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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 21:51

APPEL DES PRESIDENTS DE SEPT ORGANISATIONS CHRETIENNES AUX FRANÇAIS QUI VONT VOTER

CONSTRUISONS ENSEMBLE UNE SOCIÉTÉ SOLIDAIRE

REFUSONS DE TOLÉRER L’INTOLERABLE

 

La crise est là, partout, sur toutes les lèvres et fait la une de tous les médias. La société française est fragilisée, pire encore, elle risque de se briser parce qu’une partie croissante de ses membres bascule dans la précarité et la misère.

 

Pouvons-nous plus longtemps tolérer l’intolérable ?

Tous les Français seraient gravement touchés si à force de laisser-faire, à force de se réfugier derrière les fatali­tés trop souvent évoquées que sont devenus le marché, la croissance ou plus généralement l’état du système financier mondial, ils s’accommodaient de ce scandale.

L’actuelle campagne présidentielle est inquiétante. Un catalogue de mesures quelle que soit leur opportunité, ne peut se substituer à l’élaboration de projets et de choix de société. Quelle société voulons-nous ?

Faut-il ne retenir que les seuls indicateurs macroéco­nomiques comme critères de ce qui est bon pour la France ? Faux-semblants, promesses non tenues, recours aux bouc-émissaires suscitent notre indignation. Nous en avons assez des « petites phrases » qui divisent et des formules qui clivent à des fins exclusivement électorales. Mais nous indigner ne suffit pas. Nous avons notre part de responsabilité dans les choix qui vont être faits.

Nous voulons que l’économie soit à la mesure de l’homme et non l’inverse. Nous voulons que l’honneur de notre pays et de nos institutions se traduise dans la lutte contre les exclusions.

 

Exclusion des plus pauvres

De plus en plus de Français, malgré des revenus issus d’un emploi n’arrivent plus aujourd’hui à vivre dé­cemment. Les plus démunis s’enfoncent, les plus mo­destes décrochent. Le chômage est là, tenace, durable. Il s’accroît et affecte principalement les femmes et les jeunes. Nombre d’entre eux sont en situation de détresse économique, sociale et familiale. L’accès des jeunes à l’autonomie est de plus en plus difficile : 25% des sans domicile fixe sont des jeunes de 18 à 24 ans. 15% de la population française ne se soigne pas faute de moyens. C’est une atteinte à la dignité humaine.

 

…des mal logés

3 600 000 Français vivent dans une situation aigüe de mal logement – 665 000 personnes sont privées de domicile personnel dont 113 000 sans domicile fixe. Le logement est devenu une source majeure d’exclusion et un facteur aggravant des injustices et des inégalités.

 

…des personnes seules

La solitude s’installe chez un tiers de nos concitoyens, sans que notre société accorde une attention suffisante à la pauvreté de l’homme qui n’existe pour personne. Cette solitude pesante touche notamment les personnes âgées, les femmes et les jeunes. Le plus souvent cachée et masquée, elle est un déni de cette fraternité qui est au fondement de notre République. En ce domaine cha­cun peut pourtant faire quelque chose.

 

…des personnes souffrantes et fragiles

Face aux fragilités et souffrances humaines, nous avons une responsabilité vis-à-vis des plus vulnérables, ceux également dont on décidera peut-être un jour que leur vie ne vaut pas la peine d’être vécue.

 

…des migrants et des étrangers

Il est urgent de respecter les droits des migrants et de leurs familles, premières victimes d’un monde qui cherche ses équilibres. L’autre, l’étranger doit être considéré non comme un fardeau aux marges de la société, exploitable et exploité mais comme un être hu­main qui prend part à la vie de la Cité. L’hospitalité n’est pas synonyme d’aide ou de charité. Elle signifie accueil de l’autre dans le respect des principes fonda­mentaux du vivre-ensemble. En particulier les pouvoirs publics ont le devoir d’accueillir et de protéger les en­fants migrants livrés souvent aux mains de réseaux.

 

Au-delà de la France : refus des échanges inégaux

De l’autre côté de la planète, des émeutes de la faim éclatent. Des paysans africains et sud-américains luttent pour ne pas être dépossédés de leurs terres. Les multina­tionales réalisent des profits grandissants au détriment des populations privées de ressources précieuses. Il est urgent de les mettre face à leurs responsabilités. Urgent de combattre sans merci l’évasion fiscale et d’en finir avec les territoires de non-droit. Urgent de réguler les marchés agricoles et financiers. Se nourrir est un droit : il ne doit pas être soumis à des spéculations boursières ou autres.

 

Nos responsabilités - Tout ne dépend pas de l’État

Si les grandes orientations politiques dépendent de l’Etat, elles dépendent tout autant de nos pratiques or­dinaires. Nos propres manières de vivre ont des consé­quences économiques, sociales et écologiques. Nous devons faire des choix en matière d’éducation (scola­rité, vie de famille, tiers lieux éducatifs) pour construire un monde accueillant aux nouvelles générations.

Eduquer à la sobriété, à la solidarité, à la justice sociale, à la préservation de l’environnement, à la compréhen­sion de la nature et de ses écosystèmes est aujourd’hui un enjeu majeur de société.

Se laisser toucher par les pauvretés et les injustices so­ciales et économiques, nationales et internationales, ne relève pas simplement de l’émotion d’un moment ni d’un don financier passager mais doit nous pousser aussi à un engagement personnel et à des choix et des décisions relevant du politique.

« J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger… »,

« J’étais un étranger et vous m’avez accueilli »…

Pour nous chrétiens, ces paroles du Christ (Matthieu 25) éclairent nos choix, pas seulement en temps d’élec­tions. Avec tous les croyants et incroyants qui désirent la justice nous refusons de tolérer l’intolérable.

 

Ensemble nous pouvons construire une société solidaire.

 

Cet appel, à l’initiative de Confrontations, Association d’Intellectuels Chrétiens, est lancé par les sept présidents des organisations suivantes : Guy Aurenche /CCFD-Terre Solidaire, Bruno Dardelet / Société de Saint-Vincent-de-Paul, Françoise Parmentier /Confrontations AIC, Patrick Peugeot / Cimade, François Soulage / Secours Catholique, Gilles Vermot-Desroches /Scouts et Guides de France, Denis Viénot /Chrétiens en forum.

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 20:56

J1-55.JPG

 

Qui, dans la région ne connaît le Père Lucien Converset, Lulu, comme tous l'appellent familièrement ? Les amis de Vitòria, rencontrés en 1999, se souviennent aussi de lui, bien sûr.

Lulu est un homme au coeur du monde, au milieu des hommes, un prêtre vivant vraiment l'Evangile dans la vie de tous les jours, avec tous, un être exceptionnel. Il va au devant des autres, les bras toujours grands ouverts. Sa simplicité, sa chaleur humaine, son sens de l'écoute, son amour pour tous (en particulier les plus faibles, les plus démunis, ceux qui souffrent), sa discrétion, son humour, son côté serein, rassurant et apaisant font que c'est un "Sage". Il suscite l'espérance.

Depuis longtemps il avait décidé que dès sa retraite, à 75 ans, il entreprendrait ce voyage à pied, avec un de ses ânes, en direction de Bethléem. Et ce temps est arrivé. Il peut enfin réaliser son rêve, permettant de "découvrir qu'on peut toujours se mettre en marche"…

Ses adieux à Salins ont réuni plus de mille personnes venues de partout afin de lui témoigner leur amitié et leur reconnaissance pour tout ce qu'il leur a apporté de façon si généreuse.

Quittant Salins, son domicile, le 23 mars au matin, avec son âne Isidore, Lulu a voulu que sa première halte, le soir, soit Port-Lesney, pour se recueillir sur la tombe de Gaby, son ami de toujours, avant de partir pour ce long périple (5 400 km). Il m'a fait un grand honneur et un grand plaisir en me proposant de passer la soirée avec sa famille et des amis à la maison et d'y dormir avant de prendre la route samedi 24 au matin pour son village natal de Dampierre.

J1 Lulu et ses amis

 

J1 receuillement sur la tombe de Gaby 

 J1 Lulu et M.-Thérèse

Des amis nombreux et une vingtaine d'ânes de toute la région sont venus assister à ce départ de Port-Lesney et l'ont accompagné à pied jusqu'au sanctuaire Notre-Dame de Lorette pendant que les cloches sonnaient à toute volée pour lui dire au revoir. Beaucoup d'émotion pour lui et pour nous tous.

