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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 18:31

couvPrésentation détaillée de Renaud LAMBERT, à lire dans "Le Monde diplomatique"

 

« Là où le Brésil va, l’Amérique latine ira », avait annoncé le président américain Richard Nixon, en 1971. Le décollage économique du pays au cours des années 2000 a transformé l’hypothèse en évidence. Mais le « miracle » brésilien ne nous éclaire-t-il pas, aussi, sur les limites des processus politiques en cours en Amérique latine ?

Manière de voir - « Là où le Brésil va... » - numéro 113,

octobre-novembre 2010, 100 pages. 7€50

 

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 13:47

     Nous le savons tous, GABY à consacré sa vie à promouvoir la liberté, la justice et l'égalité. Son combat contre l'oppression, la misère, s'inscrit au côté de ceux qui luttent jusqu'au don total pour que la dignité des faibles soit acquise et reconnue.

 

     Gaby l'a fait avec passion mais aussi avec tolérance et dans la joie de vivre. Cette joie, cet enthousiasme, qu'il savait communiquer, manifestent que la lutte contre la misère n en dut pas la bonne humeur.

 

     Quant à nous, je pense que nous n'avons pas seulement à commémorer l'action de GABY disparu.

 

     Certes, le testament qu'il nous lègue est très précis quant au but, mais ne comporte aucune méthode, aucune directive, à nous d'imaginer ce qu'il faut faire. Cependant deux missions principales s'imposent à nous dès maintenant:

1) En même temps que la recherche de la vérité sur l'assassinat de GABY, il nous faut engager, avec nos amis et frères Brésiliens, des relations de forme nouvelle et les assurer de moyens matériels et financiers.

2) Faire que l'association n'en reste pas à court terme, en instaurant des relations

et des échanges durables et éventuellement structurés,   dans des formes a définir entre les

deux pays.

 

     Le Conseil d'administration que nous avons élu au mois de Mai, m'a fait l'honneur de me confier la Présidence de notre Association. Je dois vous avouer que cet honneur n'a d'égal que mon appréhension face à cette responsabilité. Je sais bien que je peux compter sur l'apport de tous. Mon engagement dans cette lutte est dicté par ma foi et se réfère à l'Evangile. Je suis également fier et heureux de me retrouver avec des personnes qui, avec le même idéal, ont d'autres références ou d'autres convictions.

 

     Il me semble que c'est là aussi, un message de GABY.

 

Joseph TRIBUT

EV 28, de juillet 1990

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 13:20

Il est venu de loin,

Apportant l'amour, l'espoir en demain

Il a dit : Mon frère, toi qui es à genoux,

Tu dois vivre debout.

 

Tu ne possèdes rien,

Tes enfants mendient un morceau de pain

Leurs corps crient famine et leur âme est meurtrie,

On étouffe leur cri.

  

Tu travailles tout le jour

Amaigri, blessé, sans autre secours

Que le bras du frère qui soulage le fardeau

Qui fait courber le dos.

 

Il faut que tu oublies

Ta résignation, ta faim, ton ennui.

Tu dois lutter mon frère, ne plus craindre les coups

Que t'assènent les loups.

 

A la tombée du jour,

Tu courras les rues parlant de l'amour

Que nous portait ce frère, celui qui, sous le joug,

Donna sa vie pour nous.

 

Dans mon pays lointain

Il y a aussi des hommes qui luttent pour demain,

Ils sont tes frères, de combat et d'amour,

Ils sont présents toujours.

 

Quand je serai parti

Lorsqu'un coup de feu m'ôtera la vie

Si l'on me fait taire afin que tous m'oublient

Fais que naisse un grand bruit.

 

Que les voix s'élevant,

Déchaînent la colère qui gêne les puissants.

Des cris naît le souffle qui balaie l'oppression,

Le délit d'opinion.

 

Mon sang coulera,

Sera la semence qui fécondera

Ta terre, mon frère, ma seconde patrie,

Adieu Brésil, mon ami...

 

  Printemps 1990

 

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 21:02

"La vraie démocratie ne viendra pas de la prise du pouvoir par quelques uns,

mais du pouvoir que tous auront de s'opposer aux abus de l'autorité"

Gandhi

cité dans les EV n°68

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 14:41

II y a cinq ans, les séminaristes avaient demandé à Gabriel de venir vivre au milieu d'eux au grand séminaire de Vitoria. Presque tous issus des communautés ecclésiales de base, ils voulaient rester fidèles au monde populaire qui les avait fait grandir comme hommes et comme chrétiens. Gabriel fut, pour eux, prêtre accompagnateur, habitant avec eux durant un an, sans jamais cesser d'accompagner les communautés dont il avait la charge.

Depuis trois ans, il était chargé du cours de pastorale au grand séminaire de Vitoria. Tous les séminaristes ont un engagement pastoral hors séminaire. Le cours de pastorale a pour fonction de les aider à revoir ce qu'ils font, d'en améliorer la pratique et de la fonder théologiquement. Il donne de la matière première aux études théologiques en lui posant les questions que la vie du peuple de Dieu pose et il rend opérationnelles les études théoriques.

L'Eglise locale, déjà si riche en laïcs engagés dans une évangélisation libératrice, voit maintenant surgir des ministres ordonnés et des consacrés en communion profonde avec les grands choix de Vatican II, Medellin et Puebla. Le diocèse de Vitoria do Espirito Santo a eu une extraordinaire fécondité parce qu’il y a eu continuité depuis le retour du concile de ses évêques Dom Joao et Dom Luis.

Gabriel est arrivé dans un mouvement pastoral puissamment enraciné depuis déjà une quinzaine d’années  et il était normal qu’après le temps où de nombreux laïcs ont découvert et vécu le message «l'Eglise, c'est nous», quelques-uns parmi eux se posent la question de la vocation sacerdotale ou religieuse et qu'ils cherchent un chemin de formation adapté à leur origine populaire et à leur futur ministère dans des communautés de base du monde populaire.

Dans cette étape de l'histoire du diocèse de Vitoria, Gabriel a pris aussi normalement sa place. Il est facile de penser que le développement d'un jeune clergé bien du pays issu du monde populaire, très en lien avec lui, fortement enraciné dans une pastorale latino-américaine libératrice dérange davantage les classes installées. Elles étaient plus à l'aise jusqu'alors avec un clergé à leur dévotion ou des religieuses pansant les plaies laissées par la société.

