L'association "Les amis de Gabriel MAIRE" a été créée après l'assassinat de Gaby au Brésil le 23 décembre 1989. . A associação "les Amis de Gabriel Maire" foi criada depois da morte do Padre Gabriel em Brasil o 23 de dezembro de 1989.
WE de partages et rencontres avec Pedro et Teresa A. Ribeiro de Oliveira. Dimanche au Centre Biblique. Photo François Phliponeau
Vitoria, dimanche 15 décembre 2019
« QU’ETES-VOUS ALLES VOIR AU BRESIL ? UN PROPHETE ! » (Luc 7, 26)
Au moment où nous quittons la maison de Teresa et de Pedro, je prends intensément conscience du don qui nous est fait d’avoir entendu de leurs bouches, quel a été le travail de Gaby et des Communautés Ecclésiales de Base (Ceb’s). Teresa et Pedro ont connu Gaby au moment où il arrivait à Cariacica. Teresa avait une responsabilité dans la paroisse. Pedro a rencontré Gaby pour la première fois dans une évaluation où Gaby l’avait invité en tant que sociologue.
Et hier, durant toute la journée, nous avons écouté Teresa et Pedro. Nous avons reçu d’eux ce qu’ils avaient recueillis de Gaby : son intuition de la relation qui existe fondamentalement entre « foi et politique. » Ce que Gaby a donné et ce qu’il a su recevoir d’eux, c’est ce qui a beaucoup contribué à instaurer le mouvement « Foi et Politique »
J’ai envie de te dire Gaby : «Dans l’éducation de ton être, il t’a été beaucoup donné. Tu as su aussi recevoir la capacité d’analyser ce qui nous opprime et en même temps projeter ce qui va nous libérer et nous rendre heureux. Tu nous as appris comment y travailler dès aujourd’hui en nous relayant les uns aux autres. Tu me fais beaucoup penser à Jésus lisant Isaïe. Tu as fait de même en lisant Jean Jourdain qui lisait Henri Godin qui nous ont tant marqués durant nos années de séminaire dans le Jura. C’est pour cela que nous t’appelons et te chantons « Profeta Gabriel ».
Ce que j’ai retenu et que je ferai conforter par ce qu’écrivent Xavier de Maupeou, Gustavo Gutiérres et Léonardo Boff :
Nous arrivons au CEBI (Centro de Estudos Bíblicos). La célébration de la messe se prépare : Joana, Cleunice, Jovanir et Angela ainsi que Penha y travaillent intensément.
Je me trouve à côté d’Angela professeur de français à l’Université. Je lui demande si elle a connu Gaby. Elle me répond : « J’ai connu Gaby lorsque j’étais jeune. C’était un de nos formateurs. Les CEBs existent encore, mais ce n’est plus la même chose. On n'a plus les mêmes chemins dans nos luttes pour la défense de l’égalité et de la justice comme nous le faisions à l’époque de Gaby … »
La célébration est commencée. Après l’évangile, il y a un partage de ce que chacun ressent. A un moment je dis : « Quand nous avons quitté la France pour venir chez vous sur les pas de Gaby Maire, des amis nous ont dit : « Qu’est-ce que vous allez faire au Brésil, à propos de Gaby Maire ? ». De même, Jésus demande aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Qu’est-ce que vous êtes allés voir ? Un prophète ? Oui et bien plus qu’un prophète. » De même, nous sommes venus depuis le Jura à Vitória… Nous faisons une sacrée démarche, un déplacement de nos êtres. Nous venons chercher notre héritage. Nous sommes venus voir, entendre, comprendre, que Padre Gabriel, de chez nous est venu chez vous. C’est chez vous qu’il a été et demeure un prophète. Il l’était déjà chez nous, nous avons eu du mal de le reconnaitre : Profeta Gabriel. C’est là, chez vous qu’il est devenu pleinement disciple de Jésus et que vous cherchez toujours à continuer à le devenir avec lui, en sa compagnie. Qu’est-ce que nous apporte le fait de devenir disciples de Jésus ? Continuer à laisser créer des liens entre Jésus et nous, entre nous tous, afin que nous parvenions ensemble à l’héritage. Commençons par la reconnaissance des plus démunis, tendant à ce qu’il n’y ait « pas d’exclus pour la fête » comme nous le chantions à la JOC. Ainsi nous découvrons et apprenons à relier « foi et politique » dans chacun de nos comportements.
Dans cet intense moment de prière, je me dis : « Qu’es-tu venu faire au Brésil ? » Je suis venu chercher comment ne rien laisser de côté, ni les plus petits, ni les plus éprouvés. Je suis venu pour apprendre à nous rencontrer hommes et femmes, comme toi Jésus, tu as su envisager et rencontrer les femmes et les hommes qui étaient sur ton chemin. Tu as su voir les femmes que tu rencontrais dans le respect de leur dignité. Tu as su te laisser envisager et reconnaitre par elles, dans la merveilleuse dignité de ton être d’homme, fils de Dieu. Tu nous communiques la manière dont tu as regardé et rencontré les femmes que tu trouvais sur ton chemin en compagnie de tes disciples. Tu nous donnes ce que tu es devenu sous le regard de ces femmes.
Qu’est-ce que je suis venu faire au Brésil ?
Je suis venu sur les pas de Gaby Maire ramasser sa façon d’envisager les femmes et jeunes filles dans toute leur merveilleuse dignité. Qu’est-ce que vos façons de regarder, voir et envisager les êtres humains, se ressemblent, Jésus et Gaby !
Il y a quelqu’un aussi qui sait réaliser tout cela, c’est le pape François qui dit ces mots que je trouve mis en valeur dans la bibliothèque du Cercle Biblique (CEBI).
« A mulher tem uma sensibilade particular pelas coisas de Deus sobretudo para nos ajudar a comprehender a misericordia, a ternura e o amor que ele tem por nos. » (Francisco.)
«La femme a une sensibilité particulière pour les choses de Dieu surtout pour nous aider à comprendre la miséricorde, la tendresse et l'amour qu'il a pour nous. » (François.)
Je suis heureux d’entendre et reconnaitre au profond de l’eucharistie que Jésus et Gaby nous regardent avec confiance et amitié et qu’ils disent à propos de ce que nous disons et faisons : « Prenez et mangez, ceci est mon corps … Prenez et buvez, ceci est mon sang … »
Lucien Converset