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Et le dimanche 25 mars, jour de l'Annonciation, on se retrouvait tous à Dampierre, les amis arrivant de partout pour lui témoigner encore leur sympathie et des marques d'amitié : poèmes, chants, etc. A sept heures du matin, au moment de l'angélus, nous avons respecté un moment de silence, que Lulu a demandé, pour penser aux prisonniers, que ce soit en prison ou "enfermés" en eux-mêmes.

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Lulu part heureux, espérant de belles rencontres simples et vraies : écouter, parler, échanger, donner et recevoir, être un trait d'union entre tous ceux qui essaient de changer le monde, persuadé qu'il y a beaucoup de choses à faire naître, connaître et reconnaître.

Il pense arriver à Bethléem autour de Noël.

Au revoir, cher Lulu, bonne route et bon vent à toi et à ton âne Isidore. Nous t'accompagnerons tout au long de ton voyage et serons auprès de toi à ton retour, nous l'espérons, pour entendre le récit de cette belle aventure.

Marie-Thérèse Maire

Voici le blog qui nous permet de suivre (un peu) les pérégrinations de Lulu :

http://luluencampvolant.over-blog.com/

Publié dans les EV 79 d'Avril 2012

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 16:37

Bonjour, c'est avec beaucoup de tristesse que nous apprenons, aujourd'hui même, 13 avril 2012, le décès de notre ami Joseph Tribut. Ami de Gabriel Maire, et premier Président de notre association, il avait su associer les souvenirs et l'affection qui le rattachaient à Gaby, avec sa responsabilité de défenseur de sa mémoire, en agissant inlassablement pour que le procès puisse se tenir et pour que ce qu'avait entrepris Gaby se réalise peu à peu.

Nous savons que toute la famille Tribut gardera présente cette mémoire fidèle, et l'assurons que les Amis de Gaby Maire feront souvent référence au dévouement de Joseph.

 

Maryse Marchand, avec Michel et Claudette

 Joseph-Tribut.jpg

Joseph (à droite) sur la tombe de Gaby en juin 2007

 

 

 

Adieu, Dedeph
C'est ainsi qu'on appelait, dans l'intimité, Joseph Tribut, notre cousin, qui nous a quittés ce 13 avril.

Ce fut lui le premier Président de l'association "Les Amis de Gabriel Maire", de 1990 à 1993. Nous l'avions choisi car il était très proche de Gaby et était le mieux placé pour donner sens et esprit à cette association que nous voulions dans la ligne de Gaby.

Il a toujours été présent et très actif, nous éclairant par sa sagesse et son bon sens lors des décisions difficiles et cherchant la paix dans tous les débats au cours des réunions du CA qu'il ne manquait jamais.

C'est la grave maladie déclarée il y a deux ans qui l'a obligé à arrêter, hélas, mais il continuait à s'intéresser et à suivre l'évolution de cette association qui lui tenait à coeur.

Nous sommes dans la peine et la tristesse avec sa famille, mais il nous accompagnera toujours.

Merci, cher Dedeph et adieu ou au revoir.

 

Marie-Thérèse MAIRE

 

Dans le EV 79 d'avril 2012 

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 15:07

Discours prononcé par Claudio Vereza, député de l'Etat de l'Espirito Santo,  à la Chambre des  Députés lors de la session du 1er octobre 2011

(…) Le dimanche 30 septembre s'est déroulée la Marche de l'Espirito Santo contre la Violence et l'Extermination de Jeunes, lors des commémorations de la Journée nationale de la Jeunesse et du vingt-cinquième anniversaire de la Pastorale des Jeunes, la PJ.

Ma première participation à la vie communautaire, c'était dans un groupe de jeunes, exactement en 1970, alors que j'avais vingt ans. A ce moment-là, j'étais déjà depuis cinq ans en fauteuil et (…)  je faisais partie de la bande de copains de mon frère Ricardo Vereza qui avait cinq ans de moins que moi. Il m'aidait à me déplacer dans la vieille Kombi de mon père pour aller aux diverses réunions de jeunes dans les quartiers de Vila Velha : Aribiri, Ataide, Cobilândia ; et ainsi de suite.

Je suis passé ensuite du groupe de jeunes au mouvement communautaire de Aribiri, une sorte d'association d'habitants et je n'ai jamais cessé d'y participer.

J'ai été très ému de participer à la Marche de l'Espirito Santo contre la Violence et l'Extermination de jeunes dimanche dernier. Trente mille jeunes ont marché depuis la plage de Camburi, conjointement avec les marcheurs d'Octobre Rose (marche contre le cancer du sein ndlt) jusqu'à la place du Pape. Cela a été une des plus importants rassemblements vus à ce jour dans notre Etat.

Sur ces trente mille, vingt neuf mille étaient des jeunes qui réclamaient la fin de la violence et de l'extermination d'autres jeunes. Et, dans un document remis au Gouverneur Renato Casagrande, ils demandaient aussi la création d'un secrétariat d'Etat de la Jeunesse, (…) qui mettrait vraiment en pratique une politique officielle de la jeunesse, déjà approuvée et transformée en loi par cette Chambre, lors du dernier vote secret,  projet dû à notre initiative, approuvé par ce pouvoir législatif et auquel le Gouverneur avait opposé son veto. Ce véto a été remis en cause lors d'un dernier vote secret et ce projet est devenu une loi de notre Etat.

(…) Monsieur le Président, je vais faire une déposition personnelle sur l'extermination de jeunes  ainsi que cela se passe quotidiennement dans notre pays.

Dans un intervalle de tout juste vingt jours, moi et ma famille avons été confrontés à l'assassinat de deux jeunes très proches de nous. L'un d'eux était le fils d'une femme qui travaille chez moi, une domestique, qui a été assassiné à seize ans seulement, il y a vingt jours. Aujourd'hui, je viens d'apprendre qu'un jeune de dix-neuf ans, qui avait lui aussi travaillé dans ma maison mais qui n'y travaillait plus, a été assassiné dans la commune de Mantenòpolis. Ces deux cas étaient liés à des problèmes de drogue.

Les trente mille qui ont participé à la marche du dimanche 30 septembre ne l'ont pas fait par hasard, ce n'était pas seulement parce que c'était la Journée nationale de la Jeunesse, ce n'était pas seulement parce qu'ils commémoraient le vingt-cinquième anniversaire de la Pastorale de la Jeunesse. Ce n'était pas seulement pour se divertir que ces jeunes sont venus de l'intérieur du pays pour marcher dans les rues de Vitòria ; ce n'était pas seulement parce que les évêques avaient demandé qu'ils viennent à Vitòria. Non ! C'était parce que des jeunes meurent pour des raisons futiles, brutalement et pratiquement gratuitement. C'est parce que la vie n'a plus de valeur dans les lois qui régissent le trafic de drogues, dans celles qui régissent les personnes compromises dans cette situation. Aujourd'hui, dans notre pays, dans notre Etat, des lois parallèles sont en vigueur qui sont des lois du trafic. Pour de simples petites dettes il existe une véritable peine de mort dirigée contre des personnes qui sont dans la tranche d'âge la plus productive, c'est-à-dire de quatorze à vingt-cinq ans.

Il est vrai que beaucoup de jeunes meurent aussi dans des accidents de la circulation. Les lois sur les infractions au code de la route existent, je suis d'accord, mais ce dont on a besoin, c'est que ces lois soient appliquées, qu'il y ait des politiques pour les faire appliquer.

On a besoin de petits ajustements dans la législation du code de la route. Par exemple, imposer à l'automobiliste le contrôle par l'éthylotest. A mon avis, l'éthylotest, contrairement à ce que certains disent, sert à prouver que l'on est dans la légalité. Celui qui est dans la légalité "souffle dans le ballon" et a la preuve qu'il conduit son véhicule conformément à la loi. (…) L'idée que le "ballon" est une preuve contre l'individu est équivoque, parce que si l'individu est dans la légalité, le "ballon" n'est pas un problème.

L'autre jour j'ai eu la joie d'être transporté dans ma voiture par mon fils Pedro ; nous avons été pris dans un contrôle de gendarmerie, on a demandé à mon fils s'il acceptait de souffler dans le ballon et il a accepté. Il a soufflé, est revenu à la voiture, heureux et fier et m'a dit : "Papa, j'ai soufflé dans le ballon et prouvé que je suis en état de conduire la voiture." Il était tout fier, mon fils Pedro Cogo Lodi.

Alors, je salue la Pastorale de la Jeunesse, les diocèses et les plus de trente mille jeunes qui ont marché dimanche en réclamant des politiques de prévention de cette véritable extermination qui existe aujourd'hui, causée par la violence de la drogue, de la circulation et par d'autres formes de violence de notre société.  