Aimant profondément l'Eglise, il a donné du temps à la formation des personnes qui aiment l'Evangile. Il a aussi souffert des lenteurs de cette Eglise, de ses hésitations et de ses marches  arrière. Il a souffert de l'énorme difficulté qu'a l'Eglise en Europe de comprendre vraiment ce qui se passe dans le peuple de Dieu en Amérique latine. Il a passé du temps, écrit de nombreuses lettres animées d'une fougue passionnée pour nous aider à mieux comprendre et à ne pas perdre l'espoir : une Eglise évangélique où les petits aient tout leur place, c'est possible !

Nous témoignons de cet espoir, nous qui avons eu la chance de faire partie de cette Eglise durant plusieurs années, dont quelques-unes avec Gabriel Maire à Vitoria.

Nous rédigeons ce témoignage à trois voix, le jour de la fête de saint Etienne, premier martyr. Nous relisons ensemble, avec l'émotion que vous devinez, la parole de Jésus : « Méfiez-vous des hommes, ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom. Mais celui qui aura persévéré jusqu'au bout, celui-là sera sauvé. »

 

Témoignages de Bernard COLOMBE, du diocèse de LYON, de Marcel CORTEY du diocèse d'AUTUN, de Jean FUGERAY  du diocèse de LANGRES

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 14:35

Dans ces communautés, Gabriel rencontrait tous les jours le monde ouvrier. Les dernières années ont été très difficiles : l'inflation était galopante, plus de 20 % par mois, le pouvoir d'achat ne cessait de diminuer (n'oublions pas qu'au Brésil, de 1986 à 1989, on a ôté six zéros à la monnaie). Arrivant à Vitoria, Gabriel a perçu très vite la situation catastrophique des ouvriers ; à cette époque, la pastorale ouvrière était en route depuis quelque temps déjà au niveau du diocèse et au niveau du pays. La « Commission nationale de pastorale ouvrière » s'organisait. Gabriel a pris part très vite à tous ces efforts.

II s'agissait d'aider les ouvriers des communautés ecclésiales de base à découvrir, analyser, réfléchir aux causes de leur misère. La communauté, lieu d'Eglise, se devait d'être l'espace d'une telle réflexion.

Au temps de la dictature militaire, on avait commencé, dans le diocèse, à faire paraître le journal Serramenta-(l'outil), qui avait surtout pour but d'informer les ouvriers sur les événements ouvriers du pays et de les conscientiser petit à petit. Gabriel avait le don du journalisme, il a repris ce petit journal, a trouvé des collaborateurs, veillait jalousement à son impression, ses dessins et à sa distribution. Ce petit mensuel devait être de qualité.

Gabriel faisait souvent l’éditorial ; c'étaient généralement des chefs-d'œuvre de clarté et de simplicité où il reprenait les événements les éclairant de la lumière évangélique. Il ravivait sans cesse la conscience des ouvriers des communautés pour qu'ils s'engagent, sortent de la résignation et comprennent qu'être chrétien c'est participer à cette longue gestation d'une classe ouvrière plus consciente, plus organisée, plus libre et plus juste. Et pour que tout cela passe mieux dans quelques-unes de ces communautés, c'était l'équipe de pastorale ouvrière qui assumait, une fois par mois, l'animation liturgique du dimanche.

Le deuxième samedi après Pâques, il y a, à Vitoria, le pèlerinage des hommes au sanctuaire de Nossa Senhora da Penha, situé selon les cas à quinze ou vingt kilomètres des communautés. Les hommes partent vers 20 h des communautés et se rassemblent au sanctuaire, situé sur la hauteur, vers minuit.

Comme coordinateur de son secteur, Gabriel a beaucoup fait pour que ce pèlerinage parle le langage des ouvriers, entre dans leurs préoccupations, les aide à sortir de la résignation et de l'inertie. Naturellement, il marchait avec les hommes de ces communautés toute la nuit et passait aussi beaucoup de temps à préparer, avec les confrères, la célébration pour que les ouvriers se sentent interpellés et chez eux. Ce pèlerinage ordinaire a pris, grâce à Gabriel, une couleur vraiment ouvrière.

Bien souvent, on se demandait où Gabriel puisait tant d'énergie, aussi bien sur le plan physique que spirituel car, lorsqu'il y avait des grèves ou des meetings publics pour la défense des ouvriers et de la démocratie, il était toujours présent malgré tout son travail et son agenda bourré de rendez-vous.

Gabriel lisait et se nourrissait de la parole de Dieu : c'est grâce à la révélation d'un Dieu qui n'a fait qu'un avec notre histoire que Gabriel avait la force de ne faire qu'un avec l'histoire du peuple qui lui a été confié.

Témoignages de Bernard COLOMBE, du diocèse de LYON, de Marcel CORTEY du diocèse d'AUTUN, de Jean FUGERAY  du diocèse de LANGRES

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 14:24

Le 8 octobre dernier, Gabriel Maire était installé comme curé de la paroisse Saint-François-d'Assise, le frère, le pauvre, le non-violent, sur la commune de Cariacica. Paroisse toute nouvelle créée comme un rassemblement de dix communautés ecclésiales de base. L'évêque, Mgr Sylvestre Scandian, venait de renouveler pour trois ans son mandat dans le diocèse. Gabriel était heureux de voir aboutir un long travail de formation de centaines de chrétiens, jeunes et adultes. Depuis neuf ans, il accompagnait cette population de 40 000 habitants, de gagne petit, soumis à de dures conditions de transport, de travail, de logement et de sécurité.

A l'autre bout de la même commune, il était au service d'une demi-douzaine de communautés de la paroisse du Bon Pasteur. Ce long cheminement quotidien de visites, de réunions, de célébrations, de joies et de souffrances individuelles et collectives, avait donne à Gabriel une énergie très forte pour défendre cette population contre tous ceux qui se moquaient d'elle. Il y avait des gens qui ne supportaient pas ce travail de libération, de mieux être collectif, d'espérance populaire que quelques droits fondamentaux seraient un jour respectés. C'était notamment le cas d'un petit groupe d'hommes qui s'étaient maintenus à la tête de la mairie pendant vingt ans, pour en tirer les meilleurs bénéfices et retarder le plus possible les installations de routes, égouts, écoles, postes de santé dont les gens avaient besoin.

Le 15 novembre 1988, un nouveau maire est élu sur un programme social qui va forcément léser les intérêts de ce groupe. Diverses manœuvres que Gabriel a racontées dans les Echos de Vitoria vont empêcher le maire élu, Vasco Aives, d'exercer son mandat. Les communautés se mobilisent alors dans toute la commune « pour la paix et la démocratie à Cariacica », selon le slogan adopté et affiché devant toutes les églises.

