L'association "Les amis de Gabriel MAIRE" a été créée après l'assassinat de Gaby au Brésil le 23 décembre 1989. . A associação "les Amis de Gabriel Maire" foi criada depois da morte do Padre Gabriel em Brasil o 23 de dezembro de 1989.
Gabriel Maire, un prêtre jurassien, part en 1980 au Brésil, à Vitoria, dans l'Etat de l'Espirito Santo. Très vite il partage la vie des gens de là-bas et prend parti pour les plus pauvres.
Il défend surtout ceux qui sont chassés des terrains où ils essayent de s'installer, par des gens peu scrupuleux qui fournissent à la police de faux titres de propriété. Il reçoit alors des menaces de mort et le 23 décembre 1989 il est assassiné. Assassinat camouflé en crime crapuleux, mais ceux qui le connaissaient bien savent que ce crime était commandité.
A la suite de ce meurtre, la famille s'est portée partie civile en France, un juge parisien a été désigné : Me Guy Aurenche, avocat parisien, spécialiste en droit international.
A Vitoria, c'est l'Archevêché qui s'est porté partie civile et Me Ewerton Guimarães a pris en charge le dossier.
En 1991 un premier jugement a été rendu, condamnant trois exécutants du crime, la mort de Gabriel Maire étant reconnue comme crime crapuleux. Ce jugement ne donnant satisfaction à aucune des parties civiles, Me Ewerton dépose un recours, fournit des preuves indiquant que ce crime était prémédité et commandité.
Les preuves étaient le témoignage de deux personnes se trouvant sur place au moment des faits. Ces deux témoins ont été assassinés, ce qui a provoqué indignation et une grande émotion dans la région. La procédure a suivi son cours sans grand résultat.
En août 1999, un groupe de trente personnes (adhérents, sympathisants de l'association.) s'est rendu au Brésil, à Vitoria en particulier. Cet événement a été très positif, tant par les rencontres que nous avons eues là-bas que par les campagnes de presse au Brésil et en France. Ce qui a fait un peu bouger les choses.
En juillet 2001, le juge français lance une commission rogatoire auprès de son collègue brésilien. Le rapport de cette commission a été rendu au juge français en 2003.
En mai 2002, Me Ewerton décède. Des démarches sont alors entreprises pour nommer un nouvel avocat. Ce n'est qu'au printemps 2003 que Me Fransisco Herkenhoff est retenu. La famille Maire lui donne procuration pour suivre le dossier.
Le 10 septembre 2003, un juge de premier degré rejette l'appel fait par Me Ewerton en 1991. Le 22 septembre 2003, Me Herkenhoff fait appel de ce rejet ; depuis, l'avocat n'a jamais eu d'accusé de réception de son envoi.
En janvier 2006, lors d'une rencontre de travail entre F. Herkenhoff, Carlita et Roberto da Silva, Claudio Vereza député, Marcel Cortey en séjour au Brésil (prêtre français, ami de Gaby) et Verônica, jeune avocate, très engagée dans la lutte pour les Droits de l'Homme, Verônica propose ses services pour examiner le dossier en accord avec F. Herkenhoff.
Après quelques semaines de travail, le 13 avril 2006 Francisco et Verônica font à nouveau appel, déposent un dossier très complet, mentionnent un fait déterminant : une déposition recueillie par la police civile, le 29 octobre 1996, pièce qui n'avait jamais été jointe au dossier.
Le texte de la déposition est le suivant : "Jessé et Maria (les témoins), ont entendu, depuis le fourré où ils se trouvaient, un unique coup de feu ; l'auteur du coup de feu est sorti du véhicule, a retiré le prêtre du volant et l'a déposé au fond de la voiture". Eléments décisifs qui montrent la réalité des faits.
Nos amis brésiliens, nous mêmes, nous mobilisons à nouveau pour que la vérité soit faite. Après plusieurs échanges de courrier, nous décidons d'inviter Verônica à venir en France pour mieux connaître la famille Maire et l'association. Date est prise pour la mi-mai, nous attendons Verônica et Carlita. Le 16 mai 2007 Verônica et Francisco sont convoqués au tribunal. A l'issue d'une plaidoirie très pertinente faite par Verônica, le juge, ainsi que deux autres, admet que le crime avait été commandité.
Ce juge charge la police fédérale de reprendre l'enquête. Le procès revient à la case départ, avec, pour objectif, la recherche d'autres exécutants et commanditaires du crime. Cette décision a fait la une de journaux brésiliens et internationaux.
Ensuite, visite de nos amies Carlita et Véronica et leurs interventions à l'assemblée du 16 juin 2007, à Port Lesney. (Voir ci-dessous)
Le 30 août, la police fédérale remet les conclusions de l'enquête, confirmant alors que c'était un crime crapuleux. Grande déception chez nous et au Brésil. Mais la mobilisation reprend. Verônica et Francisco examinent en profondeur le document de la police fédérale et décident de s'appuyer sur cette enquête pour reprendre la leur et réfuter le rapport fédéral.
Le procès est maintenant à la 3ème chambre criminelle de Vila Velha. Le dossier n'est pas archivé, ce qui est un bon signe. Un interrogatoire de l'un des accusés ainsi que des auditions de témoins devaient avoir lieu le 19, puis le 26 octobre. Ils ont été reportés pour des raisons de procédure. Verônica garde confiance.
Marcel Schouvey
Publié dans les Echos de Vitoria n°70