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 19:34
Le samedi 19 novembre, à partir de 15 heures (il y aura aussi d'autres causeries) Rémy Gaudillier donnera une communication sur les Citoyens du Monde : ses débuts...le Mouvement Populaire des CDM lancé par Gaby Maire etc.
Cela se passera à la salle des Archives Départementales à Lons Montmorot.
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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 18:51

Nous avons appris avant-hier la condamnation à perpétuité de celui qui fut le tortionnaire des soeurs franc-comtoises Léonie DUQUET et Alice Dom, assassinées il y a trente-quatre ans.

Nous nous réjouissons du communiqué de l'ACAT : Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture, reliant cet événement à la recherche des véritables assassins de Gaby (les commanditaires). Nos amis de Vitòria se consacrent à cette tâche depuis vingt-trois ans, malgré les lenteurs de la justice et les menaces qu'ils reçoivent. Gaby était français, franc-comtois lui aussi, nous nous devons de les accompagner dans leur combat.

 

Le jugement qui vient d’être rendu à Buenos Aires confirme enfin, vingt-et-un ans plus tard, la condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité prononcée le 16 mars 1990 par la Cour d’Assises de Paris à l’encontre du capitaine argentin ASTIZ en le considérant responsable de l’enlèvement, la séquestration, la torture, la  disparition des Sœurs Alice DOMON et Léonie DUQUET. C’était l’une des premières procédures tenues en France contre un tortionnaire étranger. Avocat à la Cour de Paris et président national de l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture),  Maître Guy AURENCHE y représentait les deux familles franc-comtoises.

En convergence avec elles au long de leur inlassable combat de trente-quatre années, notre mouvement, en particulier les 17 groupes et les 250 adhérents de notre région, accueille cette sentence avec soulagement. A l’annonce du double rapt des 8 et 10 décembre 1977, il est intervenu dès le 20 de ce mois auprès du dictateur argentin VIDELA, du Président Giscard d’Estaing et de l’Ambassade de France à Buenos Aires. A une opinion divisée au sujet de leur engagement, y compris au sein de la congrégation des religieuses missionnaires, nous nous sommes attachés à décrire et expliquer le choix des Sœurs Alice et Léonie en accompagnement des plus pauvres et des dramatiquement opprimés, notamment au 20ème anniversaire de leur disparition par une exposition de trois mois présentée à Consolation et Besançon.

Pensant que l’impunité des tortionnaires est l’une des causes de la poursuite du fléau de la torture, nous continuons à soutenir une semblable recherche de la vérité et de la justice concernant le Brésil et l’assassinat en décembre 1989 du Père Gabriel Maire, jurassien de Port-lesney, dans cet autre long processus conduit par sa famille et l’association de ses amis afin d’obtenir l’arrestation et le jugement des exploiteurs de la misère humaine, commanditaires du crime.

 

 

par le groupe ACAT Besançon-Agglomération

 

A lire aussi l'article de l'express 

 

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 20:36
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Le vendredi 23 septembre, à Vitòria, une commission représentant diverses organisations des Droits de l'Homme de l'Etat de l'Espirito Santo a été reçue par le président du Tribunal de Justice de l'Etat, le Juge Manuel Rabelo.
Cette commisison demande l'adoption urgente de mesures en vue d'accélérer les démarches pour donner la priorité au procès du Père Gabriel Maire.
On se souvient que, le 14 septembre dernier, le Tribunal avait en effet reconnu que l'assassinat de ce prêtre français n'avait pas été un crime crapuleux. Pour lutter efficacement contre l'impunité et la corruption il est donc urgent que la Justice se mette à la recherche des commanditaires.
Le président du tribunal a accepté de signer le document qu'on lui présentait.
CC
Information tirée du blog de Claudio VEREZA
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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 09:21

Le 14 septembre au soir nos amis brésiliens nous ont annoncé une grande nouvelle : voici la traduction de deux de ces messages :

 

"L'appel qui avait été déposé par l'avocate Verônica a été accepté par le Tribunal de Vitòria. Le dernier jugement qui faisait état d'un crime crapuleux est annulé, le Juge Pedro Valls Feu Rosa reconnaît que c'était un crime commandité. Le procès va donc reprendre, mais cette fois-ci  à la Cour d'Assises de Vitòria

La Chambre criminelle du Tribunal de justice a décidé que le crime n'était pas un crime crapuleux, mais bien un crime commandité. Aussi il devra y avoir un nouveau jugement, cette fois-ci en Cour d'Assises. C'est un véritable retournement de situation."

Claudio Vereza  Député de l'Etat de l'Espirito Santo, le 14 septembre 2011

 

 

 

"Le Tribunal de Justice de l'Espirito Santo a annulé le jugement concluant que le Père Gabriel Maire avait été victime d'un crime crapuleux (vol suivi d'assassinat)

Le juge (…) s'est appuyé sur diverses circonstances pour annuler le premier jugement :

 -1) Le rapport technique de l'Université de Campinas qui ne concorde pas avec l'hypothèse de crime crapuleux ;

-2) La position du corps de la victime ;

-3) Le fait que la montre de la victime soit restée à son poignet ; s'il y avait eu crime crapuleux la montre aurait été volée ;

-4) les menaces reçues par le prêtre, dont l'action pastorale contrariait de puissants intérêts économiques.

Le procès va maintenant être ré-ouvert et devra se poursuivre.

Nous regrettons que le Docteur EWERTON MONTENEGRO GUIMARAES ne soit plus vivant pour célébrer cette victoire.

Une phrase résume bien ce qui s'est passé : la Justice brésilienne a reconnu son erreur."

Jean-Baptiste Herkenhoff, Professeur de Droit, le 16 septembre 2011

CC le 20 septembre 2011

 

 

 

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 21:44

Rencontre avec le père Henri Burin des ROZIERS

Le Brésil est devenu la nouvelle ferme du monde. D’après les économistes, le pays pourrait devenir le premier producteur agricole du monde d’ici dix ans. On peut saluer cette performance. Mais elle ne doit pas faire oublier les conséquences qui en résultent pour les petits paysans et les paysans sans terre, victimes de l’extension des grandes propriétés. Ils gênent et on les assassine s’ils se défendent. Le dominicain, Henri Burin des Roziers, avocat, appartient à la Commission pastorale de la Terre (CPT), créée par la Conférence des évêques du Brésil (CNBB). Il est l’un des défenseurs des sans-terre. Le père Luc Lalire est allé l’interviewer pour recueillir son témoignage.

La situation

Le problème de la terre est historique au Brésil. Il s’enracine dans la colonisation. L’empereur donnait aux colons des terres immenses. Il y a encore aujourd’hui dans l’État du Para, en Amazonie, des propriétés d’un million d’hectares. Cela paraît presque normal. La terre a une grande force symbolique. C’est l’origine et le symbole de l’inégalité fantastique au Brésil. On peut estimer que 2 % des gros propriétaires possèdent 50 % des terres cultivables. Ce problème a toujours été explosif dans toute l’histoire du pays. En 1964, les ligues paysannes ont revendiqué la possession de la terre, ce qui a entraîné une «révolution nationale », autrement dit un coup d’État militaire. Les militaires ont pris le pouvoir et l’ont gardé jusqu’en 1985 pour défendre la grande propriété.

La réforme agraire, toujours revendiquée, promise, et combattue, n’a jamais été réalisée. Et la concentration des terres est toujours plus forte.

Au Congrès, les députés « ruralistes » qui représentent les grands propriétaires sont un groupe très puissant et nombreux. Malgré l’opposition de la présidente de la République, Dilma Roussef, ils viennent de voter en juin 2011 un texte qui revient sur le code des forêts pour en flexibiliser les processus de protection et amnistier ceux qui en ont violé les règles. Le même jour, un couple de militants écologiques a été assassiné dans la réserve où ils travaillaient à la préservation de la forêt. Dans les jours suivants, d’autres paysans étaient abattus. Des syndicalistes et des agents de pastorale de la CPT sont aussi menacés.

La CPT a remis au gouvernement une liste de  personnes menacées dont depuis des années elle tient le triste registre et le gouvernement vient de décider de mettre sous protection des leaders paysans menacés de mort. Mais ce n’est qu’un palliatif. Si on ne s’attaque pas à la cause, la répartition de la terre, la violence continuera. Le problème c’est que l’agro-business et le latifundio ont tous les droits et la forêt, la réforme agraire et ceux qui les défendent ont tous les torts.