Avec deux autres prêtres, Gabriel reçoit alors des menaces de mort, en juin 1989. Protégé par la police pendant un ou deux jours, il préfère ne plus dormir chez lui pendant quinze jours. En décembre, les menaces reprennent, anonymes ou directes. L'évêques les a rendues publiques au cours de la célébration des funérailles de Gabriel, à la cathédrale de Vitoria, le dimanche 24 décembre. Devant des milliers de paroissiens et d'amis, cette annonce a coupé court à la version divulguée par les journaux d'un crime crapuleux... alors que rien n'a été volé, ni la voiture ni les documents ni l'argent.

Gabriel est mort d'une balle dans le cœur tirée à bout portant. L'enquête de la police fédérale devra chercher le tueur et ses motifs. Peut-être montrera-t-elle qui a donné l'ordre de tuer. Même si elle ne le faisait pas, les gens, eux, ont compris la logique de la vie du Padre Gabriel : ensemble, on peut faire quelque chose pour se rendre la vie moins dure ; ensemble on peut faire respecter quelques lois et pour cela il faut de la ténacité et du courage.

Les  gens  des  communautés  l'ont entendu réagir, prier, prêcher sur les événements qui abîmaient ou supprimaient la vie de tant d'êtres humains appauvris, opprimés par des « structures de péché » comme dit Jean-Paul II. Il voulait que cela change, il formait des responsables en grand nombre et dans une intense diversité de fonctions : baptêmes, Bible, trésorerie, associations, politique, rédaction de bulletins, histoire des communautés, chants, conseils, etc. Sa capacité d'animation et de coordination avait été reconnue : il était le coordinateur des communautés de Cariacica (200000 habitants) et célébrait souvent la messe télévisée locale.

Témoignages de Bernard COLOMBE, du diocèse de LYON, de Marcel CORTEY du diocèse d'AUTUN, de Jean FUGERAY  du diocèse de LANGRES

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 14:08

GABRIEL MAIRE : « MARQUÉ POUR MOURIR »

Agé de 53 ans, Gabriel Maire était, depuis neuf ans, prêtre d'une paroisse de Vitoria, la capitale de l'Etat d'Espirito Santo (jouxtant l'Etat de Rio). Au Brésil, mais aussi en France par l'intermédiaire d'une lettre intitulée « Echos de Vitoria », il ne cessait de lutter pour une Eglise engagée aux côtés des plus pauvres, dans la lutte pour la justice et la défense des droits de l'homme. Au Brésil, ces militants — qu'ils soient chrétiens ou non — sont généralement « marqués pour mourir » : c'est-à-dire que leur tête est mise à prix...

S'opposant depuis plusieurs années aux manœuvres de la famille Santini — qui règne sur Cariacica, la commune de Gabriel Maire, parla démagogie, la corruption et l'assassinat — Gaby était « marqué pour mourir ». La « sentence » a été exécutée le 23 décembre : après une réunion à l'église, quelqu'un lui a demandé de le conduire en voiture a quelques kilomètres de la ; on devait retrouver le cadavre de Gabriel Maire, tué d'une balle en plein cœur... Inutile de dire que « l'autostoppeur » avait disparu. Nous avons demand2 à trois prêtres français qui étaient ses amis, de dire qui était Gabriel Maire, quel était le sens de sa vie, quel est celui de sa mort.

1) Dans une Eglise qui grandit avec les pauvres

2) Dans une Eglise qui grandit avec le monde ouvrier

3) Dans une Eglise qui grandit avec ses séminaristes

Témoignages de Bernard COLOMBE, du diocèse de LYON, de Marcel CORTEY du diocèse d'AUTUN, de Jean FUGERAY  du diocèse de LANGRES

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 13:03

Mgr SCANDIAN EXIGE TOUTE LA VÉRITÉ

 

Mgr Sylvestre Luis Scandian, archevêque de Vitoria, au Brésil, est venu témoigner vendredi, à Paris, de ce que fut l'œuvre du P. Gabriel Maire, prêtre jurassien envoyé comme Fidei donum au Brésil en 1980, assassiné le 23 décembre (LA CROIX l'Événement du 27 décembre).

Aux journalistes invités à cette conférence de presse organisée par José de Broucker, directeur de L'Actualité religieuse dans le monde, Mgr Scandian a précisé que le P. Maire était coordinateur de la pastorale de Cariacica, une zone très pauvre qui compte sept paroisses regroupant 200 000 habitants. « II a fait ce travail en accord avec une Église dont la pastorale était dam la ligne de l'organisation du peuple qui lutte pour la justice et les droits de l'homme. »

 

C'est sans doute ce qui a coûté la vie à ce prêtre de 53 ans, très engagé dans un combat local opposant le maire de Cariacica, Vasco Alves Junior, à ce que le P. Gabriel Maire appelait les « forces conservatrices ». Ancien avocat de la Commission Justice et Paix de l'archidiocèse de Vitoria, V. A. Junior se vit retirer en 1988 son mandat. « Depuis plus de vingt ans, une famille régnait sur Cariacica par tous les moyens : corruption, assassinats de gêneurs, démagogie effrénée », écrit le prêtre dans une lettre à ses amis français datée du 10 septembre dernier. Quand le maire fut destitué pour « irrégularités », « tout le monde comprit aussitôt que c'était à peine un prétexte pour en finir avec une expérience qui allait contredire et contrecarrer les habitudes de corruption de la municipalité ».

 

Le P. Gabriel Maire, lui aussi, dut être perçu comme un « gêneur ». C'est ce que laisse entendre Mgr Scandian : « La vérité sur l'assassinat n'est pas pleinement faite. L'Église n'a pas accepté la version selon laquelle il s'agissait d'un crime de droit commun. Le Père Gabriel avait reçu en juillet des menaces de mort... Nous avons demandé que le gouverneur désigne un commissaire spécial pour faire la vérité sur le crime, et que l'enquête soit menée non par la police locale mais par la police fédérale. » L. C.

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 12:35

UN PRÊTRE FRANÇAIS ASSASSINÉ AU BRÉSIL

 

Un prêtre français qui travaillait depuis neuf ans au Brésil, l'abbé Gabriel Maire, 53 ans, a été assassiné par balles samedi soir dans un quartier pauvre et violent de Vitoria, capitale de l'Espirito Santo, État voisin de Rio de Janeiro.

Pour les responsables locaux des forces de l'ordre, « tout indique qu'il s'agit d'un crime crapuleux ». Cependant, le délégué français du Comité épiscopal France-Amérique latine (Cefal), le P. Salvador Martinon, ainsi que l'archevêque de Vitoria, Mgr Silvestre, ont affirmé que le P. Gabriel Maire « avait déjà reçu plusieurs menaces personnelles de mort » ainsi que d'autres prêtres de la région et que « tout indiquait que le crime avait été planifié et était politique ».

