazendo dela uma espécie de amuleto.
[3]Taizé é uma comunidade religiosa de irmãos e irmãs que vivem os votos de consagração a Deus. Para lá migram – o ano todo – milhares de jovens de todo o mundo.
[4] Partido Comunista Francês