Le Commission pastorale de la terre (CPT)

Je travaille, dans l’État du Parà, comme avocat à la CPT. La CPT a pour mission d’être au service des travailleurs ruraux et des petits paysans pour la défense de leurs droits à la terre, à l’eau, à la dignité et à la vie, comme citoyens brésiliens et enfants de Dieu. Elle a été créée en 1975 par quatre évêques qui ont entendu « la clameur de leur peuple », le cri des victimes des violences et des massacres commis par les fazendeiros, leurs hommes de main et la police à leur solde pour s’approprier par la force les terres déjà occupées, Quelques années plus tard, la Conférence nationale des évêques du Brésil [CNBB] a reconnu officiellement la Pastorale de la Terre.

Objectifs de la CPT

En créant la CPT, les évêques ont voulu créer une pastorale liée à l’Église, mais libérée d’autres tâches pour se donner entièrement au service des pauvres du monde rural. Des prêtres, des religieuses, des laïcs se sont dédiés à cela jusqu’à aujourd’hui. Ils consacrent leur vie à cette mission en se rendant proches de ces pauvres, de leurs problèmes, de leurs souffrances, de leurs luttes, dénonçant les violences, les assassinats, les cas de travail esclave. Ils accompagnent aussi les  communautés dans 3 leurs démarches de foi en respectant leur culture, leurs traditions religieuses et populaires et en célébrant dans la foi leurs fêtes mais aussi les tragédies qu’ils vivent.

La CPT lutte aussi contre l’impunité qui demeure un problème fondamental au Brésil et spécialement dans l’État du Pará. J’ai personnellement accompagné trois procès criminels qui, après de nombreuses années se sont terminés par la condamnation de trois fazendeiros. Or, aucun n’a exécuté sa peine.

Agriculture familiale

La Pastorale de la terre défend un modèle d’agriculture familiale de subsistance, durable et diversifiée pour la consommation intérieure, qui s’oppose au modèle de la monoculture d’export, bétail, bois, soja, canne à sucre, modèle qui rapporte des milliards de dollars à l’État, mais qui est déprédateur. Il provoque la concentration des terres dans les mains d’un petit groupe de gros propriétaires, la migration vers les villes et les favelas et la destruction de la nature par la déforestation et l’emploi des agro-toxiques. Le modèle d’agriculture familiale des petites exploitations est la portion congrue qui bénéficie d’infiniment moins d’aide financière de l’État que l’agro-business. Mais c’est dans cette ligne là que travaille la CPT. La CPT est présente dans tous les États du Brésil. La préoccupation constante de la CPT est que les petits paysans soient les propres protagonistes de leurs luttes pour conquérir leurs droits.

Défense de la vie et de la Création

Notre engagement chrétien pour la terre, don de Dieu, est un engagement pour la vie et la dignité des travailleurs ruraux, dépossédés, marginalisés et soumis à l’esclavage, car le droit à la vie ne concerne pas seulement le problème de l’avortement. C’est le droit pour une vie digne, le droit de pouvoir vivre de son travail et nourrir ses enfants et sa famille. Pour nous à la CPT, c’est une lutte pour respecter et sauver la nature, source de vie, et pour que cette terre ne meure pas à cause de la déforestation. La réforme agraire ce n’est pas seulement la question de la répartition des terres. Il faut aussi que les familles soient en état de les exploiter pour en vivre dignement dans le respect et la préservation de la nature.

Cette lutte pour le droit à la vie de ces paysans, entendu de cette façon, est pour moi, dans ma vocation religieuse et mon ministère de prêtre, une cause fondamentale, une cause profondément évangélique.

Exigence évangélique

Prendre le parti des plus pauvres est une exigence évangélique que l’Église d’Amérique latine, dans ses grandes Conférences continentales, Medellin, Puebla, Aparecida, a sans cesse rappelée et proclamée. Certaines paroles évangéliques inspirent et renforcent notre détermination. « Ce qui est folie aux yeux des hommes est sagesse aux yeux de Dieu. » Notre lutte pour la terre, pour l’eau et pour la vie des pauvres est peut-être une goutte d’eau, mais c’est aussi une petite semence qui s’enfouit dans la terre et qui un jour va porter ses fruits. Elle en a d’ailleurs déjà produits. « Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre la force. »

HENRI BURIN DES ROZIERS

 

Article paru la lettre du Pôle Amérique Latine de juin 2011

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 21:20

 

           RENCONTRE AVEC HENRI BURIN DES ROZIERS

 

                         Un droit à la vie : le droit à la terre.

 

 

Dans le cadre du cinquantième anniversaire de la lettre du pape Jean XXIII au Cardinal Liénart, le 25 septembre 1961, demandant à l’Église de France, 4 ans après l’encyclique fidei donum, d’élargir son élan missionnaire au continent latino-américain, le Pôle Amérique latine du Service de la Mission à la Conférence des évêques organise une rencontre avec le père dominicain Henri Burin des Roziers sur « Un droit à la vie : le droit à la terre » au Brésil.

 

Le Brésil est devenu la nouvelle ferme du monde. On peut saluer cette performance. Mais elle ne doit pas faire oublier les conséquences qui en résultent pour les petits paysans et les paysans sans terre, victimes de l’extension des grandes propriétés. Ils gênent et on les assassine s’ils se défendent : une facette méconnue de ce géant économique émergent.

 

Henri Burin des Roziers, avocat, qui appartient à la Commission Pastorale de la Terre (CPT), créée par la Conférence des évêques du Brésil (CNBB) nous aidera à en comprendre les origines puisqu’il est engagé dans la défense des sans - terre.

 

 

Le colloque animé par des journalistes aura lieu :

 

A la Conférence des Évêques de France

58 avenue de Breteuil

75007 PARIS

(Métro St François Xavier)

 

Le jeudi 22 septembre 2011, de 17h30 à 19h30

 

 

Père Luc LALIRE

Responsable du Pôle Amérique Latine

 

H-Burin-des-Roziers.jpg

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 15:42

1Comment ne pas être ému, à Cariacica, en approchant de l'église modeste où Gaby a débuté son ministère... En la contournant par la droite, on passe par une courette et on entre dans le centre Dom Luís Fernandes, lieu de formation et de réunion dont il a été l'instigateur. On continue à y dispenser, entre autres, des cours d'alphabétisation. Au premier niveau se trouve une vaste salle de réunion. À l'étage, se succèdent plusieurs salles de cours. Même quand il y a pas d'enseignement, il y a toujours, fait courant au Brésil, un homme qui garde les lieux ou une femme qui fait l'entretien des locaux. 4.jpgC'est un beau bâtiment, clair, fonctionnel et ordonné, dans lequel il est sans doute agréable de se rencontrer et d'apprendre ensemble. Désormais, il est régit par l'autorité ecclésiastique dans le cadre de la « rénovation charismatique ».

 

 

Pour conserver son autonomie et rester fidèle à l'esprit du padre, dans le cadre, non officiel de nos jours, de la théologie de la libération ancrée dans les « communautés ecclésiales de base » (les CEB), l'association qui porte son nom a choisi de créer son propre centre. En ce samedi de novembre 2010, Beth (Élisabeth), sa présidente, a bien voulu nous emmener sur les pas de Gaby. À la fin de ce troisième voyage de trois mois à travers le Brésil, j'avais, en effet, souhaité aller sur les lieux où il a exercé et a vécu parmi les siens, les plus pauvres. C'est en compagnie d'Etel et de Francis, mes amis de Vitoria que j'entame cette sorte de pèlerinage.

 

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Le local est en construction depuis moins de deux mois, légèrement en dehors du centre de l'agglomération. Nous sommes attendus au pied d'une banderole qui identifie les lieux : «Associação Padre Gabriel Maire « em defesa da vida » » .

7Carlinda Januario do Rosario et José Lopes ainsi que Lucas, leur petit-fils, nous accueillent pour la visite du chantier. C'est la première famille que Gaby a fréquentée en arrivant à Vitoria. Leur fille, Marlene, était la précédente présidente de l'association. 

  

10Il s'agit d'une petite maison qui comportera une salle de réunion, une cuisine, une salle d'eau et un réduit situé à l'extérieur. Plus tard, une bibliothèque populaire sera montée à un second niveau et un terre-plein aménagé à l'arrière afin d'installer un potager. Aujourd'hui, le gros œuvre est presque achevé mais pour pouvoir poursuivre les travaux il faut réunir 16000 reais, c'est-à-dire 7000 euros, une somme dont ne dispose pas l'association.

 

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Après la visite, le couple nous invite à une collation dans sa maison que José qui était maçon a construite de ses propres mains. Ils ont eu dix enfants qui sont tous parvenus à des situations appréciables : agent de voyage, enseignante, adjointe au maire à l'action sociale, etc. Quelques uns d'ailleurs sont présents, ce jour, avec leur famille.