Selon le P. Salvador, le P. Gabriel du diocèse de Saint-Claude (Jura) s'occupait des communautés ecclésiales de base et des groupes ouvriers locaux depuis son arrivée au Brésil en 1980. II avait inauguré une paroisse le 8 octobre dernier dans le bidonville de Porto de Santana et venait de renouveler un contrat pour rester trois ans de plus au Brésil.

Il y a quelques jours, le P. Maire avait fait parvenir en France une lettre où il expliquait la situation sur place. « Depuis plus de vingt ans, une famille régnait sur Cariacica par tous les moyens, corruption, assassinat des gêneurs, y compris des maires élus, démagogie effrénée dispensant les grandes entreprises commerçantes de la commune de payer leurs impôts, achetant la justice, etc. », expliquait-il notamment.

Il racontait ensuite comment la résistance s'était organisée, notamment sous la direction de l'Église. « L'Église locale, écrivait-il, a été la principale force organisatrice du peuple utilisant un slogan : paix et démocratie à Cariacica, respectez le vote du peuple. En dix jours 15 000 signatures recueillies pour de mander aux conseillers municipaux de respecter la démocratie. Devant la plupart des églises surgirent de grandes banderoles avec le slogan cité ci-dessus. »

Des rassemblements de prière étaient organisés sur de nombreuses places de la commune, au pied de la banderole. Le 21 juillet avait eu lieu une grande manifestation de type pacifique et non violent. Considéré, semble-t-il, par le groupe corrompu comme le grand organisateur de cette opposition, le P. Maire affirmait : « Ces quatre mois furent d'une grande intensité, une expérience de plus de ce que sont le règne de l'argent, la soif absolue de pouvoir, le mépris total du peuple, la violence des puissants à l'état pur. »

Le responsable du Cefal a indiqué que 4 000 personnes de Porto de Santana ont accompagné, à pied sur six kilomètres, dimanche après-midi, le cercueil du prêtre assassiné jusqu'à la cathédrale de Vitoria où une messe a été célébrée en son honneur.

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 20:49

« On n’a rien qui ne soit donné / transmis. »

Depuis quelques temps, je prends conscience de ce que Gaby m’a inconsciemment offert. Moi qui ne l’ai connu que quand j’étais bébé, sans le savoir, il m’a donné mes grands parents affectifs du cœur. C’est grâce à lui que cette relation splendide est née avec Carlita et Roberto. Sans Gaby, je n’aurais pas l’intérêt que j’ai aujourd’hui pour le Brésil, cette soif de découvrir et m’impliquer dans ce combat (pour la justice et l’application des Droits de l’Homme, ce combat pour et avec les personnes pauvres). Cette soif au lien de s’apaiser, n’a fait que s’accroitre ce printemps au Brésil.

Avec Carlita qui a la même lutte, le même combat, et qui m’a partagé sa connaissance, ses convictions, son savoir.

« Le sang des martyrs est la semence des chrétiens » rappelait Lulu.

 

Sans l’amitié de mes parents avec Joseph, avec Gaby, avec Carlita et Roberto, ma vie ne serait pas la même. J’ai grandi avec ça.

Les liens donnent force aux choses. On n’imagine pas l’impact qu’ils peuvent créer. Mais ils nous montrent aussi que c’est dans la simplicité des choses les plus anodines que se cache le merveilleux…

Aujourd’hui, mon lien s’est renforcé encore avec Carlita, en réalisant mon rêve, en allant à sa rencontre, elle comme guide, moi le cœur ouvert pour tout découvrir.

Ce lien s’est également créé avec Katia et Eduardo ses enfants, et même ses petits enfants.

Mais le plus beau, c’est que ce lien même avec la mort, ne meurt pas. Aujourd’hui, je peux le voir : Roberto est là pour moi, mon grand père brésilien du cœur qui me chantait des chansons et sifflait comme un oiseau, chante toujours dans mon  cœur et siffle toujours, comme c’est beau…. Il est là auprès de moi. Et je sais que ce lien ne mourra jamais.

 

Rachel

 

Rachel a fait un stage de 5 mois à Vitoria dans le cadre de ses études d'éducatrice spécialisée. Elle a pu participer à toutes les manifestions du 20ème anniversaire de la mort de Gaby avec la délégation française représentant l'association "les amis de Gabriel Maire"

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 20:48

Célébration de la vie et de la mort et de la résurrection de Gaby Maire

 

Frères et sœurs, chers amis,

 

Ce que nous venons d’entendre de l’étrangère de l’Evangile est inouï. Ça peut être sur la terre comme au ciel. C’est désormais possible que sur la terre, il se passe ce qui se passe au ciel. Le fils de Dieu devient l’un de nous pour que nous tous les humains devenions les uns les autres, fils et filles de Dieu, frères et sœurs en humanité. C’est la GRACE-DIEU AUX HOMMES.

 

Avec vous, je suis émerveillé en contemplant ce que nous en font voir des peintres comme FRA ANGELICO  qui a peint je ne sais combien de fois l’ANNONCIATION.

 

En même temps, je suis touché de découvrir et me laisser raconter ce que, de cet Evangile de l’ANNONCIATION, ce qu’en ont fait de leur vie des femmes comme les Mères de la place de MAI en ARGENTINE, avec les sœurs Léonie DUQUET, Alice DOMON, Yvonne PIERRON. Ce qu’en ont fait dans leur existence des prophètes comme Gaby MAIRE. Nous célébrons aujourd’hui le 20ème anniversaire de sa mort dramatique.

 

Et puis, je suis interpellé et étonné de voir comment le sang des martyrs devient semence de chrétiens. En nous mettant à l’écoute de cet Evangile, nous devenons « artisans du monde ». Gaby disait : « citoyens du monde ». Tout le monde est en train de travailler à la construction du monde de maintenant :

Dieu, Père, Fils et Esprit Saint et l’humanité.

 

Et la nouvelle, c’est que ça circule entre Dieu et nous Humanité, d’une circulation vitale, pour la réalisation du monde. Et c’est tout le temps, ce n’est pas pour rien que nous avons en humanité l’habitude de chanter cet événement de l’ANNONCIATION, l’ANGELUS : matin, midi et soir. Le "tout le temps" se réalise jusqu’à nous, grâce à des prophètes envoyés de Dieu, au cœur de nos vies : Gaby par exemple.

 

En allant au Brésil sur les pas de Gaby en 1999, pour le 10ème anniversaire de sa mort, j’ai été touché d’entendre comment on l’appelle là-bas : "prophète Gabriel". C’est beau que ses parents, - vos parents, Pierre, Joseph, Marie-Thérèse et Bernard, - lui aient donné le nom de Gabriel.