14Tout en savourant café et pâtisseries préparés par la maitresse de maison, on feuillète l'album de photos. On y voit, parmi ses pairs et sa famille, Carlinda recevant, au cours d'une cérémonie à l'américaine, un diplôme de pédagogie, de type BTS, couronnant une formation qu'elle a entreprise après avoir élevé tous ses enfants.

 

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On y voit surtout, au cœur des réunions familiales ou communautaires, Gaby tel que nous le connaissons : partageant foi et amitié, épaulant les uns, accompagnant les autres dans leur évolution vers plus de conscience sociale, politique, éducative et culturelle. Sachant, par exemple, que Carlinda ne savait ni lire ni écrire quand il est arrivé, on a là l'émouvant témoignage du fruit de son action!

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 23:22

 

Voici une analyse intéressante sur la participation des Brésiliens à la vie de leur pays, sur leur façon de "résister" à ceux qui sont censés les représenter et qui, souvent, les regardent du haut de leur "trône"

Janvier se termine. Février arrive. Mois du carnaval, fête qui, cette année, sera reportée en mars. Le début du mois de février est marqué cependant par le retour des activités des pouvoirs législatif et judiciaire tandis que l'exécutif s'agite déjà fiévreusement et discute en coulisses depuis trente jours. Avec leurs salaires gonflés de plus de 60% (augmentation votée récemment par la majorité des députés ndlt) les politiques reviennent occuper la scène du Planalto Central (quartier du gouvernement fédéral à Brasilia)

(…) Par où commencer ? C'est là la question qu'ils doivent résoudre en priorité s'ils veulent arriver le plus rapidement possible à un système démocratique plus ouvert et participatif.

L'instrument privilégié, dans ce cas, est la consultation directe de la population.

A la fin des années 90 et au début des années 2000, un ensemble de mouvements populaires, d'ONG et de pastorales sociales ont organisé plusieurs "plébiscites" : sur la question de la dette extérieure, sur l'approbation ou non de l'ALCA (Zone de Libre Echange des Amériques), sur la privatisation de la Compagnie Vale do Rio Doce. De telles initiatives résultaient de recherches collectées lors des quatre Semaines Sociales Brésiliennes (SSB), qui se sont déroulées entre le début des années 90 et celui des années 2000.

Sans doute la manifestation la plus vivante et la plus créative de tout ce processus d'approfondissement de la réalité brésilienne est-il le Cri des Exclus, dans ses versions à la fois nationale et continentale. Il a surgi au cours des deuxièmes Semaines Sociales, en septembre 1995 et jusqu'à la période actuelle, et les clameurs qui s'élèvent des habitations les plus misérables de la société brésilienne demeurent en éveil. Mélange de lutte et de fête, de larmes et de rires, cet événement est en fait un cadre où se retrouvent toutes les couleurs de la culture du pays, où se mélangent et s'entrelacent douleur et espérance, rêve et recherche, résistance et opiniâtreté. Egalement significatives sont la Campagne Jubilée Sud, les Assemblées Populaires ainsi que le partenariat avec le Forum Social Mondial.

(…) Pourquoi de telles initiatives, menées avec succès sur le territoire, et légitimées par la Constitution brésilienne, n'éveillent-elles pas l'intérêt du gouvernement ? Bien au contraire, très souvent on les considère avec prudence et crainte, pour ne pas dire d'indifférence et même d'intimidation (…) Même sous la présidence de Lula la consultation directe de la base n'a pas obtenu une place plus importante (…) En un mot, la répugnance à offrir la tribune à la parole du peuple reflète ni plus ni moins que la peur d'une démocratie véritable.

(…) Serait-il si difficile, compliqué et dangereux d'organiser des consultations régulières de la population ? N'est-ce pas pratique courante dans certains pays comme la Suède, le Danemark et la Norvège ? Peut-être que l'utilisation des urnes électroniques s'avère être un obstacle à ce type de consultation. Si c'était le cas, ne vaudrait-il pas la peine de sacrifier la technologie de pointe et de favoriser une participation réelle en revenant aux bons vieux bulletins. Cela permettrait d'ajouter (…) des questions concernant l'éducation, la santé, l'environnement, les transports publics, la sécurité… Avec de tels plébiscites on pourrait organiser des politiques publiques s'appuyant sur des bases plus fermes et ainsi mieux acceptées par le peuple.

Ce qui est en jeu c'est la relation entre les électeurs et leurs représentants démocratiques. (…). Nous cheminons sur des voies parallèles : les extraterrestres du Planalto, du haut de leurs trônes, presque immortels, paraissent sourds et aveugles aux inquiétudes et aux problèmes qui tourmentent les simples terriens, pauvres mortels qui finissent par perdre leurs enfants, leurs espérances et leur confiance dans les autorités responsables.

Extraits d'Adital du 1er février 2011 (Traduction)

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 07:10

 

Cette « Lettre de solidarité aux luttes des femmes du monde » a été élaborée par une commission de travail composée par des femmes de différentes organisations à partir des débats réalisés au long du Forum social mondial qui a eu lieu à Dakar, février 2011. Nous remercions le comité "genre et équité" du comité du pilotage sénégalais pour avoir structuré l'espace « Village des Femmes », ainsi que réalisé divers débats sur les droits des femmes qui ont contribué au contenu de cette Lettre.

Ce même contenu a été présenté comme proposition de déclaration à l'Assemblée de Femmes au matin du 11 février. La conclusion du débat n'a pas été possible car un secteur minoritaire, mais très actif, à l'Assemblée, s'opposait à la mention du droit à l'autodétermination pour les femmes sahraouies. Plusieurs organisations présentes à l'Assemblée ont décidé de diffuser ce contenu sous la forme d'une Lettre et de la signer.

 

 

 

Lettre de solidarité à la lutte des femmes du monde

 

Faite le 11 février 2011, à Dakar, Sénégal, durant le Forum Social Mondial

 

En cette année où  le Forum Social Mondial, pour la 3e fois après le Mali en 2006 et le Kenya en 2007, se joint aux peuples d’Afrique, nous les femmes de différentes parties du monde, réunies à Dakar, conscientes que l’union de nos forces pourra à terme apporter un changement, réaffirmons notre solidarité et notre admiration pour les luttes des femmes sénégalaises,  des femmes africaines et des femmes du monde. Leurs luttes, conjointement avec les luttes de tous, hommes et femmes, renforcent la résistance menée partout contre le système capitaliste et patriarcal mondialisé.

 

Au jour d’aujourd’hui nous traversons toujours les mêmes crises mondiales – économique, alimentaire, écologique et sociale – et nous constatons avec inquiétude que ces crises perdurent et s’approfondissent. Nous reformulons ici notre analyse selon laquelle ces crises ne sont pas isolées mais sont l’expression de la crise du modèle caractérisé par la surexploitation du travail et de l’environnement, et par la spéculation financière de l’économie. C’est pourquoi nous les femmes, nous continuons à dire qu’il faut changer ce modèle de société, ce modèle économique, ce modèle de production et de consommation, qui génère une pauvreté accrue pour nos peuples et en particulier pour les femmes.

 

Nous les femmes, sensibles au respect et à la défense des principes de justice, de paix et de solidarité, avons besoin d’avancer dans la construction d’alternatives face à ces crises : cependant les réponses palliatives basées sur la logique marchande ne nous intéressent pas.

 

Nous ne pouvons accepter que les tentatives de maintenir le système actuel en place soient faites aux dépends des femmes.

 

En ce sens, nous disons non à l’intolérance et la persécution de la diversité sexuelle et aux  pratiques culturelles qui portent atteinte à la santé, au corps et à l’âme des femmes.

Nous condamnons toutes sortes de violences faites aux femmes, en particulier les meurtres, le trafic des femmes, la prostitution forcée, les violences physiques, le harcèlement sexuel, les mutilations génitales, les mariages précoces, les mariages forcés, le viol, le viol utilisé comme arme systématique de guerre, et l’impunité de ceux qui commettent ces actes d’horreur contre les femmes.

Nous disons non encore, à une société qui bafoue le droit des femmes, en ne leur permettant pas l’accès aux ressources, à la terre, au crédit, à l’emploi en conditions dignes, où le capital pour se reproduire précarise les emplois des femmes.

Nous condamnons l’accaparement et la colonisation des terres des paysannes et des paysans, quelles qu’en soient les formes, par des Etats ou des entreprises transnationales, et nous condamnons les cultures transgéniques, qui portent préjudice à la biodiversité et à la vie.