 

Voulez-vous que accueillions Gaby comme envoyé de Dieu, c’est lui qui est en train par sa vie, ses paroles et son attitude, de nous raconter, plus que ça : de nous mettre à l’action pour faire commencer le monde là où nous vivons. Parce que quand on n’a pas de travail, pas de goût à quoi que ce soit, c’est la galère ; quand on est sans papiers, nous ne sommes pas quelqu’un pour qui que ce soit. D’ailleurs, ils le disent, ceux qui galèrent : « C’est pas une vie ! » « C’est pas un monde ! » C’est pour ça qu’on est en train d’inventer à Dole comme dans une centtaine de villes en France « le cercle de silence » pour que tout le monde fasse partie du monde. C'est le 1er samedi de chaque mois de 10h à 11h, place du 8 Mai à Dole.

 

C’est assez rigolo ce que je vais vous inviter à faire. Je n’y ai pas trouvé tout seul. Je me le suis laissé raconter par des gens des communautés de base, dans le souffle de la théologie de la Libération, ça fait des miracles, ça fait des merveilles par ce que ça change et transforme nos relations.

D’abord, ça nous met en relation les uns avec les autres :

                                                     le ciel avec la terre.

C’est ainsi que ça peut devenir sur la terre comme c’est au ciel.

On peut se mettre à vivre sur la terre comme dans le cœur de Dieu. Ce n’est pas impossible, c’est possible. Et aussi d’un bout du monde à l’autre bout du monde.

 

Vous voulez bien, que nous laissions dire que l’envoyé, l'ange Gabriel, c’est Gaby, notre ami. Laissons dire à L’Evangile que la personne à qui est envoyé l’ange Gabriel, c’est Marie, et que Gaby c’est à nous, à chacun de nous qu’il est envoyé. Mettez, écrivez, écoutez votre prénom à vous. Et ça donne : l’envoyé de Dieu Gaby qui envoyé par Dieu dans un village du Jura appelé Port-Lesney à ... (mettons notre prénom). Et voilà que nous laissons les paroles, les gestes et les attitudes de Gaby entrer chez nous. A combien d’entre nous Gaby a révélé que nous étions capable de changer :

-      notre milieu de vie : Avec combien d’entre nous Gaby a cheminé en JOC, en ACO, dans le mouvement des citoyens du monde, en paroisse, au caté ?

-      dans nos milieux de travail et d’habitation : que nous étions comblés de grâce, remplis de « graines de possible » dirait-on aujourd’hui.

C’est pour ça qu’on appelle Gaby : « profeta Gabriel »

 

Et quand on laisse ces paroles interpellantes bousculer nos vies, nous concevons que l’Esprit de Jésus influence nos comportements, nous enfantons Jésus, nous élevons le monde, nous faisons que l’Esprit de Jésus-Christ transforme nos façons de vivre et d’aimer.

Tout ça par grâce.

 

Alors c’est sûr que Gaby (et en cela il était prophète) Gaby s’est affronté à du difficile : « Tu as des terres à ne pas en savoir la superficie. Ce n’est pas d’abord à toi, et uniquement : qu’as-tu que tu n’aies reçu. La terre est à tous pour que tous puissent s’y implanter ».

La Vierge Marie, la première en chemin, a laissé sa vie se bousculer par les paroles de l’envoyé de Dieu, par la venue de quelqu’un qu’elle n’attendait pas, par des moyens et chemins inattendus. Et c’est venu jusqu’à nous. Tout le monde en profite de ce qui s’est passé en son être.

C’est pour cela que nous célébrons le 20ème anniversaire de la mort dramatique de Gaby, pour que ça vienne jusqu’à nous, que nous profitions de ce qu’il a deviné, de ce qui s’est conçu, inventé dans sa vie, pour que dans la vie des autres, ça soit comme dans la vie de Dieu.

C’est Noël !

C’est l’annonciation de Noël.

-      il y a 2000 ans à Nazareth, Bethléem,

-      il y a 20 ans à Vitoria

-      aujourd’hui à Port-Lesney.

 

Comme je suis heureux que vous, jeunes du MRJC, petite équipe de Salins, vous soyez là aujourd’hui. Vous nous direz ce qui fermente en vos vies, et qui converge avec ce que Gaby nous donne comme sève vitale et évangélique.

Et dans ce sillage, voici la lettre que je reçois de Rachel.

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 14:39

 

Composition : Chico Buarque et Gilberto Gil - 1973

"Cálice" pour "calice" ou pour "tais-toi" ("cale-se"). Tel est le jeu de mots initial de cette magnifique chanson basée sur une homonymie presque parfaite, qui critique le manque de liberté d’expression pendant la dictature brésilienne. En un mot sont concentrées la douleur et la répression environnantes.

La chanson fut conçue un vendredi Saint, avec beaucoup de "passion", d’où l’idée de faire le lien avec la Bible où Jésus Christ aurait prononcé, après la Cène, les parole suivantes : "Père, s’il est possible, que ce calice s’éloigne de moi".

 

(Version de Chico Buarque et Milton Nascimento)

Pai, afasta de mim esse cálice Père, éloigne de moi ce calice
Pai, afasta de mim esse cálice Père, éloigne de moi ce calice
Pai, afasta de mim esse cálice Père, éloigne de moi ce calice
De vinho tinto de sangue De vin rouge de sang
Como beber dessa bebida amarga Comment boire de cette boisson amère
Tragar a dor, engolir a labuta Avaler la douleur, avaler le labeur
Mesmo calada a boca, resta o peito Si la bouche est muette, il reste le coeur
Silêncio na cidade não se escuta Silence en ville on n’écoute pas
De que me vale ser filho da santa A quoi me sert d’être fils de sainte
Melhor seria ser filho da outra Être fils d’une autre serait mieux
Outra realidade menos morta Une autre réalité moins morte
Tanta mentira, tanta força bruta Tant de mensonges, tant de force brute
Pai, afasta de mim esse cálice Père, éloigne de moi ce calice
Pai, afasta de mim esse cálice Père, éloigne de moi ce calice
Pai, afasta de mim esse cálice Père, éloigne de moi ce calice
De vinho tinto de sangue De vin rouge de sang
Como é difícil acordar calado Comme il est dur de se réveiller muet
Se na calada da noite eu me dano Si dans la nuit muette je me damne
Quero lançar um grito desumano Je veux lancer un cri inhumain
Que é uma maneira de ser escutado Une manière d’être entendu
Esse silêncio todo me atordoa Tout ce silence m’étourdit
Atordoado eu permaneço atento Etourdi je demeure attentif
Na arquibancada pra a qualquer momento Dans la tribune pour à tout instant
Ver emergir o monstro da lagoa Voir émerger le monstre du lac
Pai, afasta de mim esse cálice Père, éloigne de moi ce calice
Pai, afasta de mim esse cálice Père, éloigne de moi ce calice
Pai, afasta de mim esse cálice Père, éloigne de moi ce calice
De vinho tinto de sangue De vin rouge de sang
De muito gorda a porca já não anda Trop grosse, la truie n’avance déjà plus
De muito usada a faca já não corta Trop usé, le couteau ne coupe déjà plus
Como é difícil, pai, abrir a porta Comme il est dur, père, d’ouvrir la porte
Essa palavra presa na garganta Ce mot emprisonné dans la gorge
Esse pileque homérico no mundo Cette griserie homérique dans le monde
De que adianta ter boa vontade A quoi sert la bonne volonté
Mesmo calado o peito, resta a cuca Si le coeur est muet, il reste la tête
Dos bêbados do centro da cidade Des ivrognes du centre-ville
Pai, afasta de mim esse cálice Père, éloigne de moi ce calice
Pai, afasta de mim esse cálice Père, éloigne de moi ce calice
Pai, afasta de mim esse cálice Père, éloigne de moi ce calice
De vinho tinto de sangue De vin rouge de sang
Talvez o mundo não seja pequeno Le monde n’est peut-être pas petit
Nem seja a vida um fato consumado Ni la vie un fait consommé
Quero inventar o meu próprio pecado Je veux inventer mon propre péché
Quero morrer do meu próprio veneno Je veux mourir de mon propre venin
Quero perder de vez tua cabeça Je veux pour toujours perdre ta tête
Minha cabeça perder teu juízo Ma tête perdre ton esprit
Quero cheirar fumaça de óleo diesel Je veux sentir la fumée du diesel
Me embreagar até que alguem me esqueça M’enivrer jusqu’à ce que quelqu’un m’oublie

(Traduction de Georges da Costa)

 

Documents tirés de autresbresils.net

Vous y trouverez d'autres interprétations de cette chanson.

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 11:59

" Etre citoyen mes amis, ce n’est pas vivre en société : c’est transformer la société dans laquelle nous vivons "

Forum Social Mondial 2009, Augustin Boal, créateur du "Théâtre de l’opprimé ",

 décédé en mai 2009 à Rio de Janeiro

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 11:57

"Nous sommes des vivants dans notre temps et nous devons en être acteurs. Gaby doit être notre guide. Le peu que l'on peut faire, il faut le faire. Le passé, on en bénéficie et nous sommes responsables de notre avenir. Demain est à faire et personne ne le fera à notre place, à nous de faire avancer les choses."

Cité par Madeleine Bourgeois dans Le Progrès / Les Dépêches du 21 décembre 2009

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 10:16

XXe anniversaire de l'assassinat de Gabriel Maire

le 20 décembre 2009 à Port-Lesney

 

 - Le compte-rendu de Marie-Thérèse Maire :

Ce XXe anniversaire, on en parlait depuis bien longtemps et il avait été décidé que, comme le Xe en 1999, il serait célébré en l’église de Port-Lesney, là où Gaby avait été baptisé, avait fait sa communion et célébré sa première messe sacerdotale en 1963. Depuis, combien en a-t-il célébré dans cette église ? : Beaucoup, quand il était prêtre dans le diocèse et beaucoup encore, quand il revenait du Brésil pour se ressourcer en 1983 (la première fois), en 1985 (à la mort de maman) et en 1987 (son dernier séjour ici).

Nous voulions que ce XXe anniversaire soit marquant et c’est donc pour cela que nous avons choisi de contacter Mgr Jacques Gaillot, que Gaby admirait et avec qui il correspondait depuis longtemps. Celui-ci a accepté tout de suite notre invitation et s’est rendu libre pour venir animer cette journée du souvenir, malgré ses activités nombreuses en cette période hivernale, pour assister les personnes sans abri et les mal logés.

Tous les médias, que nous avions informés longtemps à l’avance, ont fait de bons et nombreux articles ou annoncé à la radio cette commémoration et la venue de Mgr Gaillot. La Voix du Jura nous a particulièrement bien accompagnés. 

Mais la neige qui s’est mise à tomber en abondance à partir du vendredi 18, a bien failli gâcher dette journée, empêchant de se rendre à Port-Lesney beaucoup de monde qui avait prévu d'y venir. Ils ont été nombreux à téléphoner et écrire pour dire leurs regrets … Nous étions cependant nombreux et avons eu une très belle commémoration.

Mgr Jacques Gaillot a eu, lui, une longue journée car, parti tôt le matin de Paris, il a été bloqué dans le TGV pendant deux heures et n’a pu arriver assez tôt pour célébrer la messe et le soir, même problème, il est donc arrivé chez lui à plus de minuit, mais très heureux de sa journée avec nous.

Pour que cette célébration soit réussie, tous les membres du CA de Port-Lesney : Lucien et Janine, André, Frédérique, Christiane et moi, ont préparé toute la semaine précédente, avec tout leur cœur et dans la bonne humeur, le nettoyage et la décoration de l’église (branches de sapin, banderoles, fleurs etc.) et c’était très beau ! Puis, le samedi soir, c’était la préparation de la salle des fêtes de Mouchard pour le repas du dimanche à midi et la conférence-débat.

Le déroulement de la journée

Le matin à 10h 30, dans la neige et le froid, le recueillement s’est fait sur la tombe de Gaby. C’est Joseph qui a fait la méditation et fait chanter "Un monde meilleur", entouré de Lulu, Jean Tribut et ceux qui avaient tenu à être là. Le maire de Port-Lesney et son épouse étaient présents.

La messe a débuté à 11 heures, concélébrée par quatre prêtres : Lulu, Jean, Bernard et Joseph, assistés d’un diacre, Gérard. Lulu, prêtre de la paroisse, membre de l’association et ami de Gaby depuis toujours, a été formidable. Il a d’abord présenté l’association et rappelé ses buts, puis a dit la communion de tous par la pensée avec les Brésiliens de Vitòria et la petite délégation des Français, Amis de Gaby, et avec Mgr Jean Legrez, évêque de Saint-Claude, tous partis là-bas pour assister sur place aux cérémonies de ce XXe anniversaire.

Puis il a dû improviser pour remplacer l’homélie que devait faire Mgr Gaillot. Il a parlé avec chaleur de Gaby et de son esprit prophétique, demandant à tous de "continuer à vivre à sa manière afin que chaque petit de notre humanité puisse trouver sa place".