Nous disons non à la course à l’armement et à la course au nucléaire, qui sont faites au détriment de l’investissement des Etats dans des programmes sociaux, sanitaires et éducatifs.

Nous  condamnons une société qui met les femmes à l’écart de l’accès à la connaissance et à l’éducation, où les femmes sont marginalisées et discriminées dans les prises de décision.

Nous disons non aux conflits armés, aux guerres et aux occupations. Nous disons OUI à la paix juste pour les peuples opprimés.

 

Face à tout cela, nous proposons de renforcer nos luttes pour que nos pays aient leur souveraineté économique, politique et culturelle face aux institutions financières internationales. Nous voulons l’annulation des dettes odieuses et illégitimes et un audit citoyen qui permettra aux peuples d’obtenir réparation : les femmes ne doivent rien, elles sont les premières créancières de la dette odieuse. Nous demandons aussi l’application effective de la taxe Tobin.

Nous revendiquons la souveraineté alimentaire des peuples et la consommation de produits locaux, l’utilisation de nos semences traditionnelles, et l’accès des femmes à la terre et aux ressources productives.

Nous voulons un monde où les hommes et les femmes aient les mêmes droits, les mêmes opportunités dans l’accès à la connaissance, à la scolarisation, à l’alphabétisation et à l’éducation et aux postes de décisions, et les mêmes droits au travail et à des salaires justes.

Nous revendiquons un monde où les Etats investissent dans la santé des femmes et de nos enfants, et en particulier dans la santé maternelle.

Nous demandons la ratification et l’application effective de toutes les conventions internationales, en particulier la convention 156 et la convention 183 du BIT.

Nous voulons la démocratisation de la communication et de l’accès à l’information.

 

Nous sommes solidaires avec les femmes palestiniennes pour un Etat palestinien démocratique, indépendant, souverain, Jérusalem comme capitale, et le retour des réfugiés en accord avec la Résolution 194 des Nations Unies.

Nous sommes solidaires avec les femmes de Casamance pour le retour de la Paix.

Nous sommes avec la lutte des peuples en Tunisie et en Egypte pour la démocratie.

Avec les Femmes de la République Démocratique du Congo pour la fin du conflit.

Avec les femmes kurdes, pour une société démocratique, écologique, libre et égalitaire entre les femmes et les hommes, et où existe le droit d’utiliser leur langue maternelle dans l’éducation.

Nous sommes solidaires avec le droit à l’autodétermination pour les femmes sahraouies, en conformité avec la résolution des Nations unies, et pour trouver une solution pacifique selon la Charte du Forum Social Maghrébin.

Nous sommes solidaires avec toutes les femmes victimes de catastrophes naturelles, comme Haiti, le Brésil, le Pakistan, Australie...

Nous sommes solidaires avec les millions de femmes et enfants réfugiés et déplacés.

Nous appelons au retour à leur terre et à la liberté de circulation.

 

Nous proposons la création de réseaux d’alertes et d’informations sur et pour les femmes qui se trouvent en zones de conflit ou d’occupation. Nous proposons le 30 mars comme journée de solidarité internationale avec le Peuple palestinien et au nous appelons au boycott des produits provenant de l’occupant israélien. Nous appelons à la réalisation d’un Forum international de solidarité avec la lutte du peuple palestinien en 2012.

 

Nous reconnaissons toutes les luttes de toutes les femmes du monde et nous faisons nôtres leurs revendications : ce qui arrive à l’une d’entre nous, cela nous arrive à nous toutes. C’est pour cela que nous devons lutter toutes ensemble.

 

 

Dakar, le 11 février 2011

 

 

Organisations signataires:

La Marche Mondiale des Femmes

La Via Campesina

La Fédération Démocratique Internationale des Femmes (FDIM)

Articulation Féministe MARCOSUR

IFWF – International Free Women’s Foundation

WILDAF – Senegal (Women in Law and Development in Africa)

AWID

CADTM – Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde

WIDE

Organisation Continental Latino-Américaine des Etudiants (OCLAE)

UBM – Union Brésilienne des Femmes

CEBRAPAZ (Brésil)

CTB (Brésil)

CUT (Brésil)

AMB – Articulation Brésilienne des Femmes

Democratic Women Freedom Movement “DOKH”

Kurdish Women Peace Office

Coordinacion de Mujeres del Paraguay CMP

Isis International

La Red de Mujeres de AMARC (AMARC-RIM/AMARC-RIF/AMARC-WIN).

 

La Via Campesina, le 28 février 2011

 

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 07:43

indiens-barrage.jpg 

 

Indiens protestant contre le barrage de Belo Monte. © Verena Glass
© Survival

L’agence environnementale brésilienne IBAMA a accordé une licence d’installation ‘partielle’ pour le barrage de Belo Monte, qui doit être construit sur le fleuve Xingu, en Amazonie.

Cette licence permet de procéder à la phase initiale de construction, y compris l’abattage d’immenses zones forestières, malgré les multiples violations des droits de l’homme et atteintes à l’environnement que ce projet implique, et une forte opposition de la population locale.

Le procureur Felício Pontes Jr a déclaré, ‘Suite à une telle décision, l’IBAMA devient le plus grand destructeur de l’environnement d’Amazonie’.

Le ministère public brésilien a demandé la suspension immédiate de la licence qui a été illégalement accordée, la plupart des conditions requises pour l’obtenir – fixées par l’IBAMA elle-même – n’ayant pas été respectées.

S’il est construit, Belo Monte sera le troisième plus grand barrage du monde. Il dévastera une immense zone de forêt et détruira le stock de poissons dont dépendent étroitement des milliers d’Indiens de la région.

Les Indiens qui n’ont jamais donné leur consentement à ce projet ont organisé des manifestations de grande envergure contre le barrage et ont averti que si les travaux commençaient, le Xingu pourrait devenir un ‘fleuve de sang’.

Les Indiens isolés vivant à proximité du futur chantier de construction sont particulièrement vulnérables. L’exposition aux maladies introduites par les milliers d’immigrants qui arriveront dans la région pour la construction du barrage leur sera fatale.

Survival International exhorte les autorités brésiliennes à empêcher la construction du barrage tant qu’elles ne pourront garantir que les terres et la vie des Indiens isolés ne seront pas menacées.

Un rapport récemment rendu public par les ONG International Rivers (Etats-Unis) et les Amis de la Terre (Brésil), signale les principaux risques qu’implique le projet de Belo Monte aux niveaux social, environnemental, juridique et financier. Télécharger le rapport (en portugais, 8 MB pdf).

Le mois dernier, le président de l’IBAMA, Abelardo Bayma, a démissionné, très probablement sous la forte pression du ministère des Mines et de l’énergie et de la nouvelle présidente du Brésil, Dilma Rousseff, qui s’efforcent d’endiguer toute opposition à la construction du barrage de Belo Monte.

Survivalfrance.org 2 février 2011

 

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 15:45

La Via Campesina est le mouvement international de paysans et paysannes, petits et moyens producteurs, sans terre, femmes et de jeunes du milieu rural, peuples indigènes et travailleurs agricoles. Née en 1993, la Via Campesina rassemble actuellement quelque 150 organisations dans 70 pays du monde en Asie, Afrique, Europe et aux Amériques. Il compte quelque 200 millions de paysans et paysannes. www.viacampesina.org

 

Stop à l’accaparement des terres, pour la souveraineté alimentaire, et non à la violence faite aux femmes paysannes!

(Jakarta, le 28 Janvier 2011) Le mouvement paysan international La Via Campesina sera présent au Forum Social Mondial à Dakar, Sénégal, du 6 au 11 Février avec une délégation de plus de 70 représentants et représentantes d’organisations paysannes d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques. Ils participeront avec de nombreuses organisations de la société civile aux débats sur les alternatives pour un monde meilleur.

Au moment où les prix des denrées alimentaires augmentent et où une nouvelle crise alimentaire est imminente, La Via Campesina défendra la Souveraineté Alimentaire comme étant la solution aux crises alimentaire et climatique.

La Via Campesina se joindra à la caravane organisée par les mouvements sociaux de Lomé (Togo) à Dakar (Sénégal). La Caravane partira le 23 Janvier et est attendue à Dakar le 5 Février, pour participer à la cérémonie d’ouverture du Forum Social Mondial, le 6 février.

Pendant le Forum Social Mondial, le mouvement paysan lancera sa campagne en Afrique contre la violence faite aux femmes.