Les prières et les chants avaient été préparés par l’équipe paroissiale à laquelle toute l’assistance s’est jointe avec ferveur. Puis Mgr Gaillot a fait son apparition, applaudi par tous, expliquant son retard et invitant tout le monde à participer au pot de l’amitié qui avait été préparé au fond de l’église. Quelle ambiance à ce moment-là !

La photo souvenir de Gaby a été distribuée à tous.

Nous avons ensuite pris la route de Mouchard pour le repas en commun, tiré du sac, où nous nous sommes retrouvés à 85, dans ce climat si sympathique.

Et ce fut la conférence du Père J. Gaillot, à laquelle nous étions environ 150. Il nous a parlé de l’exclusion, des gens en difficulté, de l’Amérique latine et de Dom Helder Camara.

Les questions fusaient de façon très simple et naturelle, sur lui, sa vie actuelle, son travail dans l’Eglise et son avis sur de nombreux autres sujets. A toutes ces questions, il a répondu très simplement aussi, en toute franchise et en toute liberté, émaillant ses propos d’anecdotes vivantes et pleines d’humour, ce qui a été très apprécié.

Quelque part, c’était Gaby qui était revenu au milieu de nous et parlait par sa voix.

Ce fut une journée exceptionnelle, telle que nous l’avions espérée.

M.Th. M.

EV 75 d'Avril 2010

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 08:37

L'association "Les amis de Gabriel MAIRE" a été créée après l'assassinat de Gaby au Brésil le 23 décembre 1989.
Elle édite une revue "les échos de Vitoria" dont vous pouvez demander un exemplaire en nous laissant vos coordonnées.
N'hésitez pas à vous inscrire (voir rubrique à droite) pour être informés des mises à jour.
Nous avons besoin de vous pour faire évoluer ce blog par vos remarques et suggestions.
Merci

 

 

L'association "Les Amis de Gabriel Maire" a été fondée le 12 mai 1990 à Port-Lesney.

 

- Echos de l'assemblée constitutive de l'association.

 

- Statuts de l'Association

 

Mot de Joseph Tribut, premier président de cette association.

   

 

Dans ses relations avec le Brésil, les objectifs de l'association "Les Amis de Gabriel Maire" sont :

 

-          d'accompagner toute action tendant à faire apparaître la vérité sur l'assassinat de Gabriel MAIRE,

 

-          d'apporter un soutien moral aux adultes engagés dans l'association brésilienne "Padre Gabriel pour la défense de la vie", qui conduit des actions de mobilisation, de conscientisation auprès des populations pour qu'elles fassent valoir leurs droits au logement, à la santé, à l'éducation, au travail,

 

-          d'apporter un soutien matériel pour des actions bien ciblées, principalement à l'adresse des adolescents de rue, pour les sortir de cette impasse en leur donnant une éducation porteuse d'avenir,

 

-          de communiquer par l'échange de courrier et la diffusion d'un bulletin interne "Les Echos de Vitoria" (parution deux fois l'an), et par ce blog.

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 08:33

Gaby

 

Né le 1er août 1936 à Port-Lesney (Jura), de parents agriculteurs.

 

Après des études au petit et grand séminaire du Diocèse de Saint-Claude, il est ordonné prêtre en 1963.

 

Il exerce son ministère, d'abord à la Paroisse Saint-Jean à Dole, de 1963 à 1969, puis à la Cathédrale de Saint-Claude de 1969 à 1980.

 

Aumônier de lycée et de J.O.C., animateur de quartiers populaires, dynamique, chaleureux, homme de contact, sa simplicité naturelle, son humour attirent et il devient très vite l'apôtre écouté des jeunes et des moins jeunes, croyants, incroyants qui, maintes fois, ont exprimé tout ce qu'ils avaient reçu de ce prêtre. Il crée dans le Jura le "Mouvement Populaire des Citoyens du Monde" (M.P.C.D.M) dans lequel il s'engage à fond contre le racisme, l'armement, pour la paix et les Droits de l'homme.

 

Son amour passionné pour la Paix et la Justice lui feront prendre des positions et des risques.

 

Le 2 octobre 1980, c'est le départ pour le Brésil, comme "Prêtre Fidei Donum".

 

Arrivé à Vitoria, ville de 1 200 000 habitants, il s'intègre très vite à la population. Il soutien le peuple chrétien des quartiers populaires organisé en Communautés Ecclésiales de base. Il anime les équipes, écoute et valorise les plus défavorisés. Il finit par s'installer au milieu d'eux pour mieux les comprendre et tout partager avec eux. Il dénonce la violence et l'oppression dont le peuple est victime, conscientisant sans relâche, appuyant les mouvements pour la Paix et la Démocratie et pour plus de Justice.

De plus en plus connu, aimé et suivi par le peuple, il devient gênant pour ceux qui tiennent à leurs privilèges. Alors commencent pour lui la persécution et les menaces de mort afin qu'il cesse ce travail, qu'il se taise et se tienne tranquille.

Mais, ferme et déterminé, il poursuit sa tâche, soutient la cause du Peuple au service duquel il s'est mis et qu'il ne veut pas abandonner.

Le 21 décembre 1989, interviewé par la télévision locale, il explique le travail de l'Eglise au Brésil, il affirme sa foi. Il donne son dernier message de Paix à l'occasion de Noël. 

 

 Et le samedi 23 décembre 1989, une balle tirée en plein cœur l'arrête dans son élan. Gaby est lâchement assassiné.

 

 

 

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 08:30
                              

 

... Etre chrétien, c'est être quelqu'un d'actif, quelqu'un qui travaille au service du peuple.

... Dès 15-16 ans, j'ai compris qu'être prêtre, c'est être au service de Dieu, au service du peuple.

... J'avais choisi le Brésil car j'avais conscience d'y trouver une Eglise très combative, une Eglise qui ne se laissait pas décourager, qui ne se laissait pas commander.

... Le Brésil est un pays qui a toutes les possibilités pour être un pays avec un peuple heureux. Mais malheureusement, malheureusement, un pays qui ne sait pas respecter le peuple le plus pauvre.

... Alors je me sens parfaitement à l'aise dans l'Eglise que je connais au Brésil, cette partie de l'Eglise qui veut vraiment vivre la vie de Jésus-Christ et travailler à la libération du peuple.

... L'engagement dans les communautés, c'est indispensable, indispensable, et je ne vois pas comment une Eglise peut rester en dehors d'un processus de libération du peuple.