Dans le contexte du FSM, La Via Campesina exposera aussi des produits alimentaires et des semences de paysans africains sur la FIARA, un espace dynamique pour l’intégration des peuples africains par des activités commerciales et d’échange. S'y tiendront aussi des débats sur des sujets importants pour les paysans africains. Avec ses alliés, la Via Campesina organisera un débat à la FIARA sur «l’accaparement des terres dans le contexte des crises alimentaires et climatiques – le besoin de politiques foncières qui protègent la production paysanne pour les marchés locaux». L’accaparement de terres, comme partie intégrante du modèle agricole dominant basé sur les multinationales de l’agrobusiness et la monoculture industrielle à grande échelle affectent les paysans d’Afrique, d’Asie et des Amériques.

Pour la première fois, la FIARA proposera des espaces pour des conférences et des débats autour de la Souveraineté alimentaire.

Le mouvement paysan, avec ses alliés, organisera plusieurs débats, tels que «la défense des semences paysannes contre les OGM, contre les multinationales telles que Monsanto et contre les initiatives telles que l’AGRA» et aussi sur la Souveraineté alimentaire, la violence faite aux femmes et le changement climatique. La Via Campesina sera aussi activement impliquée dans le débat sur la préparation de la mobilisation des mouvements sociaux pour la prochaine Conférence des Nations Unies sur le climat, qui se tiendra à Durban, en Afrique du Sud, en Décembre 2011.

 

Communiqué de presse (extraits)

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 15:48
à propos de DILMA  ROUSSEFF
 
"Il est intéressant de noter que la première femme qui parvient à la présidence du Brésil n'est pas issue de la sphère politique (l'un des domaines les plus machistes qui puisse exister) : elle s'est fait remarquer et a été choisie comme candidate pour sa compétence professionnelle. Elle est un exemple et un espoir pour tant de femmes qui sont d'excellentes professionnelles, mais sont plutôt confrontées au fameux plafond de verre qui empêche la reconnaissance de leur travail et bloque leur ascension aux postes les plus élevés.

C'est merveilleux de savoir qu'on a cassé le plafond de verre et qu'on a élu Dilma Rousseff : une professionnelle extrêmement compétente qui sera une présidente de gauche."

 

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 11:33
Nos derniers EV évoquaient diverses résistances au Brésil.

 

Voici ci-dessous un exemple français.
L'équipe des Echos de Vitòria.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

 

 

La première décennie de notre siècle s'achève aujourd'hui sur un échec. Un échec pénible pour la France ; un échec grave pour l'Europe ; un échec inquiétant pour la société mondiale.

 

Souvenez-vous des objectifs du millénaire pour le développement, proclamés en 2000 par la Conférence mondiale des Nations Unies. On se proposait de diviser par deux en quinze ans le nombre des pauvres dans le monde. A la même date, on entamait une nouvelle négociation pour mettre un terme au conflit vieux de trente ans du Proche Orient – les Palestiniens auraient droit à un Etat sous deux ans. Echec sur toute la ligne! Une plus équitable répartition entre tous des biens communs essentiels que sont l'eau, l'air la terre et la lumière? Elle a plutôt régressé, avec plus de très riches et plus de très très pauvres que jamais.

 

Les motifs d'indignation sont donc nombreux. Ce petit livre Indignez-vous! – qui a eu un extraordinaire succès auprès des parents, et plus encore de leurs enfants, auxquels il s'adresse –, c'est quelque chose qui me touche profondément. De quoi faut-il donc que ces jeunes s'indignent aujourd'hui? Je dirais d'abord de la complicité entre pouvoirs politiques et pouvoirs économiques et financiers. Ceux-ci bien organisés sur le plan mondial pour satisfaire la cupidité et l'avidité de quelques-uns de leurs dirigeants ; ceux-là divisés et incapables de s'entendre pour maîtriser l'économie au bénéfice des peuples, même s'ils ont à leur disposition la première organisation vraiment mondiale de l'histoire, ces Nations Unies auxquelles pourraient être confiées d'un commun accord l'autorité et les forces nécessaires pour porter remède à ce qui va mal.

 

Au moins nous reste-t-il une conquête démocratique essentielle, résultant de deux siècles de lutte citoyenne. Elle nous permet de revendiquer le droit de choisir pour nous diriger des femmes et des hommes ayant une vision claire et enthousiasmante de ce que la deuxième décennie qui s'ouvre demain peut et doit obtenir. Voilà la tâche que je propose à tous ceux qui m'écoutent. Qu'ils prennent appui sur les auteurs courageux qui se sont exprimés ces derniers mois, sur Susan George et son beau livre Leurs crises, nos solutions, sur Edgar Morin et son dernier tome L'Ethique, sur Claude Alphandéry et ses propositions pour une économie sociale et solidaire. Avec eux, nous savons ce qu'il est possible d'obtenir. N'attendons pas. Résistons à un président dont les vœux ne sont plus crédibles.

 

Vivent les citoyens et les citoyennes qui savent résister!

 

 

 

A 93 ans, Stéphane Hessel est le plus jeune d'entre nous par la vitalité de son engagement et sa force d'espérance. Né à Berlin en 1917, immigré en France en 1925, naturalisé en 1937, prisonnier évadé en 1940, il rejoint le général de Gaulle à Londres en 1941. Résistant, agent de liaison au BCRA, il est arrêté en France en 1944, puis déporté, notamment au camp de Dora, où il échappera de justesse à la pendaison. Diplomate à partir de 1945, ambassadeur de France, il fera de la question des droits de l'homme son combat sans partage ni relâche, comme l'illustre son ferme engagement pour la cause palestinienne. (…) Ami et soutien de la première heure de Mediapart, Stéphane Hessel a volontiers accepté de présenter ses vœux d'un citoyen résistant à tous «les citoyens et citoyennes qui savent résister».

 

 

Mediapart 30 décembre 2010

 

Pour voir les voeux de S. Hessel en vidéo, cliquez ici

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Published by amisgaby.over-blog.com - dans Actualités
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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 09:52

En ce 21ème anniversaire de la mort de Gaby MAIRE,

 

Frères et sœurs, chers amis,

Il n’y a pas longtemps, voilà ce dont j’ai été témoin, préparant la célébration du baptême d’une petite fille,  je me trouvais dans la famille. Les parents me racontaient comment, lorsqu’ils attendaient ce petit bébé, leur fils aîné Timothée, 4 ans, quand il allait se coucher, il venait caresser le ventre de sa maman et parlait au bébé… Pendant qu’ils me racontaient ce fait avec une joie native, Timothée écoutait, assis sur les genoux de sa maman et je l’ai entendu dire en se tournant vers ses parents : « et moi, comment je suis sorti de ton ventre maman ? ! »

Jésus, le fils de Dieu a pris chair en notre humanité dans le sein de la Vierge Marie sous la vigilance de Joseph. Jésus enfant a bien du demander à sa maman de temps en temps : « et moi maman, comment j’ai été fait ? Comment je suis sorti de ton ventre ? » Leur dialogue alors, mère-enfant, c’est le commencement de la Bonne Nouvelle de l’Evangile. C’est ce que nous entendons aujourd’hui. « Voici quelle fut l’origine de Jésus… » (Mt 1, 18…) C’est quelqu’un de notre humanité, une femme qui raconte au fils de Dieu, qui apprend à Jésus comment il a été fait.

En ce sens, Marie est prophète, elle raconte au Fils de Dieu comment il est venu sur terre. Déjà quand Joseph et elle le caressaient dans son ventre. C’est le Magnificat !

« Le Très-Haut s’est penché sur moi.

Le Puissant fit pour moi humble femme, des merveilles.

Il a relevé notre humanité par ta venue au monde ;

Il n’a jamais oublié son amour, sa tendresse à notre égard. »

Marie raconte encore à Jésus, au Fils de Dieu, devenant enfant de notre humanité (c’est la continuation de l’Evangile), comment le projet de Dieu a failli se casser la figure. Projet de Dieu qui est que :

« Son Fils devenant homme, les hommes deviennent des enfants de Dieu. »

Tout cela est perpétuellement en train de courir le risque de sa casser, de se briser.

Joseph n’a pas tout de suite caressé ce projet de Dieu. Il n’a pas tout de suite caressé le ventre de sa femme. Justement à cause de ce qui se passait en elle. Il en a fallu des prises de conscience, des réflexions, des entrées en objection des songes… pour que Joseph découvre, comprenne et admette que l’enfant engendré dans le ventre de sa femme venant de l’Esprit Saint ! Joseph a été tenté de les rejeter, la mère et l’enfant, au nom de la loi. La loi implacable obligeait Joseph à rejeter sa femme en  dehors de la cité, à la tuer à coups de cailloux du fait de la façon dont cet enfant venait au monde dans son sein. Quelqu’un d’autre que lui, Joseph était à l’origine de ce qui se passait. C’est en songeant, en entrant en objection de conscience qu’il a pu traverser l’obstacle.

Et Joseph, entendant Marie raconter à Jésus comment il avait été engendré en elle, lui Joseph témoignait de ce qu’il avait failli faire.

Oh ! comme c’est passionnant d’entendre des prophètes : ceux des temps anciens : Marie et Joseph… et aussi ceux d’aujourd’hui.

Lorsque nous sommes allés avec une trentaine d’amis au Brésil en 1999 pour le 10ème anniversaire de la mort de Gaby, parmi les mots qui m’ont marqué au sujet de la personne de Gaby, c’est le mot « Profeta Gabriel » Gaby a vécu au Brésil des moments merveilleux d’humanité, dans les familles de Vitoria, Cariacica. Moments aussi de lutte car aimer, c’est lutter. Lutter pour que le projet de Dieu n’aille pas à l’échec, que tout petit enfant du Brésil et d’ailleurs soit respecté et non pas rejeté à la rue, comme ça se passe pour beaucoup d’enfants à travers le monde.

Cette manière d’engendrer notre humanité dans l’amour et la tendresse, dans la vérité et la justice, que ça ne se casse pas la figure.

Les prophètes comme Gaby, comme les moines de Tibhirine, comme les soeurs Alice et Léonie, et tant d’autres, nous témoignent à propos de tout enfant de l’humanité : « ce qui est engendré dans notre humanité, vient de l’Esprit Saint ! »

Mais on n’a pas supporté ce que vivait et disait Gaby. Alors on l’a tué à coups de balles. Cela nous fait plonger dans les songes.

80% des biens de la terre sont accaparés par 20% des gens qui sont nantis. Et le comble ! cet accaparement se fait par le jeu scandaleux et antihumain de fabriquer des armements et de trafiquer à les vendre, et particulièrement l’arme nucléaire.

Jean-Marie MULLER, un prophète lui aussi, vient d’écrire une lettre ouverte aux évêques de France, nous interpelant à enrayer et arrêter le massacre des Innocents, à arrêter de dynamiter notre planète, berceau qui nous engendre, berceau sur lequel repose le souffle de l’Esprit Saint.

L’humanité est en train de se défigurer. Nous nous cassons la figure les uns aux autres, nous sommes appelés à entrer en songe, à nous ré-envisager.

Comme Marie et Joseph, porteurs du désir de notre humanité, Marie dans son ventre, Joseph sur se épaules, sur son dos, ce que nous faisons est fait, ce que nous ne faisons pas, n’est pas fait. En cela réside notre dignité en même temps que notre responsabilité. Comment appeler notre évêque à faire écho à cette lettre de Jean-Marie MULLER ? L’enfant de Dieu, le devenir de notre humanité n’est-il pas entre nos mains ?

Ce dont nous sommes en train de prendre conscience n’est-il pas fragile, comme un enfant dans le sien d’une femme, comme Jésus dans le ventre de la Vierge Marie.

N’est-ce pas en « songeant », en entrant en objection de conscience, en croyant les uns dans les autres, en nous faisant confiance, nous les vieux dans les jeunes, et réciproquement, que nous allons pouvoir continuer de mettre au monde notre humanité ? que nous allons pouvoir continuer de sortir du ventre de la Terre, de la grotte de Bethléem, de là où nous sommes plantés, « afin de porter du fruit qui demeure ».

 

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 10:41

Massacre dans la Fazenda Rio Cristalino,

commune de Santana do Araguaia

dans le sud de l'Etat du Para

 

De mai à octobre 2010, 4 travailleurs ruraux, dont les noms figuraient sur une liste de gens "marqués pour mourir", ont été assassinés sur un terrain non encore désapproprié de la Fazenda Cristalino, occupée par environ 600 familles depuis 2008.

Les victimes ont été : le travailleur Paulo Roberto Paim, père de deux enfants mineurs, assassiné le 28 mai 2010, dans la rue de la parcelle 5 où il habitait ; José Jacinto Gomes, "Zé Pretinho", installé lui aussi dans la parcelle 5, trouvé mort dans son propre champ, le 26 juin 2010, avec plusieurs hématomes sur le corps ; le 10 octobre, ce fut le tour de Givaldo Vieira Lopes, père de trois enfants mineurs, tué de deux coups de feu dans la rue du lot n° 4, alors qu'il roulait seul, en motocyclette ; son corps était couvert de blessures ; enfin, Lourival Coimbra Gomes, "Baiano", dont le corps a été découvert le 24 octobre dans sa propre maison, décapité et sa tête n'a pas été retrouvée.

L'occupation de ce terrain avait eu lieu en 2008, par la FETRAF (Fédération des Travailleurs de l'Agriculture Familiale), sur une terre non désappropriée de 50 000 ha de la Fazenda Rio Cristalino (ex-Fazenda Volkswagen). A partir de 2009, beaucoup de ces familles ont quitté la FETRAF et ont créé l'"Association des Petits et Moyens Producteurs Ruraux des Parcelles 1 à 15" de la Fazenda Cristalino, suite aux pressions d'un groupe qui se disait représenter la FETRAF et qui extorque de l'argent aux familles, les menaçant de les faire sortir des terrains qu'elles avaient déjà payé. Ce groupe poursuit les dirigeants de la nouvelle association, et leurs noms, parmi d'autres, figurent sur la liste de ceux qui sont "marqués pour mourir".

Les noms de tous les accusés figurent dans plusieurs plaintes que les travailleurs ont déposées auprès de la Police Civile de Santana de Araguaia, à la Délégation pour les Conflits Agraires de Redenção, à la Police Fédérale ainsi qu'au  Ministère Public de l'Etat du Para.

On peut donc se poser ces questions :

Jusqu'à quand les familles de la Fazenda Rio Cristalino vont-elles attendre que les membres du groupe de tueurs soient emprisonnés ?

Quelle sera la prochaine victime de la liste de ceux qui sont "marqués pour mourir" :

-          dona Jocélia, veuve de Givaldo, qui continue à travailler sur son terrain de la parcelle 7 ?

-          dona Rosàrio Pereira Milhomem, trésorière de l'Association, qui habite toujours sur sa parcelle 8, malgré les menaces de ces tueurs qui braquent leurs armes sur sa tête ?

 

Xinguara-PA, 06 de dezembro de 2010.

 

Frei Henri Burin des Roziers

Avocat de la Commission Pastorale de la Terre

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 10:37

(…) Aujourd'hui, les biens de la Terre et les fruits du travail de l'homme ne sont pas partagés équitablement entre tous. Seulement 20% de la population mondiale, concentrée dans la partie occidentale de l'hémisphère nord, détiennent 80% des richesses de la planète. Au Brésil, il suffit de sortir dans la rue pour s'apercevoir de la misère qui, pour chacun, devrait être, non pas seulement un problème économique, mais un aussi un défi moral. Aucun de nous n'a choisi la famille et la classe sociale dans laquelle il est né. Si  nous ne sommes pas démunis quant aux nécessités de base, c'est par le simple hasard de la loterie biologique.

Dans le monde, sur trois êtres nés vivants, deux naissent dans la pauvreté ou la misère. Donc, notre condition de vie décente ne devrait pas être considérée comme un privilège, mais bien plutôt comme une dette sociale. C'est injuste que cette loterie biologique existe sur une planète qui produit de la nourriture pour 12 milliards de bouches et est habitée par un peu plus de la moitié seulement.

Nos ancêtres, avant de se mettre à leur dur labeur journalier, consultaient la Parole de Dieu. Nos pères, les services de la météorologie. Nous, les indices des marchés financiers… A qui, aujourd'hui, les personnes de foi donnent-elles le plus d'importance ? Aux préceptes divins ou à leur compte en banque ? (…)

L'ONU nous apprend que, en 2009, 18 milliards de dollars ont été investis pour secourir les banques et les entreprises menacées de faillite suite aux difficultés économique et financière. D'où a surgi cette énorme somme d'argent ? La question est pertinente, puisque jusqu'alors on disait qu'il n'y avait pas de ressources pour garantir les droits élémentaires des personnes ni pour venir à bout de la misère et de la faim. Dans les dernières 49 années, l'aide des pays riches aux nations en développement a été seulement de 2 milliards de dollars ! Une aumône misérable pendant presque un demi-siècle. (…)

Frei Betto.

Source : Adital du 3 décembre 2010 (extraits)

 

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