... Noël : c'est Jésus-Christ incarné dans l'Eglise, dans la réalité. Ce n'est pas un choix, c'est une réalité que le chrétien vive à l'intérieur de la réalité. Notre Seigneur a vécu à l'intérieur de la réalité... prisonnier au milieu de la lutte du peuple.

... Ce qui est important, ce n'est pas le nombre de personnes, c'est la conscience de ces personnes, ces personnes qui peuvent transformer le milieu de vie.... Le capitalisme est universel ; il sait très bien faire dévier le sentiment religieux des gens, occuper l'espace, profiter de toutes les fêtes religieuses pour faire de ces fêtes un négoce.

... L'Eglise n'est pas faite pour réunir tout le monde, l'Eglise est faite pour parler à tout le monde.

... Dans ma vie personnelle, j'ai eu envie de laisser, il y a quelques années... Le découragement, Jésus en a eu... Mais je suis resté : ce qui m'a aidé c'est l'amour passionné pour Jésus-Christ et des milliers et des milliers d'amitiés là-bas et surtout ici.

... Ce qui est important, c'est que le prêtre puisse vivre l'amitié.

... Si un prêtre est engagé, il va être persécuté... Bien sûr Jésus est mort, accusé par tous les chefs politiques et religieux de l'époque... On ne doit pas avoir peur de la persécution ; c'est normal. Une Eglise qui ne connaît pas la persécution, c'est qu’elle s'est rangée ; elle n 'est déjà plus prophétique. L'Eglise doit être prophétique.

... Le peuple manque d'autonomie... Beaucoup veulent utiliser et exploiter le peuple. Le jour où il y aura une alphabétisation générale, une éducation, le peuple va penser à son compte. Les choses vont changer. Il y a des gens qui ont peur de cela... Pour la classe dominante, Jésus-Christ est seulement celui qui est utilisé pour défendre leurs intérêts à eux.

... Mon message est que tout le monde puisse vivre libre, connaisse la liberté, réfléchisse lui-même, que l'Evangile soit annoncé, le véritable Evangile, libérateur de la personne entière et de toutes les personnes. Que chacune puisse s'exprimer, pas tout seul, mais avec le peuple entier, que le peuple puisse s'organiser parce que nous, nous sommes le peuple de Dieu, nous sommes les acteurs de l'Histoire et cela parce que Dieu est avec nous pour faire l'Histoire. Et ça c'est totalement biblique.

... Il y en a assez de l'individualisme d'une religion où chacun cherche à résoudre ses propres petits problèmes.

... Nous ce que nous voulons, c'est une Eglise au service du peuple qui se libère, du peuple auteur de son Histoire.

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 08:00

Trait d’union entre leur Eglise d’origine et leur Eglise d’accueil...

 

Environ 150 prêtres de différents diocèses de France, sont engagés au service de l’Eglise en Afrique, Amérique latine, Asie et Europe dans l’esprit de l’encyclique “Fidei Donum”.

 

Que signifie “Fidei Donum” ?

« Le don de la foi » (en latin : « Fidei donum ») : c’est le titre de la lettre que Pie XII a envoyée à tous les évêques du monde le 21 avril 1957. Le pape les invitait à porter avec lui, « le souci de toutes les Eglises » (2 Cor 11,28). Et cela non seulement par la prière et l’entraide, mais aussi « en mettant certains de leurs prêtres, pour une durée limitée, à la disposition des évêques d’Afrique ».

 

Du côté français, un bon nombre de prêtres diocésains répondirent aussitôt à cet appel : dès 1960, on en comptait déjà 81, travaillant dans 27 diocèses africains.

Le 25 septembre 1961, le Pape Jean XXIII demandait aux évêques de réaliser le même effort en faveur des Eglises d’Amérique Latine. Là aussi, la réponse fut dynamique : cinq ans plus tard, 75 prêtres français étaient déjà à l’œuvre en pays latino-américain.

 

Mais c’est durant le Concile Vatican II que fut affirmée plus clairement et unanimement la collégialité des évêques dans la Mission Universelle. Tous et chacun – et leurs Eglises avec eux – sont solidairement responsable de l’évangélisation du monde. Tous et chacun doivent donc avoir à cœur « d’envoyer certains de leurs prêtres dans ces missions ou ces diocèses pour y exercer le ministère sacré de façon durable ou transitoire ». « Le Concile souhaite vivement que les évêques, réfléchissant à la très grave pénurie de prêtres qui empêche l’évangélisation de nombreuses régions, envoient à des diocèses manquant de clergé quelques-uns de leurs meilleurs prêtres qui se proposent pour l’œuvre missionnaire ».

 

Depuis lors, l’effort continue. La courbe est montée régulièrement jusqu’à atteindre le chiffre de 564 en 1971. Par la suite, le nombre a baissé de moitié en trente ans. Il se maintient actuellement aux environs de 150 prêtres diocésains en activité au-delà de nos frontières, mais leur âge moyen est beaucoup plus élevé que jadis.

Soulignons aussi que, depuis 1957, de nombreuses congrégations ont envoyés des équipes de religieux et de religieuses dans l’esprit de Fidei donum. C’est également à cette époque, et dans la même perspective, que se sont mis en place des organismes de volontariat laïc pour la coopération. Citons en particulier la Délégation Catholique à la Coopération (DCC), le Service de Coopération au Développement (SCD), le Centre de Formation pour le Développement (CEFODE), la FIDESCO (Communauté de l’Emmanuel), etc.

 

Durant ces 50 ans après l’Encyclique « Fidei donum », c’est plus de mille prêtres français qui ont été ainsi envoyés principalement en Afrique et en Amérique Latine.

Et ceci, non sans risque : le 5 février 2006 : le P. Andréa Santoro, prêtre italien Fidei donum, 61 ans, a été tué de deux balles dans le dos alors qu’il priait dans son église à Trabzon, en Turquie. Parmi les français, plusieurs payèrent de leur vie leur solidarité avec les populations les plus fragiles : le P. Gabriel Maire, prêtre Fidei donum de Saint Claude au Brésil, assassiné le 23 décembre 1990, et le P. André Jarlan, Fidei donum au Chili, assassiné le 4 septembre 1984 alors qu’il lisait la Bible chez lui.

 

Article tiré du site des OPM

 

 

 

 

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Présentation

  • : Les amis de Gabriel MAIRE
  • Les amis de Gabriel MAIRE
  • : L'association "Les amis de Gabriel MAIRE" a été créée après l'assassinat de Gaby au Brésil le 23 décembre 1989. . A associação "les Amis de Gabriel Maire" foi criada depois da morte do Padre Gabriel em Brasil o 23 de dezembro de 1989.
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